DE LA TERRE EMPLOYEE GOMME CONDUCTEUR
isolées (l). Les communications avec le sol étaient établies par de larges électrodes plongées dans Teau de puits creusés à 8 ou 10 mètres de profondeur. La pile était alternativement fermée par un circuit entièrement mé^ tallique et par un circuit mixte dans lequel le fil de retour était remplacé par la terre; l'intensité du courant était exactement mesurée dans chaque cas.
Première série d'expériences, — Les postes correspondants étaient à environ 20 kilomètres Tun de Tautre; le circuit complet, aller et retour, avait 60 396 mètres de longueur. La moyenne de sept couples d'expériences comparatives montre que le rapport des intensités du courant dans le circuit mixte et dans le circuit entièrement mé-^ tallique était 1,822.
Deuxième série d'expériences, — Les deux postes correspondants étaient séparés par une distance d'environ 47 kilomètres ; le circuit complet, aller et retour, avait 94 373 mètres de longueur. La moyenne de huit couples d'expériences comparatives montre que le rapport des intensités du courant dans le circuit mixte et dans le circuit entièrement métallique était 1,884.
Troisième série d'expériences. — Les deux postes correspondants étaient à environ 77 kilomètres l'un de l'autre; le circuit complet, aller et retour, avait 155 203 mètres de longueur. La moyenne de six couples d'expériences comparatives montre que le rapport des intensités du courant dans le circuit mixte et dans le circuit entièrement métallique était 1,924.
(1) Ann. de phys, et de chim,, 3« sér., 185i, t. XXXII, p. 269. •
Ainsi il demeure établi que, sur les longues lignes et lorsque les communications avec le sol sont bien établies, la substitution de la terre au fil de retour a pour effet de doubler sensiblement l'intensité du courant. En faisant entrer la terre pour moitié dans le circuit électro-dynamique, on n'économise pas seulement la moitié du fil métallique qu'exigerait un circuit entièrement métallique, on se donne en outre la possibilité de transmettre, avec une pile donnée, un courant de même intensité à une distance double. 11 ne faut donc pas s'étonner si l'emploi de la terre comme conducteur est aujourd'hui universellement adopté dans la télégraphie électrique.
Mais les résultats sont loin d'être aussi satisfaisants lorsqu'on met les extrémités du fil de la ligne en communication avec la surface du sol, ou avec des portions de terrain dépourvues d'humidité et dont la conductibilité est très faible. Dans ce cas, la résistance à la diffusion devient très considérable, et les expériences de M. Matteucci (1) montrent que, selon la distance des postes correspondants, le rapport des intensités du courant dans le circuit mixte et dans le circuit entièrement métallique peut s'abaisser à 1,79, à 1,70, et même à 1,23; la valeur la plus faible de ce rapport correspondant toujours aux deux postes les moins éloignés l'un de l'autre. Les communications des extrémités de la ligne avec le sol ne sauraient donc être établies avec trop de soin. On conseille avec raison de terminer les fils de terre par de larges plaques métalliques plongées dans des puits, ou
(I) Loc. ciLy p. 275,
ÉLECTROMOTEURS. 65
mieux encore dans des cours d'eau naturels. Si les localités ne permettent pas de réaliser ces conditions, il est convenable de creuser, dans des terrains humides, des trous profonds destinés à recevoir les électrodes. Les tuyaux de conduite du gaz de Téclairage et les rails des chemins de fer, en raison de leur grande étendue, sont quelquefois utilisés avec avantage pour établir de bonnes communications des lignes télégraphiques avec la terre.
ileetromolenrt.
Les courants d'induction peuvent, aussi bien que les courants voltaïques, suffire à tous les besoins de la télégraphie électrique. Nous ne nous occuperons ici que des piles électriques; nous décrirons plus tard les machines d'induction, à propos des appareils télégraphiques qui entretiennent la correspondance au moyen de courants induits lancés sur la ligne.
