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ARTICLE

DE LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE DANS SES RAPPORTS AVEC LES LOIS DE PROPAGATION DE L 'ÉLECTRICITÉ.

F^a correspondance télégraphique s'établit au moyen de courants discontinus qui, du poste de départ, s'écoulent à travers les fils de la ligne, pénètrent dans le poste d'arrivée, et traversent les bobines d'un électro-aimant dont l'armature mobile règle, par ses oscillations, la marche de l'organe reproducteur des signaux transmis. La netteté de la reproduction delà dépêche dépend essentiellement delà faciUtéavec laquelle les signaux élémentaires peuvent être distingués les uns des autres ; il faut donc régler la marche du courant de manière que l'armature mobile accomplisse librement ses oscillations entre les vis d'arrêt qui hmitent l'étendue de ses déplacements. L'intervalle min:mum de deux émissions successives du courant se trouve ainsi réglé : il doit être assez long non-seulement pour permettre au flux d'électricité d'acquérir l'intensité nécessaire à la mise en jeu de l'armature mobile, mais encore pour donner le temps à la ligne de se décharger, et à l'armature mobile d'exécuter une oscillation complète sous l'influence des actions alternantes de l'électroaimant et du ressort antagoniste. La rapidité maximum que peut atteindre la transmission télégraphique dépend certainement de la sensibilité des appareils ; mais elle est aussi subordonnée aux lois de la propagation de l'électricité dans les conducteurs linéaires, Dans cet article,

28'l CORRESPONDANCE TÉLÉGRAPHIQUE.

consacré à Tétude des rapports qui existent entre les lois de la propagation des courants et la télégraphie électrique, nous nous appuierons sur les considérations développées dans la note A, et sur les résultats des recherches expérimentales de M. Guillemin.

Au moment où, dans le poste de départ, la ligne est mise en communication avec le pôle positif de la pile, l'électricité se répand de proche en proche sur le fil conducteur et Tenvahit tout entier. Les tensions des diverses tranches du fil de ligne augmentent graduellement jusqu'à ce qu'elles aient atteint un état stalionnaire qui dépend à la fois de la tension de la pile, du degré d'humidité de l'atmosphère, de la longueur et de l'isolement de la ligne; l'intensité du flux électrique éprouve des variations correspondantes dans les diverses sections du conducteur. — Cette première période de la propagation correspond à Y état variable (1 ) des tensions et du courant ; sa durée est toujours très courte sur les lignes aériennes. Elle est remplacée par Yétat permanent, pendant lequel la distrihution des tensions électriques et l'intensité du courant transmis n'éprouvent plus aucune variation.

Dès 1827, dans sa Théorie mathématique des courants électriques, Ohm (2) avait calculé les lois de la distribution des tensions pendant cette période de l'état variable. Il résulte de sa formule générale que l'accroissement des tensions suit une marche asymptotique, et que l'état per-

(1) Dans la note A (article II) nous avons exposé en détail les lois de cet état variable, et donné Texpression générale de sa durée.

(2) Théorie mathématique des courants électriquez, par G. -S Ohm, iradurlion do J.-M. Gaugain. Paris, 1860, p. 120 cl suiv.

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