TELEGRAPHE A UNE AIGUILLE
double rôle d'interrupteur et de commutateur; il sert à envoyer sur la ligne une série de courants discontinus dont le sens et l'ordre de succession peuvent être exactement réglés. Le récepteur est un galvanomètre vertical dont l'aiguille, par le nombre et le sens des déviations qu'elle éprouve, accuse le nombre et le sens des courants discontinus lancés sur la ligne. Réalisation très ingénieuse de ridée primitive d'Ampère, ce télégraphe peut marcher avec une seule aiguille ; sur les grandes lignes, on se sert plus généralement de l'appareil à deux aiguilles, qui permet de correspondre avec plus de rapidité.
Télégraphe à une aiguille.
La figure 29 représente la face antérieure d'un appareil à une aiguille enfermé dans sa boîte de bois. M est
Fig. 29.
la poignée du manipulateur. Une des aiguilles du galvanomètre récepteur est visible à l'extérieur de l'appareil; à
droite et à gauche de son extrémité supérieure sont deux colonnettes d'ivoire implantées dans la boîte, et destinées à limiter l'amplitude de ses oscillations.
La figure 30 est une coupe verticale antéro-postérieure du galvanomètre récepteur G. L'aiguille extérieure ab a son pôle austral en haut ; l'aiguille intérieure cd, dont le
pôle austral est en bas, est un losange court et large. Ces deux aiguilles sont reliées par un axe horizontal qui les rend solidaires. L*aiguille intérieure est lestée, et ramène le système à sa position verticale, quand le courant est interrompu. On remplace quelquefois Taiguille intérieure par un disque d'ivoire I (fig. 31), sur lequel sont appliquées plusieurs aiguilles minces, courtes, fortement aimantées, parallèles et ayant toutes leur pôle austral en bas.
La figure 32 représente l'intérieur de l'appareil vu par sa face postérieure. Elle montre la position du galvanomètre récepteur G, la disposition des parties composantes du manipulateur placé à la partie inférieure, et les communications de ces deux organes.
Le manipulateur se compose d'un cylindre de bois de buis porté sur deux tourillons métalliques. L'un de ces tourillons traverse la paroi antérieure de la boîte, et donne attache à la poignée M (fig. 29), qui sert à faire tourner le cylindre sur son axe. L'autre tourillon b est en contact permanent avec le ressort X'.. Les extrémités du
Fig. 30.
Fig. 31.
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cylindre sont garnies de deux viroles métalliques a, c, isolées Tune de l'autre. La partie inférieure de la virole c porte une pointe métallique e; la virole a communique avec le tourillon ô, et porte à sa partie supérieure une pointe métallique d. Ces deux pointes e, rf, sont dans le même plan que l'axe de la poignée extérieure M. K est une colonnette de cuivre implantée dans la paroi antérieure de la boîte ; son extrémité libre porte une pièce métallique horizontale f.
Six ressorts métalliques sont disposés sur les côtés du cylindre, trois à droite, trois à gauche. X communique d'une manière permanente avec la borne extérieure N et avec la virole c. X' communique d'une manière permanente avec la borne extérieure P, avec le tourillon ô, et, par son intermédiaire, avec la virole a, Z, Z', placés dans le même plan transversal, appuient sur les extrémités de la pièce métallique /*, et communiquent d'une manière permanente, Z avec la borne extérieure T, Z' avec la borne intérieure V. Les ressorts. Y, Y', placés en face l'un de l'autre dr.ns le même plan transversal, communiquent d'une manière permanente, le premier avec la borne extérieure T, le second avec la borne intérieure V; ces ressorts sont trop courts pour atteindre la virole c, mais ils peuvent être mis alternativement en communication avec cette virole par l'intermédiaire de la pointe e.
