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PARIS

Ttn*

LYOM

Fig. 87. — Gommunicatioii télégraphique entre deux points.

arrive à Lyon à la borne L du manipulateur, trav(»rse Icî levit^r (le manipulateur de Lyon est au repos), s'échappe par la borae A, pénètre dans le récepteur par la borne L, suit le fil de l'éleclroaimant, ressort par la borne T et se perd à la terre. Le circuit est fermé par la terre entre Paris et Lyon.

^ Parbi reçoit. — Le courant partant de la pile de Lyon passe» par la borne P, le levier et la borne L du manipulateur de cette ville, parcourt la ligne, arrive à Paris à la borne L du manipulateur, traverse le levier, s'échappe par la borne A, pénètre dans le récepteur par la borne L, suit le fil de Télectro-aimant, ressort par la borne T et se perd à la terre.

Les relations télégraphiques peuvent ainsi être établies de Paris à Lyon au moyen d'un seul fil.

Communications entre les appareils d'un même poste. — Les communications entre les divers appareils d'un même

bureau sont souvent assurées à l'aide de fils de cuivre de 2 millimètres de diamètre, fixés sur la table par de petits cavaliers en fil de fer galvanisé ; les croisements de fils sont évités avec le plus grand soin.

D'autres fois, les instruments sont reliés par des câbles métalliques recouverts de gutta-percha et d'un revêtement de coton. Ces câbles sont disposés, tantôt sur la table, tantôt en dessous, et retenus par des brides en zinc; on peut les croiser impunément.

Installation des fils de terre. — L'installation des fils de terre est un des points les plus importants du montage des postes. Ces communications étant destinées à fermer le circuit des piles doivent être établies dans des conditions propres à donner à l'électricité un écoulement facile dans le sol.

Le choix du terrain qui reçoit le fil de terre n'est pas indifférent; les rivières, les conduits métalliques, les puits, les marécages, les lieux humides, en général, donnent de bonnes terres; les terrains secs, le sable, la craie, la pierre, les citernes, ne donnent que des communications médiocres ou mauvaises..

En ce qui concerne les puits et les citernes, la différence est facile à saisir. Un puits, en effet, est un cylindre en maçonnerie alimenté par une source correspondant à une nappe d'eau souvent très étendue; la citerne, au contraire, représente un récipient cimenté dont le contenu est, en quelque sorte, isolé du sol par cela même que Tenveloppe est étanche et mauvaise conductrice. Prendre une terre dans*une citerne, c'est prendre une terre dans un baquet. Le puits fournit une bonne terre, la citerne une mauvaise.

On ne place dans chaque bureau qu'un seul fil de terre auquel sont reliés tous les instruments qui doivent communiquer avec le sol; pour l'installation de ce fil de terre on doit se conformer aux prescriptions suivantes :

« Employer im toron de fils dont la conductibilité soit au moins égale à celle de l'ensemble de tous les fils de lignes qui aboutissent à la station.

« Veiller à ce qu'il soit bien soudé en tous ses raccords et qu'il communique avec le sol au moyen d'une plaque de fer galvanisé à large surface, variable suivant l'importance du bureau et plongeant dans un puits, une nappe d'eau ou un cours d'eau intarissable.

« Utiliser, le cas échéant, les conduites d'eau dont les tuyaux sont en fer ou fonte avec joints métalliques.

« A défaut de ces prises de terre, creuser dans le sol un trou

INSTALLATION DES POSTES 141

d'une profondeur suffisante pour atteindre sinon une nappe d'eau, du moins un terrain qui conserve l'humidité.

a Etablir le fil de terre et même les fils de ligne aussi loin que possible de toute conduite de gaz en plomb.

« Restreindre autant que possible l'emploi des tuyaux de gaz comme point d'attache du fil de terre et, en cas d'absolue nécessité, aller chercher pour s'y raccorder la conduite maîtresse en fer ou en fonte (1). »

Postes télégraphiques. — Les postes télégraphiques sont installés aux extrémités des lignes télégraphiques ou bien sur le parcours même des fils conducteurs.

Dans le premier cas, ils prennent le nom de postes extrêmes, dans le second on les appelle postes intermédiaires.

Installation des postes extrêmes desservis par un seul conducteur. — Le montage des postes extrêmes desservis par un seul conducteur peut, dans la plupart des cas, se rapporter au type représenté par la figure 88.

Le fil de ligne, à son entrée dans le bureau, est relié à l'une des bornes d'un paratonnerre à pointes mobites Pjo, généralement disposé sur une planchette le long de la, muraille. Si nous suivons ce fil de ligne, nous le voyons descendre le long du mur jusqu'à une borne placée sur la table qui supporte les appareils de transmission; cette table se nomme table de manipulation. De là, le fil de ligne va joindre la borne L d'un paratonnerre à une bobine sans pointes P/. La borne A de ce paratonnerre correspond à une des bornes du galvanomètre G (horizontal ou vertical, et convenablement orienté s'il est horizontal); l'autre borne du galvanoniMre communique» avec la manette du commutateur rond G, ou bien av(»c h» bloc principal d'un commutateur bavarois. Get instrument permet de mettre à volonté la ligne sur sonnerie ou sur récepteur. Des bornes i et 2 partent en efi'et des fils se dirigeant Tun sur la sonnerie S, l'autre sur la borne L du manipulateur M. La l)orne A de cet appareil est reliée à la borne L du récepteur et la borne P reçoit un fil venant du pôle positif de la pile.