Plie angiaiM. — En Angleterre, le service des lignes télégraphiques se fait au moyen de piles de sable. Une auge dé bois est divisée, au moyen de cloisons d*ardoise, en compartiments remplisde sablesiliceux imprégné d'une solution faible de chlorhydrate d'ammoniaque ou d'eau légèrement acidulée avec de l'acide sulfurique. On place dans chaque compartiment une lame de zinc amalgamé et une plaque de cuivre ; ces plaques métalliques ont en général 112 millimètres de hauteur et 87 millimètres de largeur. Ces piles sont d'un entretien facile et peu dispendieux. Avec lyi liquide actif de faible énergie, les lames
de zinc peuvent servir six à huit mois sans être amalgamées de nouveau. Quand on a soin de laver de temps en temps le sable avec de Teau, un bon amalgame peut durer dix à douze mois.
La force électromotrice du couple de la pile anglaise est faible, et sa résistance est très considérable. Il en résulte q4ie le courant fourni par une pile de sable a peu d'intensité. Au fond, la pile de sable n*est qu'une pile de Wollaston dans laquelle aucune précaution n'a été prise pour se mettre à l'abri de la polarisation des lames métalliques. Dès lors, si le circuit électro-dynamique reste fermé pendant un certain temps, les eiFets de la polarisation doivent se faire sentir, et le courant doit éprouver un aifeiblissement notable.
Pile de Bvnsen. — La pile de Bunsen, composée de couples dont la force électromotrice est très considérable et la résistance très faible, fournit un courant très intense et senlble convenir mieux que toute autre à la correspondance télégraphique. Mais elle est difficile à entretenir; en outre, les vapeurs acides qu'elle laisse dégager sont assez abondantes pour devenir incommodes et même nuisibles. Ces inconvénients sont assez graves pour qu'on ait généralement renoncé à son emploi. Cependant, lorsque la correspondance exige un courant d'une très grande puissance, on se sert exceptionnellement de la pile de Bunsen.
Pile de Danieii. — En France, le service des lignes télégraphiques se fait avec des piles de Daniell. La figure 11 représente la disposition proposée dès l'origine par M. Bréguet, et généralement adoptée. Chaque couple se compose
ÉLECTROMOTBURS. 47
d'un vase extérieur de verre et d'un cylindre de terre poreuse. Le zinc, contourné en cylindre, plonge dans le vase de verre; le cuivre, façonné en lame rectangulaire,
Fig. a.
plonge dans le vase intérieur de terre poreuse; vers la partie supérieure de cette lame de cuivre, représentée à part en C, est soudé un disque de cuivre D percé de trous et formant diaphragme dans le vase poreux. Ce disque de cuivre D sert à supporter des cristaux de sulfate de cuivre. Les couples sont réunis par des arcs de cuivre a, a, a.
Pour charger cette pile, on verse de Teau ordinaire dans le vase de verre et dans le cylindre poreux de chaque couple, et l'on dépose des cristaux de sulfate de cuivre sur chacun des diaphragmes métalliques D. Au hout d'une heure environ, le liquide du vase poreux est bleu et saturé de sulfate de cuivre; l'eau dans laquelle baigne le zinc contient une faible proportion de sulfate de cuivre qui a passé à travers les parois du cylindre poreux : la pile est prête à marcher. Du moment que le circuit est
f\S LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE.
fermé, Taction chimique et la circulation d'électricité commencent dans chaque couple. Le zinc se substitue au cuivre qui se dépose sur la lame de cuivre contenue dans le vase poreux, et le sulfate de zinc formé reste en dissolution dans le liquide du vase de verre. Il en résulte qu'en très peu de temps, le cuivre de chaque couple est immergé dans une dissolution saturée de sulfate de cuivre, et le zinc dans une dissolution de sulfate de zinc, à laquelle se mêle, par voie de transsudation, une légère proportion de sulfaté de cuivre. Les liquides ont alors acquis leur maximum de conductibilité, et l'électromoteur est constitué dans sa force normale.
La correspondance télégraphique emploie exclusivement des courants interrompus sur des circuits généralement très longs et très résistants. Dans ces conditions, une pile de Daniell bien montée peut fournir, pendant plusieurs mois, un courant d'une constance remarquable. L'exactitude de cette assertion, constatée par l'expérience de tous les jours, est mise hors de doute par l'observation suivante, due à M. Bergon (1). Cet habile ingénieur établit une pile de 65 éléments sur la ligne de Paris à Berlin, qui relaye généralement à Nancy par les mauvais temps, et à Coblentz lorsque l'état de l'atmosphère est favorable à l'isolement. La ligne était affectée à un service de nuit et constamment occupée. Cette pile, sans être entretenue, fit fonctionner normalement les appareils pendant deux mois et vingt-trois jours, du 2 7 avril au 20 juillet. Dans l'intervalle, M. Bergon mesura fré-
(I) Annales'jélégraphlques, 1859, t II, p. 151. .
