F1G. 12. — DISPOSITIF D'ESSAI
conque du circuit récepteur. Les vibrations du trembleur produiront dans les téléphones un bruit d'autant plus intense que le point en essai sera plus sensible.
Cristaux artificiels. — La galène (sulfure de plomb naturel) peut être remplacée par du sulfure de plomb artificiellement préparé. M. Flajolet (4) et le P. Alard (2) ont indiqué cette préparation. Il suffit de faire chauffer dans un tube à essais un mélange de fleur de soufre ou de soufre en canons pulvérisé et de limaille fine de plomb (soufre, 1 g; plomb, 5 g; ou parties égales en volume). Au bout de quelques instants, la combinaison se produit avec incandescence. Après refroidissement, on brise le tube et on casse en morceaux le sulfure
(1) Voir Cosmos, t. LXVI, n° 1417, p. 332.
(2) Voir Cosmos, t. LXVI, n° 1419, p. 372.
CRISTAUX ABTIFICIELS 53
obtenu. Les points sensibles se trouvent, soit sur la croûte extérieure, soit sur les petites aspérités cristallines de l’intérieur.
Nous n’avons pu personnellement obtenir par ce procédé des cristaux aussi sensibles que la bonne galène naturelle. Il nous 8 paru qu'il y avait intérèt à effectuer la combinaison avec un excès de soufre ; il ne faut donc pas faire l’opéralion dans une capsule présentant à l'air une grande surface et dans laquelle une partie du soufre pourrait brûler. +
Nous avons essayé l'emploi de plomb en poudre au lieu de limaille. Le suifure résultant est amorphe et souvent très friable. Il est cependant possible, dans des conditions encore mal déterminées de préparation, d’en obtenir de plus consistant,
présentant de nombreux points plus sensibles que ceux des meilleures galènes. De bons résultats ont été également obtenus en sulfurant de la galène naturelle peu ou pas sensible ou en pulvérisant et en agglomérant ensuite par forte pression du sulfure de plomb artificiel.
Réception à très grande distance.
Plus on sera éloigné de Paris, plus développée devra être l’antenne qu'il faudra établir. Il arrivera alors qu'avec cette grande antenne on entendra beaucoup d’autres postes que celui de la tour Liffel. Quand ceux-ci transmettront en même temps qu’elle, ils pourront gèner considérablement la réception, ou même l'empêcher tout à fait, s’ils sont assez puissants ou suffisamment rapprochés. Il importera donc de pouvoir choisir, parmi plusieurs transmissions simultanées, celle qu’on voudra écouter, en augmentant le plus possible l'intensité de sa réception et en atténuant celle des signaux perturbateurs.
On y arrivera, à condition queleslongueurs d'onde des signaux simultanés soient suffisamment différentes, au moyen des montages dits « par induc- {ion » ou « en Oudin ». ;
Montage par induction.
Nous avons vu qu'une antenne accordée pour une certaine longueur d'onde possède la propriété d’entrer en vibration avec le maximum d'intensité sous l'influence d’ondes de cette longueur.
Si, dans l’espace qui l’environne, existe un mé- Jange d’ondes d'intensités semblables, mais de
longueurs différentes, elle choisit, pour ainsi dire,
dans ce mélange, d’abord les ondes qui se rap. prochent le plus de la sienne propre, et ensuite, avec des intensilés décroissantes, celles qui en diffèrent davantage. En sorte que le mélange d'ondes existant dans l’antenne à la suite de ce choix dilfère de celui de l’espace environnant. Dans celui-ci, nous avons supposé que toutes les ondes avaient même intensité; dans l’antenne, elles ont élé « classées » en ordre décroissant: celles qui correspondent à l’accord exact prédominent; les autres n’ont été captées que dans une proportion moindre, et d'autant plus faible qu’elles diffèrent plus des premières.
L'antenne accordée a donc opéré une sorte de triage qui peut suffire si les ondes simultanées sont de longueurs assez différentes ou si l'intensité de celles qu’on désire recueillir est déjà dans l’espace notablement plus grande que celle des autres. C'est ce qui a lieu pour la réception des signaux de la tour Eiffel lorsqu'on ne se trouve pas à une très grande distance de Paris.
Les dispositifs décrits jusqu'ici, qui n’ulilisent que cette propriété sélective de l’antenne accordée, conviennent alors parfaitement. Mais, à grande distance, lorsque, malgré l'accord, les signaux de a Tour ne surpassent plus en intensilé ceux de postes moins puissants, mais plus rapprochés, il devient nécessaire d’operer un triage d’ondes plus rigoureux. Dans le mélange existant dans l’antenne et qui résulte déjà d’un premier triage, il faut faire un deuxième choix, conservant le plus possible leur intensité aux ondes qu’on veut recueillir et affaiblissant encore les autres. Ce deuxième