La pile est elle-même placées soit dans une boîte, soil dans une armoire. Toutes les bornes T des difi'érents appareils paratonnerres, sonnerie, récepteur, pôle négatif de la pile) rcroivrnl dçs fils qui sont soudés au câble de cuivre constituant le fil de terre.

Marche du courant, — Dans ces conditions, si nous supposons

(1) Extrait des instructions de radminîsti*ation des Postes et Télégraphes.

la manette du commutateur placée sur le bouton 1, le courant venant de la ligne traversera la plaque de droite du paratonnerre k pointes, arrivera à la borne L du paratonnerre à ime bobine sans pointes, en ressortira par la borne A après avoir traversé le fil recouvert de la bobine, passera par le fil qui entoure le cadre du galvanomètre, se rendra à la manette du commutateur rond s'échappera par le bouton 1 et ira enfin se perdre à la terre en traversant les bobines de la sonnerie qu'il fera fonctionner.

Fig. 88. — Posle exlrc'me desscnri par un seul conducteur.

L'employé, averti par cet appel, prendra la position de réception, c'est-à-dire qu'il placera la manelic^ du commutateur rond sur le bouton 2; le courant passera alors en 2, se rendra à la borne L du manipulateur, en ressortira par la borne A (l(^ manipulateur est au repos et la vis de réglage presse sur renclume postérieure), gagnera la borne L du récepteur et s(» rendra à la terre par la borne T, après avoir traversé les bobin^»s A fait fonctionner l'appareil. Le télégraphiste ayant reçu dans son récepteur les appels de son correspondant, lui répondra en ai>[)uyant sur son manipulateur. Le courant se dirigeant du pôle posilif de la pile vers la borne P du manipulateur, s'écoulera par

INSTALLATION DES POSTES 143

la borne L et suivra, en sens inverse, le chemin parcouru par le courant venant de la ligne; il traversera donc le commutateur rond par la borne 2 et la manette, le galvanomètre, le paratonnerre à une bobine sans pointes (entrant par A et ressortant par L), la plaque de droite du paratonnerre à pointes, et arrivera ainsi sur la ligne. Tel est le fonctionnement électrique d'un poste extrême desservi par un seul conducteur. Les communications sont d^ailleurs absolument les mômes, que le poste soit desservi par un appareil Morse ou par un appareil à cadran.

Installation spéciale des bureaux municipaux et du bureau de l'état correspondant. — Il existe encore aujourd'hui en France un très grand nombre do bureaux dont les recettes ne sont pas très élevées. L'installation d'un fil spécial pour chacun de ces bureaux eût nécessité une dépense considérable, aussi a-t-on été amené, par raison d'économie, à grouper, autant que possible, deux à deux, les bureaux de cette catégorie, désignés sous le nom de bureaux ttninicipaux (»t à relier chaqu(^ groupe, par un seul fll, au bureau de l'État le plus voisin.

D'après ce principe, il existe, à partir du bureau de l'Etat, une ligne, unique sur une partie de son parcours, ligne» qui se bifurque ensuite pour aboutir à chacun des bureaux municipaux.

Quand cette disposition n'est pas réalisable, les Imreaiix municipaux sont installés chacun sur une ligne particulière comme des postes extrêmes ordinaires.

La gestion des bureaux numicipaux est confiée à des agents investis en même temps d'autres fonctions. Il y aurait donc un sérieux inconvénient à déranger inutilement ces employés ; c'est ce qui arriverait cependant si les postes municipaux, disposés par groupes sur le môme fil, n'avaient reçu une installation spéciale, car le courant employé par le poste de l'État se bifurquerait au point de raccord des deux lignes municipales et ferait fonctionner simultanément les sonneri(»s dos deux bureaux.

Le problème se résume donc ainsi :

1° Le poste de l'i^tat doit pouvoir api)elor l'un des postes municipaux sans que son appel soit entendu par l'autre ;

2° Chaque poste municipal doit pouvoir appeler le poslt» (i(^ l'État sans déranger l'autre poste municipal.

Le commutateur inverseur et le rappel par inversion de courant ont été imaginés en vue de résoudre cet intéressant prol)lènir dont ils fournissent une solution très élégante.

L'expérience démontre qu'à l'intérieur des piles il s(» produit un véritable mouvement électrique, mis eu évideuc(» par un transport de matière du pôle négatif au pokî positif. On admet

que le courant se propage toujours, à Tintérieur de la pile, du pôle négatif au pôle positif, et, à Textérieur, du pôle positif au pôle négatif.

On dit habituellement qu'un poste travaille en courant positif. lorsque le pôle négatif de la pile est à la terre; il travaille en courant négatifs quand le pôle positif de la pile est à la terre.