ELECTROMOTEURS. tl9
quemment l'intensité du courant, avec une boussole des sinus à douze tours de fil, sur le circuit formé par le fil de ligne en communication avec la terre à Paris et à Nancy. Cette intensité, de 12 degrés le premier jour, de 1/i le second, se maintint sans faiblir jusqu'au 2 juillet ; le 20 juillet, date à laquelle son insuffisance se déclara, elle était encore de 8 degrés. Quelques cristaux de sulfate de cuivre jetés dans les vases poreux suffirent pour rendre à la pile toute son énergie. Il est évident qu'en procédant ainsi, on aurait pu faire servir cette pile à la correspondance télégraphique jusqu'à l'entier épuisement du zinc.
L'entretien de la pile de Daniell est facile. Il faut avoir soin de réparer les pertes de liquide occasionnées par l'évaporation ; on doit aussi remettre de temps en temps des cristaux dé sulfate de cuivre sur les diaphragmes des vases poreux pour maintenir la saturation du liquide. Parvoie de capillarité, il se forme des efflorescences de sulfate de zinc et de sulfate de cuivre qui s'élèvent lentement le long des parois des vases et des conducteurs métalliques ; il est bon de les détacher de temps en temps pour les faire retomber, les premières «tens les vases de verre, les secondes dans les cylindres de terre poreuse.
L'amalgamation, pour être efficace, doit être souvent renouvelée. Pour éviter des manipulations trop nombreuses et les frais occasionnés par la perte de mercure, on s'est décidé à employer, dans les piles télégraphiques, du zinc du commerça non amalgamé^ contenant toujours du fer et du nickel, qui jouent, par rapport au zinc luimême, le rôle de métaux électro-négatifs. Chaque cylindre de zinc contient donc les éléments d'un couple local fermé
50 LIGNE TÉf.ÉORÂPHIQUE.
sur lui«méme par le liquide qui le baigue, et une partie de rélectricité développée par la dissolution du zinc, au lieu de passer sur là ligne, est employée en pure perte à entretenir des courants partiels circulant sur place. Comme le sulfate de cuivre transsude de la cellule intérieure dans la cellule extérieure, ces courants partiels occasionnent sur les cylindres de zinc des dépôts de cuivre qui s'étendent graduellement, restreignent l'étendue de la surface active du zinc, et deviennent eux-mêmes les éléments négatifs de nouveaux couples locaux. On remédieà cet inconvénient en soumettant les éléments du couple de Daniell à un nettoyage complet, dès que le dépôt de cuivre sur le zinc devient abondant. Dans un poste dont le service est actif et bien réglé, ces nettoyages doivent être séparés par un intervalle de trente à quarante-cinq jours.
Mais, en outre, les dépôts floconneux de cuivre qui se font sur le zinc s'étendent, gagnent les parois des vases de terre poreuse, et déterminent dans leur épaisseur des incrustations galvanoplastiques de cuivre qui finissent par altérer considérablement lejw perméabilité et les rendre impropres au service. En moyenne, chaque élément Daniell use deux vases poreux par an.
11 résulte des recherches de M. J. Regnauld et des mesures exécutées par M. Bréguet, que les forces électromotrices des couples de Daniel! et de Bunsen sont dans le rapport de 1 à 1,77 ;, d'autre part, l'expérience montre que la résistance du couple de Daniell est beaucoup plus grande que celle du couple de Bunsen. La substitution de la pile de Daniell à la pile de Bunsen dans la télé-
ÉLBCrROUOTBURS. 51
graphie électrique n*a donc pu se faire qu'à la condition d'augmenter dans une proportion assez considérable, d'un tiers environ, le nombre des couples de Télectromoteur. Cet inconvénient est plus que compensé par Tabsence de toute émanation nuisible, la facilité de Tentretien des appareils et la constance remarquable des courants. D'ailleurs Texpérience démontre que, dans les conditions actuelles d'isolement des fils télégraphiques et de sensibilité des appareils, un nombre assez restreint de couples de Daniell suffit pour entretenir la coiTespondance sur les longues lignes.
