‹ Teresa; drameChapitre 42 sur 113 · ACTE II. SCfeffE IX · texte numérisé non relu

ACTE II. SCfeffE IX

ment ?.... Oh ! si vous éprouviez, une heure seulement, ce qui s'est passé dans mon cœur depuis trois jours!... Teresa, pas de repos, pas de sommeil; un sang qui brûle... c'est à en devenir fou!... c'est à en mourir!

Mais écoutez-moi...

ARTHUR

Vous ne voulez pas que je parte, et vous voulez que j'épouse Amélie !... Et si je vous obéis, savezvous ce que ce sera que l'enfer d'une vie qui se passe près de sa femme qu'on n'aime pas, près de la femme d'un autre qu'on aime!... Et quand cette femme est celle d'un vieillard qu'on appelle son père... quand, nous rencontrant à chaque pas dans cette maison qui nous renfermera tous, ce ne sera qu'à force de contrainte et de dissimulation que nous parviendrons à lai cacher, sa fille ses larmes, vous vos regrets, moi mon désespoir... Oh! mais, songez-y donc ! y aura-t-il pour nous tous un instant de repos, de bonheur, de tranquillité dans ce monde?

Ah ! vous voyez tout cela ainsi, parce que vous le voyez dans un moment d'exaltation; parce que j'arrive à peine, parce que vous m'avez revue tout à

coup et sans m'ai tendre Moi-même, je ne suis

calme que parce que j'étais prévenue , quelque temps d'avance, que j'allais vous revoir, que vous seriez l'époux d'Amélie! Ainsi sera de vous,

Arthur, lorsque des jours, des mois, une année se seront passés près l'un de l'autre!.... Ah! croyezmoi, vous reconnaîtrez que la fièvre qui vous brûle en ce moment n'est point durable... Vous deviendrez mon ami et je deviendrai votre amie... Arrivés à ce point.... dites tout ce que vous envisagez en ce moment avec terreur ne sera-t-il pas

délices? Cette habitation sous le même toit,

cette facilité de nous voir à toutes les heures de la journée , d'enfermer dans le cercle de notre famille toutes nos affections, toutes nos joies, d'être pour nous un monde isolé au milieu du monde... dites... si ce n'est pas le bonheur, où le chercherat-on!... Et lorsqu'il est là, qu'il y touche, à ce bonheur si rare , si difficile à trouver , l'homme qui le dédaigne, qui le repousse.... oh! dites, Arthur! dites. v,. cet homme n'est-il pas un insensé?

ART Ht R*.

Eh ! quelles que soient mes craintes, croyez-vous que, si je n'écoutais que la voix de mon cœur, je n'aimerais pas mieux me jeter tète baissée dans ces malheurs que je crains, et marcher en aveugle dans l'avenir?... Mais l'avenir, même cet avenir affreux que je peignais tout à l'heure, il aurait des reflets du ciel, des moments à faire envie aux anges ; car enfin je vous verrais, Teresa!. ... A cette heure, à cette heure même où je souffre, où je vous prie, où je pleure... Teresa, je suis plus heureux... que je ne l'ai jamais été depuis deux ans... Au fond de ses chagrins les plus amers, l'amour cache une joie....

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