Si un courant positif, entrant dans un électro-aimant par la bobine de droite, détermine au sommet du noyau de cette bobine la formation d'un pôle Nord, un courant négatif, agissant dans les mômes conditions, y déterminera la formation d'un pôle Sud. Appliquons ces considérations au problème dont nous cherchons la solution :

1° Le bureau de TÉtat sera pourvu d'une pile dont il pourra intervertir les pôles ; 2" L'un des bureaux municipaux sera muni d'un rappel par

inversion du courant t|r fonctionnant sous l'ac-

y Bmtz tion du courant positif;

' ^" 3° L'autre bureau mu-

nicipal sera muni d'un rappel par inversion do courant fonctionnant sous Faction du courant négatif;

-i° Chacun de ces rappels sera relié à une pile locale et à une sonnerie;

o'' Etant donnés deux rappels montés d'une manière identique, l'un fonctionnera sous l'action du courant positif, l'autre sous l'action du courant négatif, si, dans l'un dos deux, on mot à la terre la bobine qui, dans l'autre, communique avec la ligne et réciproquement.

La figure 89 montre la disposition théorique de cette installation. Ainsi, si C appelle avec un courant positif, A reçoit, B ne reçoit pas; si C appelle avec un courant négatif, B reçoit, A ne reçoit pas.

La sonnerie de l'un dos postes municipaux ayant fonctionné.

Kig. S9. — Inslallation de deux liiireaux municipaux sur un même conducleur.

INSTALLATION DES POSTES

celui-ci doit répondre au poste de l'État sans déranger son voisin; pour cela, il doit employer un courant de même sens que celui qui a servi à l'appeler.

Par exemple, A étant appelé avec un courant positif, répondra avec un courant positif; s'il transmettait avec un courant négatif, le poste C recevrait, mais la sonnerie de B fonctionnerait en même temps.

De même, B appelé avec un courant négatif répondrait avec un courant négatif.

Fig. 90. — Posle de l'État.

Il est admis dans la pratique qu'un bureau municipal ne doit jamais avoir à appeler l'autre ; ils ne doivent correspondre que par l'intermédiaire du poste de l'État. Il est cependant utile de faire remarquer ici que si le télégraphiste de l'un des bureaux municipaux voulait travailler directement avec l'autre, il serait obligé, pour l'appeler, de changer le sens de son courant. S'il transmet ordinairement avec le courant positif, il devrait, dans cette circonstance, faire usage du courant négatif, et réciproquement. Il pourrait encore. faire rappeler le second bureau municipal par le poste de l'État; le rappel par inversion de courant une fois hors du circuit, le travail aurait lieu sans inconvénient avec l'un ou l'autre pôle de la pile.

Installation du poste de FÉtat, — Cette installation ne diffère de celle des postes extrêmes que nous avons décrite (p. 141)

que par rinterposition d\in commutateur inverseur entre la pile et le manipulateur (flg. 90). Les deux pôles de la pile sont amenés au commutateur inverseur, le pôle -j- à la borne C, le pôle — à la borne Z ; la borne L est en relation avec la borne P du manipulateur et la borne T avec la terre.

On peut substituer au commutateur inverseur deux commutateurs ordinaires, convenablement disposés, deux commutateurs ronds par exemple, ou bien deux manipulateurs Morse auxquels on donne Tinstallation suivante : Le pôle po&itif de la pile est relié aux bornes P des deux manipulateurs, le pôle négatif aux bornes A. La borne L du manipulateur de gauche communique avec la ligne, la borne L du manipulateur de droite avec le récepteur, et par suite avec la terre, à travers les bobines.

Le manipulateur de gauche donne le courant positif; le pôle positif va sur la ligne, et le pôle négatif à la terre par les bobines du récepteur.

Le manipulateur de droite donne le courant négatif; le pôle négatif va sur la ligne (par le manipulateur de gauche) le pôle positif à la terre par les bobines du récepteur.

Lorsqu'on fait usage de deux manipulateurs conjugués, système aujourd'huL abandonné, on introduit dans le circuit, pendant la transmission, la résistance des bobines du poste qui transmet ; cette résistance additionnelle ne peut être que nuisible.

Poste complet pour bureau municipaL — Dans un but d'uniformité, l'administration française a fait construire des boîtes renfermant un poste municipal complet (fig. 91).

Outre les appareils que nous connaissons déjà, ces boîtes contiennent une bobine analogue à celle des électro-aimants, qui a pour objet d'augmenter, s'il est nécessaire, la résistance électrique de la ligne. On l'appelle pour ce motif bobine de résistance,

11 est en effet nécessaire, pour que la réception des trois postes correspondants soit absolument correcte dans tous les cas, que les sections des deux lignes municipales, comprises entre leur point de raccord et les bureaux, aient à peu près des résistances électriques égales entre elles, et égales aussi à la résistance de la branche commune qui les relie au bureau de l'État.

Lorsque, par suite de la disposition des circuits, l'un des deux postes municipaux n'utilise pas de bobine de résistance, il réunit mélalliquement les deux fils qui auraient été raccordés à cette bobine.

Un petit instniment nommé serre- fils est destiné à cet usage ;

Googk

c'est un cylindre creux en laiton, muni de deux vis de pression. Les flls sont engagés, par chaque extrémité, dans l'intérieur du cylindre et maintenus parles vis fortement serrées.

Calcul des bobines de résistance. — Les bobines de résistance c(mstruites spécialement pour les bureaux municipaux forment une série de types dont les résistances sont de 20, 30, 100, 150, 200, 250, 500 et môme 1000 ohms.

Au moment de la préparation du devis relatif à l'installation, il convient de calculer la résistance additionnelle à intercaler dans les bureaux pour que les différentes branches du circuit soient parcourues par des courants d'égale intensité, quel que soit le poste qui transmette. On choisit alors le type de bobine qui se rapproche le plus des résultats fournis par le calcul.