Dans les postes télégraphiques, on emploie deux modèles de couples de Daniell, qui ne différent que par leurs dimensions. La hauteur des yases de verre est de douze à quinze centimètres dans les couples de petit modèle, et de vingt-cinq centimètres dans les couples de grand modèle.
Chaque poste a nécessairement à sa disposition une pile qui lui sert à expédier des dépêches sur la ligne. Le courant, dans ce cas, doit surmonter la résistance toujours très grande du fil de la ligne et de la bobine de l'électro aimant du récepteur du poste correspondant. Cette pile, affectée à la transmission des dépêches, prend le nom de pile de ligne. Elle doit avoir une force électromotrice considérable; on la forme en associant en une série unique, ou en tension, un grand nombre de couples de petit modèle.
Indépendamment des piles de ligne, on emploie aussi des piles destinées à faire le service intérieur des postes, et qui prennent le nom de piles locales. Ces derniers électromoteurs, qui ne fournissent rien à la ligne et dont
le circuit ^est assez court, sont formés d'un petit nombre de couples de grand modèle associés en tension. On Se sert quelquefois aussi de couples de petit modèle pour former les piles locales ; mais, dans ce cas, les éléments doivent être associés en quantité^ c'est-à-dire distribués en piles partielles d'un petit nombre de couples et communiquant toutes par leurs pôles de même nom.
Dans les questions de télégraphie électrique, Vunité de résistance adoptée est la résistance d'un fil de fer recuit de k millimètres de diamètre et de 1 kilomètre de longueur.
Les mesures de M. Bréguet montrent que la résistance d'un couple de Daniell dont le vase de verre a de 12 à 15 centimètres de hauteur varie sensiblement avec le temps depuis lequel il est monté, et peut être évaluée en moyenne à un kilomètre de fil de ligne. En d'autres termes, un élément de Daniell de petit modèle oppose au passage du courant la même résistance qu'un fil de fer recuit de k millimètres de diamètre et d'un kilomètre de longueur. La résistance d'une pile d'un nombre quelconque de couples associés en une série unique est donc égale à autant de kilomètres de fil de ligne qu'elle contient d'éléments.
L'expérience démontre que, pour faire marcher régulièrement un récepteur, le courant doit avoir assez d'intensité pour dévier de sept à huit degriés l'aiguille d'une boussole des sinus à douze tours de fil placée dans le circuit de la ligne. Pour régler la composition d'une pile destinée à transmettre sur une ligne quelconque, il suffit donc de placer une pareille boussole dans le circuit, et d'augmenter le nombre des couples jusqu'à ce que le cou-
ÉLEGTROMOT£URS. 53
rant maintienne l'aiguille aimantée à huit degrés de déviation.
Sur la ligne de Paris à Strasbourg, en temps ordinaire, on correspond normalement avec une pile de Daniell de quarante couples. Or, dans tous les appareils télégraphiques français, la résistance de la bobine de Télectroaimant du récepteur est de deux cents kilomètres; d'autre part, la distance de Paris à Strasbourg est de cinq cents kilomètres. Il résulte de ces données qu'une pile de Daniell de quarante couples suffit pour entretenir un courant d'intensité efficace sur une ligne dont la résistance totale est de sept cents kilomètres. Si nous appelons E la force électromotrice d'un couple de Daniell, et R = l"*''""' sa résistance, la formule bien connue de Ohm donne pour l'intensité I d'un pareil courant :
Remplaçant R par sa valeur 1 kilomètre, nous aurons pour la valeur de I, en fonction de la force électro-motrice constante E,
Cette valeur de I est l'intensité minimum que doit avoir le courant électrique pour que la transmission s'effectue régulièrement entre deux postes télégraphiques en communication. La formule (4) peut servir à déterminer le nombre de couples nécessaire pour éta-
blir la correspondance sur une ligne de longueur connue. En effet, soient :
n, le nombre de couples de la pile de ligne ; r, la résistance du fil de la ligne.
Puisque la résistance de la bobine de Télectro-aimant du récepteur est de dettx cents kilomètres, la résistance totale de la ligne sera r + 200, et Vintensité 1' du courant sera
nR + (r + 200)
Mais, pour que les appareils télégraphiques fonctionnent régulièrement, il sutïit que la valeur de V soit égale à la valeur de I déterminée par la formule (1). Nous avons donc
nE E
nR + (r + 200) "~ 18,5*
Faisant disparaître le facteur commun E, et remplaçant R par sa valeur 1 kilomètre, nous avons
d'où
Étant connue la valeur de la résistance r ou la distance en kilomètres des deux postes correspondants, la formule (2) donnera toujours la valeur de n, c'est-à-dire le nombre de couples nécessaire et suffisant pour que la correspondance puisse s'établir normalement.
