SCENE VI
TERESA , puis PAOLO.
Pars, Arthur... pars, et sois heureux!... Il n'y a plus dans mon âme ni jalousie ni amour... Et puisse Dieu permettre que , comme je te l'ai dit , moi je sois tranquille!... Ah! Paolo!...
PAOLO
' J'ai pensé que vous pouviez avoir besoin de moi.
Je vous attendais, Paolo.
PAOLO
Me voilà !
Quand vous avez quitté l'Italie pour la France, vous avez dû penser que, sur une terre étrangère, isolé comme vous alliez l'être, il pouvait vous arriver un de ces malheurs auxquels on ne peut survivre...
PAOLO
J'ai pensé que vous pouviez mourir !
Et contre ce malheur, quel qu'il soit, vous avez du vous ménager une ressource...
J'en ai deux.
Lesquelles?
PAOLO
Ce poison et ce stylet.
Partageons.
PAOLO
Il sait donc
tout?...
Oui.
PAOLO
C'est bien...
Prenez.
(Il lui donne le
poison
Merci... Tu me comprends, toi, Paolo!
Votre main à baiser ! — (Se levant, et regardant la porte par laquelle est sorti Arthur.) Le lâche !
Que dites-vous?...
PAOLO
Rien... Je dis que lorsqu'on vous aime et qu'on vous perd, il faut mourir !
Adieu, mon ami!... Il me reste peu d'instants... et j'ai à prier...
PAOLO
Signora!... priez pour deux!
(Il baise le bas de la robe de Teresa, et sort.) teresa, se levant pour rentrer chez elle. Allons!... et je reviendrai lui demander grâce.