Soit une ligne A, X, B, C (ftg. 92) dans laquelle A représente le poste de l'État, B et C les deux bureaux municipaux et X le point de bifurcation.

Appelons a = 20 kilomètres la ligne commune qui réunit le point de bifurcation X au poste de l'État, i= 5 kilomètres l'embranchement XB, c = 15 kilomètres Tembranchement XC. Désignons par x la résistance additionnelle à placer au poste B et par y celle qu'il faudra disposer au poste C. La condition à remplir est que le courant se répartisse d'une manière sensiblement uniforme dans les branches du circuit lorsque chacun des postes transmet; pour cela, il [faut que l'on ait les relations suivantes :

A transmet : û + c + y = « + *4"^- B transmet : x + * + ^= ^ + * + ^ + y- G transmet :y + ^4"^ = y + ^ + * + '^*

En supprimant les termes communs dans les deux membres, ces trois équations deviennent

De la première de ces équations on tire : x — y =" c — b\

Fi g. 98. — Ligne bifurquée.

INSTALLATION DES POSTES i49

De la seconde, y = a — c ;

De la troisième, a: = « — b.

Si nous admettons que la lign'e tout entière est construite en fil de fer de 4 millimètres de diamètre, dont la résistance kilométrique bien connue est de 10 ohms, nous trouverons facilement les valeurs en ohms de x et y.

En effet, a = 20 kilomètres = 200 ohms ;

A ~ 5 kilomètres = 50 ohms ;

c = 15 kilomètres = 150 ohms.

Alors, a: — y = 150— 50 = 100 ohms;

y = 200 — 150= 50 ohms;

x = 200— 50 = 150 ohms.

En plaçant en B une bobine de 150 ohms et en C une bobine de 50 ohms, nous obtiendrons l'équilibre parfait des trois branches du circuit, savoir :

a = 200co

En raison des types de bobines mis en service, il n'est pas toujours possible de réaliser cet équilibre; on choisit alors, ainsi que nous l'avons dit plus haut, les bobines dont les résistances se rapprochent le plus des résistances indiquées par le calcul.

Presque toujours les lignes se dirigeant du point de bifurcation vers les bureaux municipaux sont construites en fil de fer d'un diamètre plus faible que celui de la ligne commune. La résistance kilométrique de ces conducteurs est évidemment plus forte que celle du tronçon principal, et il convient d'en tenir compte dans le calcul des résistances additionnelles à placer dans les bureaux.

Il suffit, pour calculer la résistance kilométrique du fil de 3 millimètres, de la rapporter à la résistance connue du fil dc^ A millimètres.

Un fil de fer de 3 millimètres a pour section 7,07 millimMres carrés; la section du fil de \ millimètres est de 12,57 millimètres carrés. Les résistances étant en raison inverse des sections, on a, en appelant R la résistance du fil de 3 millimètres cherchée et R' la résistance connue du fil de 4 millimètres :

m TÉLÉGRAPHIE PRATIQUE

On sait que R' = 10,

^ 12.57X10 125.7 ^^.^ doncR = — 1^ — = .;jr^ = 17,/7

Communications électriques. — Le commutateur K^ (flg. 93) permet de mettre à volonté le fil de ligne en relation avec 1(^ rappel ou avec le manipulateur.

nB? f>9

Fig. 93. — Communications intérieures d*un poste municipal.

Le commutateur Kg établit la communication avec la sonnerie placée dans la boîte ou avec une sonnerie de nuit, installée dans la chambre à coucher du télégraphiste.

Six bornes sont disposées sur la paroi verticale de la caisse ; elles portent les indications SF, P, L, T, SN, S.

La borne SF reçoit un fil conduisant à la sonnerie installée au domicile du facteur. Pour appeler cet agent, il suffit d'appuyer sur un petit manipulateur N placé à gauche, au-dessus' de la sonnerie, ou bien sur un bouton analogue à ceux que Ton emploie dans les appartements.

INSTALLATION DES POSTES 151

Ce bouton met en communication, par la pression du doigt, deux lames reliées, lune à la sonnerie, l'autre à la pile. La sonnerie du facteur est déjà en communication avec la terre, ce qui lui permet de fonctionner lorsque les deux lames du bouton sont pressées l'une contre l'autre ; mais comme le fd qui relie la maison du facteur est aérien et qu'il a généralement une certaine étendue, pour prévenir les accidents qui pourraient résulter d'une décharge atmosphérique pendant un orage, on a jugé prudent de mettre également ce fil en communication avec le sol, dans l'intérieur même de la station; à cet effet, le bouton d'appel communique, à l'état de repos, avec le fil de terre du bureau municipal, de telle sorte que le fil qui relie le bureau au domicile du facteur est à la terre par ses deux extrémités.

Les bornes P, L, T sont respectivement reliées à la pile, à la ligne, à la terre. Enfin, SN communique avec la sonnerie de nuit et S avec une autre sonnerie, située dans la pièce où se tient habituellement le télégraphiste.

A part le rappel par inversion de courant qui, en réalité, n'est qu'un relais de sonnerie polarisé, l'installation intérieure du poste ne diffère pas de celle des postes extrêmes, et il est facUe d'en suivre les communications sur la figure 93.