ELECTROMOTEURS.
Pile A muËUiUi de merenre. — Dans ces derniers temps M. Marié-Davy a imaginé une nouvelle pile à sulfate de mercure de la formule SO^Hg^O, construite sur le modèle de la pile de Daniell, qui réunit les qualités requises pour faire un bon service télégraphique. La lame de cuivre du couple de Daniell est remplacée par un cylindre de charbon contenu dans le vase poreux. La figure 12 représente deux éléments de cette pile.
Fig. 18.
M. Bergon (1 ) décrit ainsi la manière de monter cette pile : « On délaye dans de Teau le sel de mercure (SO^Hg^O), » que Ton a préalablement bien pulvérisé; on laisse dé- » poser, on décante, et il reste une masse pâteuse, blanche, » légèrement jaunâtre. On prend ensuite les charbons, » que l'on tient à la main bien au milieu des vases po- » rtîux, et Ton remplit complètement les vides avec de la » pâte de sulfate, en s'aidant d'une petite spatule de bois. » On distribue la hqueur décantée dans les divers vases » de verre, qu'on achève de remplir avec de l'eau pure. »
(i) Annales télégraphiques, 1859, t. II, p. 159.
Les dimensions des éléments de cette nouvelle pile sont notablement plus faibles que celles des couples de Daniell de petit modèle, décrits plus haut; les vases de verre n'ont que huit centimètres de hauteur. Quand on emploie le cuivre pour établir la communication entre deux couples successifs, Tacide sulfurique, sollicité par la capillarité, remonte jusqu'au métal, l'attaque et produit des efflorescences de sulfate de cuivre cristallisé qui recouvrent la partie supérieure du cylindre de charbon. On évite cet inconvénient en établissant la communication au moyen d'un arc de plomb a.
Tout se passe en réalité comme dans la pile de Daniell. Le sel de mercure se dissout dans l'eau en très faible proportion ; le zinc se substitue au mercure, qui, au lieu de former un dépôt, coule.au fond du vase poreux et laisse toujours à nu la surface du charbon. A mesure que Télectrolysation épuise les parties du sel mercuriel en dissolution, le liquide en emprunte une nouvelle quantité à la pâte contenue dans le vase poreux, et le courant continue jusqu'à ce que le sulfate de mercure soit complètement réduit. Dans cette pile, une partie du sel mercuriel en dissolution est directement réduite par le zinc ; mais le mercure mis en liberté se précipite sur le cylindre de zinc, le maintient amalgamé et régularise la marche de l'électromoteur : cet avantage compense amplement la légère perte qui résulte de cette réaction locale.
On entretient cette pile en bon état en versant de temps en temps, une fois par mois environ, un peu d'eau dans les vases de verre, pour réparer les pertes occasionnées par révaporation. Lorsque la pile est trop affaiblie pour
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faire le service, les vases poreux contiennent un fort culot de mercure pur surmonté d'une boue noirâtre. On peut régénérer le sel mercuriel en soumettant ces produits à un traitement approprié par l'acide sulfurique.
La pile de M. Harié-Davy a donné de très bons résultats sur les lignes télégraphiques françaises. Sur un fil à service permanent de jour et de nuit, 38 éléments à sel mercuriel ont suffi pour remplacer 60 couples de Daniell. Sans aucun entretien, ils ont fait fonctionner normalement les appareils du 28 juin au 25 décembre, tandis que les couples de Daniell, dans les mômes circonstances, ne se maintiennent que deux mois et vingt-trois jours.
