‹ Teresa; drameChapitre 25 sur 113 · DELAI · texte numérisé non relu

DELAI

Une promenade sur le boulevard.

DELAUNAY

C'est que j'aurais désiré que tu m'aidasses à préparer les clauses du contrat d'Arthur et d'Amélie.

DULAU

Je suis à toi.

DELAUNAY

Et ta promenade?...

DULAU

Je la ferai plus tard.

DELAUNAY

Tu es le modèle des amis , Dulau ! Non-seulement tu fais ce que les amis veulent, mais encore ,

ce qui est plus rare , tu les laisses faire ce qu'ils veulent.

DELAC.

Mon cher Delaunay, pour bien des hommes, vois-tu, l'amitié n'est qu'un mot qui déguise la tyrannie, un moyen d'imposer son opinion et ses habitudes aux autres. On dit qu'elle vit de sacrifices réciproques , l'amitié : je ne suis point de cet avis : elle vit, comme toutes les choses saintes, de liberté. — Moi , Delaunay , j'ai peu d'amis : mais je les aime pour eux et non pour moi, : si je suis six mois sans voir l'un d'eux, je me dis : C'est qu'il s'amuse plus avec d'autres qu'avec moi : tant mieux ; quand je le revois , je l'embrasse comme s'il revenait d'un voyage, et je ne lui lais pas de querelle. Ce qui me lâcherait, c'est qu'il eût un chagrin, et ne. vînt pas me le confier, si je pouvais quelque chose pour son soulagement; ce qui me blesserait de sa part, ce n'est pas l'oubli, ce serait le doute. — Allons travailler, Delaunay.

DEI.ACNAY.

Viens. — (A Paolo, dans l'antichambre.) Je n'y suis pour personne, entendez-vous , Paolo?

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