Installation des postes extrêmes desservis par plasleurs conductenrs. — L'installation d'un poste extrême desservi par plusieurs conducteurs n'est, par le fait, que la réunion de plusieurs postes desservis par un seul conducteur; les dispositions de la figure 88 sont répétées autant de fois sur les tables qu'il entre de conducteurs dans le poste. Quelquefois cependant, il est avantageux, dans un but d'économie, de faire desservir plusieurs fils par un même appareil; on adopte alors les dispositions suivantes (flg. 94)» que nous retrouverons dans les postes intermédiaires.

Les lignes A et B, après avoir traversé des paratonnerres à pointes mobiles, arrivent sur la table de manipulation.

La ligne A aboutit à la borne L du paratonnerre à une bobine sans pointes PA, la borne A de cet instrument est réunie à la borne 1 du commutateur rond CA et la borne T à la terre.

Les commimications de la ligne B sont les mômes, savoir : ligne B avec la borne L du paratonnerre à une bobine sans pointes PB, borne A de cet instrument avec 1 de CB, borne T à la terre.

Les commutateurs ronds CA, CB sont reliés : CA borne 2 avec CB borne 2 ; CA borne 3 avec SA (sonnerie ou parleur) borne L;

CB borne 3 avec SB (sonnerie ou parleur) borne L ; CA borne 4 avec CB borne 4.

Les bornes T des sonneries ou des parleurs sont à la terre.

Sur le fil CA2 CB2 vient se greffer un conducteur qui aboutit au galvanomètre G, le traverse et arrive à la borne L du manipulateur.

Ce dernier communique, comme d'habitude, par sa borne P avec la pile, par sa borne A avec la borne L du récepteur dont la borne T est à la terre,

Suivant la position donnée aux manettes des commutateurs ronds, on peut obtenir les combinaisons suivantes :

CA, manette sur 2 ; — - Ligne A sur appareil ;

CB, manette sur 3; — Ligne B sur sonnerie;

CA, manette sur 3 ; — Ligne A sur sonnerie ;

CB, manette sur 2; — Ligne B sur appareil;

CA, manette sur 4; j j^. a et B on communication directe.

CB, manette sur 4; ^

Les commutateurs des paratonnerres à bobine sans pointe PA, PB permettent de mettre à volonté à la terre les lignes A et B.

Il est bien entendu que la pile et le fil de terre sont installés dans les conditions ordinaires.

Les conducteurs A et B sont souvent de longueur assez différente pour qu'il soit nécessaire de proportionner llntensité du courant au chemin qu'il doit parcourir.

Un commutateur rond K, placé près du manipulateur, permet •d'exécuter instantanément cette opération. Nous avons vu, en traitant de la pile, que, si dans une pile de 50 éléments, dont le pôle négatif est à la terre, on place des lames de cuivre ou de charbon (suivant la nature de la pile) dans le 10*, le 20% etc., vase, on constitue des piles de 10, 20, etc., éléments.

Si les fils métalliques attachés à ces lames sont amenés aux boutons a, b du commutateur K, on pourra, en déplaçant la manette, mettre indifféremment le manipulateur en relation avec une pile de 10 ou de 20 éléments. Ainsi, pour travailler avec la ligne la plus longue, B, par exemple, le commutateur aura la position Kè; on lui donnera, au contraire, la direction Ka pour transmettre sur la ligne A.

Postes intermédiaires. — Les postes intermédiaires peuvent être installés de différentes façons.

Soit AB une ligne télégraphique desservant deux localités A et B ; soit aussi C une localité intermédiaire située sur le parcours de cette ligne et desservie par le môme fil conducteur AB.

INSTALLATION DES POSTES

A et B sont des postes extrêmes, C sera un poste intermédiaire ; mais il est à peu près certain que l'emplacement C ne se trouvera pas précisément sur la direction du conducteur AB; il faudra donc amener ce conducteur dans Tintérieur du poste C.

Plusieurs cas se présentent :

i" On peut souder sur le conducteur AB un fil qui aboutira au poste C; on a installé une dérivation; le poste C est monté en dérivation. Dans ce cas, l'installation du poste C est celle . "un poste extrême desservi par un seul conducteur.

m'ai

Fig. 04. — Poste extrême desservi par deux conducteurs.

2*» On peut, en un point D de la ligne, couper le conducteur AB et amener jusqu'au poste C, par des fils distincts, les deux sections AD et DB.

Ici, le poste C peut être monté de deux façons; on peut l'installer d'une manière analogue à celle que représente la figure 94; c'est alors un poste intermédiaire à deux directiom; on peut Tagcneer de telle sorte que les deux tronçons de la ligne se rejoignent à travers les bobines du récepteur, ou, en d'autres termes, que le conducteur AB traverse les bobines du récepteur; on dît alors que le poste est embroché.

Installation d'un poste intermédiaire à deux directions. — Celte installation est à peu près la même que celle d'un poste

extrême monté pour desservir deux conducteurs avec un seul appareil (flg. 94).

Lorsque le poste intermédiaire établit la communication directe entre les deux lignes A et B qu'il dessert, il est avantageux pour lui de pouvoir suivre le travail de ces lignes et de savoir à quel moment il peut rentrer dans le circuit. Alors, presque toujours, sur le trajet du fil 4-4 qui réunit les commutateurs CA, CB (fig. 94), on intercale un galvanomètre et un parleur qui répète toutes les transmissions directes échangées entre A et B.