En raison de la faible conductibilité du sel de mercure, on se trouve à peu près dans les mêmes conditions que si le vaseporeux rempli de sulfate de mercure en pâte avait" une épaisseur égale à celle de la couche saline qui entoure le charbon. 11 résulte de cette circonstance et de ses faibles dimensionà que la résistance du couple de M. Marié est considérable; elle est à peu près double de celle du couple de Daniell. Mais la force électromotrice du couple à sulfate de mercure est d'un bon tiers supérieure à celle du couple de Daniell à sulfate de cuivre. Or, il est facile de montrer que sur les longues lignes télégraphiques, il y a beaucoup plus d'avantage à augmenter la force électromotrice qu'à dûninuer la résistance de la pile.. En effet, soient :
w, le nombre des couples employés;
R, la résistance d'un couple;
E, la force électromotrice d'un couple ;
r, la résistance de la ligne.
Nous aurons, pour exprimer riutensité I du courant,
nR+r
L*exanien de celte formule prouve qu'il y a deux moyens de rendre le courant plus intense. On peut diminuer la valeur R de la résistance du couple, ou augmenter sa force éleclroraotrice E. Mais, sur les longues lignes télégraphiques, la résistance nR de la pile est toujours très petite par rapport à la résistance r du fil de communication ; il en résulte que les variations de R ne peuvent avoir qu'une très faible influence sur l'intensité I du courant. 11 n'en est pas de même de la force électromotrice E du couple ; l'intensité du courant est toujours proportion- -nelle à cette force. On comprend ainsi pourquoi, quand il s'agit d*électromoteurs destinés à fonctionner sur de longues lignes télégraphiques, on doit peu se préoccuper de la résistance, et chercher avant tout à augmenter l'intensité de la force électromotrice.
La pile à sulfate de mercure SO^Hg^O, qui fournit de si bons résultats sur les longues lignes télégraphiques, perd tous ses avantages quand on essaye de la faire fonctionner sur un circuit de faible résistance. Au moment où on la ferme, le courant est très fort ; mais le liquide actif s'épuise rapidement, le courant perd de son intensité, et descend, en très peu de temps, à une limite au-dessus de laquelle il ne peut plus s'élever.
Pile h sulfate de plomb. — On doit à M. Marié-Davy une pile à sulfate de plomb qui est à l'étude à l'administration centrale des télégraphes. Cet appareil (fig. 13) a
Fig. 13.
ÉLBCTROMOTEURS. 59
la forme d'une pile à colonne et occupe très peu de place. Il se compose d'une série de vases plats de fer battu étamé, a, a, a, munis de trois petites tiges de fer étamé, c, c, c, horizontales et équidistantes. Le fond de chaque plat est doublé à l'extérieur d'un disque de zinc, et garni à l'intérieur d'une couche de sulfate de plomb en poudre préalablement humectée avec de l'eau ordinaire. Tous ces vases sont disposés parallèlement audessus les uns des autres, entre trois tiges de bois D, D, D, armées des pitons de fer étamé, sur lesquels les vases appuient par leurs trois tiges horizontales c, o, o. Les tiges de bois D, D, D, sont elles-mêmes implantées sur un socle de bois EF.
Pour charger la çile, il suffit de verser de Teau ordinaire dans les vases de fer étamé. Le sulfate de plomb est à peu près insoluble dans Teau, mais il conduit bien 1 électricité. Le zinc est attaqué, le sel plombique est réduit, il se forme du sulfate de zinc et un dépôt de plomb métallique sur le fond de chaque vase. La force électromotrice de cette pile est inférieure à celle de la pile de Daniell, mais en raison de la conductibilité du sulfate de plomb, sa résistance est beaucoup plus faible. D'ailleurs la résistance diminue à mesure que le liquide se charge de sulfate de zinc. Les soins d'entretien sont très simples : il suffit d'ajouter de l'eau de temps en temps pour réparer
les pertes occasionnées par Vévaporation. — Le courant a plus d'intensité lorsqu'au lieu d*eau ordinaire, on verse de Teau saturée de sel marin dans les vases de fer.
Comme la pile à sulfate de mercure, la pile à sulfate de plomb a rinconvénient de perdre très rapidement son intensité, quand elle est fermée par un circuit de faible résistance.
Commutateurs.
L*employé chargé de la correspondance doit toujours rester maître de changer la direction du courant de la ligne pour lui faire traverser tels ou tels organes placés dans le poste télégraphique. La figure iU représente un
irii<-
Fis. 14.
commutateur très simple et généralement adopté. DD est un disque de bois sur lequel sont incrustés une lame métallique d et un nombre variable de contacts métalliques a, b, c. Un ressort métallique R, mobile autour du centre du disque, est en communication permanente avec la