‹ Teresa; drameChapitre 103 sur 113 · ACTE V, SCÈÎVE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈÎVE IV

forces? enfant que vous êtes!... Mais songez donc que cette main, si elle serrait la vôtre, vous ferait mettre à genoux de douleur... et que si elle dirigeait sur votre cœur le bout d'un pistolet ou la pointe d'une épée, plomb ou acier vous irait droit

au cœur! Je voulais que vous partissiez sans

explication entre nous deux , et voilà tout : vous eu voulez une : soit. — Eh bien! je vous la demande... je vais à vous... Voyons, voyons... — ( 77 marche à lui. ) si vous oserez me la donner debout.... arthir, tombant à genoux.

Oh ! grâce, grâce, mon père !...

DELAI > A Y

Eh bien! oui.... à genoux! misérable! à genoux! Vous mériteriez que je vous brisasse le

front avec le pied!...— (Pleurant.) Savez-vous que c'est bien infâme ce que vous avez fait!... Et si je n'avais pu supporter votre crime, à vous, si je m'étais brûlé la cervelle, comme un instant j'en ai eu l'intention... croyez-vous que le sang du vieillard que vous osez encore appeler votre père ne serait pas retombé , pendant l'éternité , goutte à goutte sur votre cœur, dévorant comme du plomb fondu?. . . Dites : croyez-vous que vous auriez eu un jour de repos, une nuit de sommeil, un instant de bonheur?... Dites, le croyez-vous?

arthir, se roulant à ses pieds.

Oh! non, non!...

DELAINAY.

Eh bien ! quand je veux réserver pour moi seul

douleurs et insomnies, quand je veux vous épargner un enfer dans ce monde et dans l'autre , quand pour cela je ne vous demande que de partir... ignorant et par conséquent sans remords !.... non, non! vous voulez rester; vous ne devinez

rien; et il faut que je vous dise tout ! Eh bien !

vous le savez : partez donc, maintenant, et soyez maudit!

ARTHUR

Oh ! je mourrai là , plutôt que de partir avec votre malédiction.

delaunay, le saisissant par le bras et le remettant sur ses pieds.

Partez, vous dis-je ! car je puis faire plus que de

vous maudire! Partez... Je vais embrasser et

préparer ma fille Qu'à mon retour je ne vous

retrouve pas ici. Après ma mort... vous pourrez y revenir.

ARTHUR

Oh ! votre pardon !

DELAUTÏAY.

Arrière! — ( Arthur recule. ) Rendez mon

Amélie heureuse, monsieur, et à cette condition, à cette seule condition, entendez-vous? à l'heure de ma mort je vous pardonnerai peut-être... Mais jusque-là... — ( Riant. ) Oh ! vous raillez !...

( // rentre chez Amélie: Arthur le suit des yeux. — Pendant ce temps , Teresa sort mourante de sa chambre , et va s'asseoir à la place où Delaunay était assis. )

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