Installation d'un poste intermédiaire embroché. — Le montage de ces postes intermédiaires est représenté par la figure 95.

Dans le poste embroché C, le côté B de la ligne aboutit à un paratonnerre à pointes mobiles P/w, arrive au paratonnerre à une bobine sans pointes Vf, traverse le galvanomètre G et s'attache à la borne L du manipulateur.

La borne P du manipulateur reçoit le fil de pile (pôle positif), la borne A est réunie à la borne L du récepteur, la borne T de cet appareil communique avec le bouton A du paratonnerre à bobine sans pointes P/*' et reçoit en outre le pôle négatif de la pile.

La section A de la ligne arrive à la borne L du paratonnerre à bobine sans pointes P/", après avoir traversé un paratonnerre à pointes mobiles P/w'; les bornes T des paratonnerres sont, bien entendu, reliées à la terre.

Tous les récepteurs de la ligne fonctionnent à la fois, excepté celui du poste qui transmet; ainsi, si noiis supposons trois postes A, B, C (flg. 95) dont deux extrêmes A, B et le troisième C embroché :

i*" A transmet :

C et B reçoivent simultanément ; le courant venant de A traverse les bobines des récepteurs de C et de B et s'écoule dans la terre au poste B ;

20 B transmet :

C et A reçoivent simultanément, le courant venant de B traverse les bobines des récepteurs de C et de A et s'écoule dans la terre au poste A;

3° C transmet :

Les deux lignes A et B sont parcourues par le courant de la pile de C, les récepteurs fonctionnent ensemble, et le circuit est fermé par la terre en A et en B.

La régularité des transmissions sur un réseau de postes embrochés est subordonnée à diverses conditions d'installation.

Il faut notamment,, pour éviter les réglages continuels, que rintensité du courant soit la môme sur tous les points du circuit. Il en résulte que la résistance des bobines des récepteurs, ainsi que la force électro-motrice et la résistance des piles, doivent être les mêmes dans tous les postes. Il faut donc que chacun des postes du circuit fasse usage de piles semblables renfermant un nombre égal d'éléments semblablement groupés.

Le fonctionnement d'un système de postes embrochés exige d'ailleurs beaucoup de soin de la part du personnel chargé de Texploiter.

Installation de deux postes extrêmes avec un relais dans une station intermédiaire. — Les deux postes extrêmes A et B (fig. 96) sont installés comme des postes simples; le relais est disposé au poste intermédiaire C. La section de ligne A est attachée à la borne L du relais qui, dans le cas que nous considérons, est un relais Froment. La section de ligne B est attachée à la borne L'. La pile correspondant à la ligne A est reliée à la borne P, la pile correspondant à la ligne B est reliée à la borne P'. Les bornes T, T' sont à la terre. Il suffit de se reporter à ce que nous avons dit dans le chapitre des appareils accessoires (relais Froment) pour comprendre facilement la marche des courants entre les trois postes.

Le réglage des relais Froment, analogue k celui des récepteurs Morse, est un peu plus délicat; il est en effet nécessaire que les contacts des armatures avec les vis des colonnes de translation soient bien assurés, puisque c'est par là que passe le courant.

Translation. — Le montage des appareils Morse en translation a pour objet de transformer des récepteurs Morse en véritables relais; ainsi, si deux postes sont, dans un môme bureau, appelés à desservir deux lignes A et B, aboutissant à des stations différentes, il est possible, au moyen d'une installation spéciale, d'utiliser ces appareils comme relais entre les deux stations extrêmes.

Les fils, en entrant dans le poste, suivent, jusqu'aux commutateurs bavarois (flg. 97) le trajet que nous connaissons déjà, et sur lequel nous n'insisterons pas ; ils traversent des paratonnerres et des galvanomètres. Au-delà des commutateurs Tinstallation devient double, l'une permettant de travailler isolément avec la ligne A ou avec la ligne B, l'autre servant à établir la translation.

Les bornes A des commutateurs bavarois sont reliées aux bornes L des manipulateurs M, M', les bornes de ces instruments sont réunies aux bornes L des récepteurs R, R' dont les bornes T

sont à la terre ; aux bornes P des manipulateurs aboutissent les fils de pile. Cette installation, qui n'est autre que celle de deux postes extrêmes séparés, permet de travailler à volonté avec A et avec B.

Chacune des bornes T" des commutateurs communique avet* la borne M du récepteur opposé. Des fils partant des bornes I de chaque récepteur vont se greffer sur la communication AL du poste opposée ; enfin, la pile du poste de droite est reliée à la I)orne P du récepteur de gauche et la pile du poste de gauche^ aboutit à la borne P du récepteur de droite.