Quand la poignée extérieure M du manipulateur est tournée à droite, la pointe e touche le ressort Y et le met en communication avec la virole c ; tandis que la pointe d repousse le ressort Z', l'éloigné de la pièce métallique /*, et le fait communiquer avec la virole a. Si la poignée M
est tournée à gauche, la pointe e touche le ressort Y', et le met en communication avec la virole e; tandis que la pointe d repousse le ressort Z, l'éloigné de la pièce métallique /i et le fait communiquer avec la virole a.
Fig. S2.
Des deux extrérnités du fil du galvanomètre récepteur G, Tune est fixée à la borne intérieure V qui commu-
TÉLÉGRAPHB Â UNE AIGUILLE. ^ 103
nique d'une manière permanente avec les ressorts Y^ Z', Tautre se rend à la borne intérieure W qui est en communication permanente avec la borne extérieure L.
Le système des communications est complété au moyen des quatre bornes extérieures L, P, T, N. Le fil de la ligne se fixe à la borne L, et le fil de terre à la borne T. La pile du poste communique par son pôle positif avec la borne P, et par son pôle négatif avec la borne N.
Pour mettre l'appareil en position de réception^ l'employé donne à Taxe de la poignée M une position verticale. Les pointes e, d, sont ainsi ramenées dans un plan vertical et écartées des ressorts latéraux ; les ressorts Y, Y', ne sont ni Tun ni l'autre en communication avec la virole c, et les ressorts Z, Z', appuient sur les extrémités de la pièce métallique f. Le courant transmis par le fil de la ligne arrive h la borne L, gagne la borne W, parcourt le fil du galvanomètre récepteur G et fait dévier les aiguilles ; passe à la borne V et au ressort Z', traverse la pièce métallique f, qui le transmet au ressort Z, et aboutit à la borne T, d'où il se rend à la terre. Le nombre et le sens des déviations de l'aiguille extérieure du galvanomètre indiquent les signaux de la correspondance.
Quand l'employé veut expédier une dépêche^ il saisit avec la main la poignée extérieure M du manipulateur, et incline sa partie supérieure, tantôt à droite, tantôt à gauche, suivant le signal qu'il veut transmettre.
Supposons la poignée tournée à droite. La pointe e de la virole c appuie contre le ressort Y; la pointe d de la virole a refoule le ressort Z' et l'éloigné de la pièce métallique /. Le courant de la pile de ligne part de la borne P
10/l appakeils télégraphiques.
qui communique avec son pôle positif, gagne X', passe au tourillon ô, à la virole a, à la pointe d, au ressort Z' et à la borne V, traverse le fil du galvanomètre G et lait dévier à droite le pôle austral ou supérieur de son aiguillé extérieure. De la borne W, le courant se rend à la borne L, parcourt le fil de la ligne fixé à cette borne, va traverser le galvanomètre récepteur du poste correspondant, de manière à faipe dévier à droite son aiguille extérieure, et se perd dans la terre. Quant au pôle négatif de la pile du poste qui expédie, il communique avec la terre par la borne N, le ressort X, la virole c, la pointe e, le ressort Y et la borne T.
Quand la poignée M du manipulateur est tournée à gauche, la pointe e appuie contre le ressort Y', et la pointe d contre le ressort Z, qu^elle éloigne de la pièce métallique f. Le pôle positif de la pile est en communication avec la terre par la borne P, le ressort X',^ le tourillon ô, la virole û, la pointe c?, le ressort Z et la borne T. Mais son pôle négatif communique avec le fil de la ligne par la borne N, le ressort X, la virole c, la pointe e, le ressort Y', la borne V, le fil du galvanomètre G, la borne W et la borne L. Le sens du courant transmis à travers les galvanomètres des postes correspondants est donc renversé, et les aiguilles extérieures sont déviées à gauche^ comme la poignée du manipulateur du poste qui expédie.
Dans ce système, le galvanomètre du poste qui envoie et celui du poste qui reçoit sont tous les deux traversés dans le même sens par le courant voltaïque; les mêmes signaux sont donc reproduits à la fois dans les deux postes correspondants. Par ce moyen, l'employé qui ex-