Lorsque les chevilles des commutateurs unissent les plots K et T" , un courant venant de la ligne A traverse le commutateur K, vient à la borne M du récepteur R* et se répand à travers le massif de ce récepteur. Le fil des bobines du récepteur R* n'étant traversé par aucun courant, Tarmature s'appuie sur In vis supérieure de la colonne de translation, et, par conséquent, communique avec la ])orne I ; le courant venant de la ligne A n'a pas d'autre issue que cette borne. C'est par là qu'il gagne la borne L du manipulateur M. Ce manipulateur étant au repos, le courant ressort par la borne A, traverse les bobines de Télectroaimant du récepteur R et s'écoule à la terre. Dans ces conditions, le récepteur R fonctionne, l'armature est attirée et se met on contact avec la vis inférieure de la colonne de translation communiquant, par la borne P, avec la pile du poste opposé ; le courant de cette pile passe, par l'intermédiaire de l'armature, dans le massif du récepteur R, en sort par la borne M, s'achemine sur la ligne B et finalement arrive au poste situé à l'extrémité de cette ligne, fait fonctionner son récepteur et se perd à la terre. Un courant venant de la ligne B aurait des effets analogues, et il suffit de suivre les communications du poste pour s'en rendre compte. En résumé, lorsque A transmet, l'appareil rie droite fonctionne et distribue sur la ligne B le courant de la pile du poste de gauche, tandis que lorsque B transmet, c'est l'appareil de gauche qui est actionné et envoie sur la ligne Aie courant de la pile du poste de droite.

On voit, en examinant la figure 97, que la pile rattachée au manipulateur de gauche communique aussi avec le récepteur de droite et que la pile du manipulateur de droite aboutit au récepteur de gauche. Cette inversion est indispensable pour que les mômes lignes soient toujours parcourues par les mômes cour rants qu'elles soient ou non en translation. On évite ainsi d'avoir à régler les récepteurs chaque fois qu'on passe de la translation à la conununication simple, et réciproquement.

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En effet, si le poste intermédiaire place les chevilles de ses commutateurs entre les plots K, A, ce qui correspond au travail avec A et avec B séparément, la pile de droite dessert la ligne A et la pile de gauche la ligne B ; si on établit la translation en mettant les chevilles des commutateurs entre les plots K, T° , on voit que c'est encore la pile de droite qui dessert la ligne A et la pile de gauche qui est affectée à la ligne B.

La différence entre la longueur de ces lignes est souvent assez sensible pour nécessiter l'emploi d'une pile très énergique pour Tune, tandis qu'un faible courant suffit pour l'exploitation de l'autre; on ne saurait donc, sans inconvénient, modifier Taffectation de ces piles.

Dans le montage en translation, le poste intermédiaire peut toujours, sans modifier son installation, appeler les postes A et B et s'entretenir avec eux.

Pour appeler A, on emploie le manipulateur M, ou bien on frappe avec le doigt sur l'armature du récepteur R'; pour causer avec B, on utilise le manipulateur M* ou l'armature du récepteur R.

On a construit pour les installations en translation des manipulateurs spéciaux portant sur leur socle un commutateur à cheville et dispensant de l'emploi des commutateurs.

Installation des grands bureaux. — Les grands bureaux sont presque toujours à la fois des postes extrêmes et des postes intermédiaires. Le nombre souvent considérable des fils qui y aboutissent rend indispensables certaines dispositions d'ordre, destinées à faciliter les changements qu'il pourrait être utile d'effectuer dans les communications intérieures, car il n'est pas admissible que chacun des télégraphistes puisse opérer les permutations qu'il juge nécessaires.

A leur entrée dans ces bureaux, les fils traversent des paratonnerres à pointes mobiles, rangés sur une planchette, et sont ensuite reliés à des câbles composés de plusieurs brins de fils de cuivre recouverts de gutta-percha et de coton ; ces câbles pénètrent dans une armoire fermée et quelquefois même dans une salle spéciale dite chambre des fils.

Là, les câbles s'étalent sur un vaste commutateur qui prend le nom de distributeur ou de 7'osace et dont la forme, ainsi que les dimensions, sont en rapport avec le local.

C'est généralement un panneau de chêne circulaire ou rectangulaire garni de bornes à contre-écrou.

Les fils sont soigneusement étiquetés à leur arrivée sur le distributeur; il en est de même des fils qui se rendent aux appa-

INSTALLATION DES POSTES 161

reils. La liaison entre les uns et les autres est assurée par des jarretières flexibles.

Les conducteurs se rendant aux appareils sont disposés parallèlement les uns aux autres sur des planchettes fixées le long des murs ; ils y sont retenus, soit par des brides en zinc régulièrement espacées, soit par des cavaliers en fer galvanisé; quelquefois même les câbles sont dissimulés derrière des cymaises.

Une salle spéciale est également affectée au service des piles* Elles y sont groupées dans les conditions indiquées page 69, Les câbles qui doivent les relier aux appareils sont étiquetés; lin distributeur analogue à celui dont nous venons de parler esf souvent installé sur leur parcours ; enfin,' ils sont dirigés sur les salles de manipulation, de la môme manière que les fils de ligne.

Les tables de manipulation sont montées comme dans les bureaux ordinaires. Les postes sont juxtaposés dans l'ordre le plus favorable au service des transmissions. Il est toujours facile d'ailleurs de modifier, à l'aide du distributeur, les dispositions adoptées, et de placer le fil d'Angers, par exemple, sur l'appareil qui précédemment desservait la ligne de Tours. Les piles peuvent aussi être l'objet de changements analogues, de sorte que les tables de manipulation présentent une installatioa fixe à laquelle on peut adapter les dift'érentes lignes et les différentes piles du bureau.

Les bornes terre des appareils (paratonnerres, récepteurs, parleurs, sonneries) reçoivent des fils soudés à un câble de terre parcourant chaque table. Tous ces câbles sont eux-mêmes réunis en un seul auquel aboutissent les pôles négatifs des piles et qui est ensuite mis en communication avec le sol. Les câbles de terre sont formés d'un certain nombre de fils de cuivre. Nous savons déjà que ces câbles doivent avoir une conductibilité au moins égale à celle de tous les fils arrivant au bureau; si donc ils étaient composés avec des brins de même métal que les fils de ligne ils devraient avoir un diamètre égal à celui de tous ces fils réimis. L'emploi du cuivre qui est six fois plus conducteur que le fer a permis de réduire considérablement leurs dimensions.

Nous avons indiqué déjà les précautions à prendre pour faire communiquer ces câbles avec le sol.

Emploi des tableaux Mandrouz. — Nous avons vu précédemment comment un même appareil peut desservir deux conducteurs lorsque le travail fourni par chacun de ces conducteurs n'est pas suffisant pour occuper un télégraphiste. En généralisant cette mesure dans les bureaux qui desservent un grand nombre de conducteurs peu importants, on est arrivé à

faire de notables économies de matériel et de personnel, tout en répartissant mieux le travail entre les différents employés.

L'emploi des tableaux dont M. Mandroux est l'inventeur doraie une solution très élégante de la question.

Un ou plusieurs tableaux reçoivent les fds de ligne, généralement au nombre de 12 par tableau. Les appareils de transmission, Morse ou autres, sont reliés à ces tableaux, à raison de 5 par tableau, chacun de ces appareils cessant d'être affecté à un conducteur plutôt qu'à un autre.

Chacun des appareils est desservi par un téh»graphisie qui n'a plus à quitter sa place et qui transmet ou reçoit les télégrammes qu'on lui présente. Au tableau se tient un agent, un dirigew\ qui répartit le travail entre les différents appareils. Si un poste appelle, il lui donne la communication avec un appareil inoccupé; de môme, il fait déposer les télégrammes à transmettre sur les appareils inoccupés et les met en relation avec les lignes par lesquelles ces télégrammes doivent être transmis. C'est le dirigeur, en un mot, qui répartit tout le travail des lignes aboutissant à son tableau.

Les tableaux télégraphiques de M. Mandroux ne sont qu'une modification des tableaux téléphoniques du même inventeur. 11 en existe de deux sortes : les tableaux pour lignes simples, c ost-à-dirc pour les lignes qui ne desservent qu'im seul bureau; les tableaux pour lignes bifurquées, réservés aux lignes qui, comme les lignes municipales, desservent deux bureaux munis de rappels par inversion de courant.

Tableau jwiir lignes simples, — Le con joncteur est formé par trois blocs de laiton A, B, C (fig. 98), isolés l'un de l'autre par

une lame d'ébonite E.

Un trou c, légèrement conique, et destiné à recevoir la fiche de jonction, traverse le idoc A, la lame E et le bloc B.

Le ressort R, vissé

sur le l)loc C, porte à

son extrémité une

goupille qui pénètre

librement dans le bloc

et vient affleurer à l'intérieur du trou c. Cette goupille agit par

pression sur la fiche de jonction, lorsque celle-ci est introduite

dans le trou c, et assure un bon contact entre la fiche et le bloc C.

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Kig. 08. - (lonjoncteiir Mandroux pour lignes simples.

INSTALLATION DES POSTES

Le contact est assuré, d'une manière analogue, entre la fiehe et le bloc A, par une broche b, encastrée dans le bloc A; mais la broche b joue également un autre rôle. En temps normal, pressée de haut en bas par le ressort à boudin r, elle établit la liaison électrique entre le bloc A et le bloc B contre lequel elle s'appuie. Ce n'est que quand une flche de jonction est introduite dans le trou c que la broche b abandonne le bloc B, qui reste alors isolé du bloc A. En effet, la broche b porte, en regard du trou c, une gorge, sorte de plan incliné sur lequel agit la fiche au moment de son introduction dans le trou. Par la pression de celle-ci, la broche b est rejetée vers le haut, en comprimant le ressort r et abandonne le bloc B pour reprendre contact avec lui dès que la fiche est retirée.

Le conjoncteur est fixé sur un panneau en bois au moyeu des tiges T*, P, T^ vissées respectivement sur les blocs A, B, G. Pinces sous les écrous de ces tiges, les fils de communication sont reliés aux différents blocs, savoir : fil de ligne au bloc A par la tige T*, fil de l'annonciateur au bloc B parla tige T^, fil de» pile au bloc C par la tige T^.

Les tiges T* et T^ sont isolées du bloc C par des canons en ivoire.

Fiche de jonction. — La fiche de jonction [{\^. compose d'une tige centrale en acier t7, terminée» en laiton /; sur cette tige s'enfilent successivement: une rondelle d'ébonite m, un manchon de môme matière î, une gaine métallique Çy le premier compartiment d'une boîte en laiton 6, une bague en ivoire i\ un couvercle métallique b'y un tube également métallique T, une tête c; tout ce système est assemblé en v par une vis à tête fraisée.

Un ressort à boudin, emprisonné dans le tube T, assure une certaine élasticité aux parties mobiles et permet notamment aux boîtiers A, 6' et à la rondelle i de tourner autour de vt qui leur sert d'axe. Sous la vis t est pincé l'un des fils d'un cordon souple à double conducteur; ce fil communique donc avec la

99 et 100) se par un téton

l'ijç. 100. — Fiche de Jonclioii iroupej.

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