‹ Teresa; drameChapitre 78 sur 113 · AMÉLIE, ARTHUR · texte numérisé non relu

AMÉLIE, ARTHUR

AMÉLIE

Vous vous en allez , Arthur?

ARTHUR

Oui : je rentrais pour travailler Aviez-vous

quelque chose à me dire?

AMÉLIE

Un mot seulement, et je vous laisse.

ARTHUR

Dites, Amélie.

AMÉLIE

Mon père m'a trouvée pâle et changée.

ARTHUR

C'est vrai; et je m'en suis aperçu moi-même.

AMÉLIE

Ah! tant mieux!... Croyez-vous que ce soit sans cause, Arthur?

ARTHUR

Du moins , je ne la connais pas.

AMÉLIE

Je vais vous la dire... Je suis malheureuse!

Vous!... et pourquoi?

AMÉLIE

Parce que vous ne m'aimez plus.

ARTHUR

Oh! Amélie!...

AMÉLIE

Vous ne m'aimez plus, Arthur, et il faut que ce soit ma faute... et j'ai cherché en moi tout ce qui pouvait avoir refroidi votre amour : il me semble que je suis toujours la même; seulement, moi, je vous aime davantage.

ARTHUR

Et qui peut vous faire penser?...

AMÉLIE

Tout. D'ailleurs, prissiez-vous la peine de dissimuler votre froideur, il y a dans le cœur qui aime un instinct qui la ferait deviner, Arthur; mais vous ne vous imposez même pas cette obligation.

ARTHUR

Comment!...

AMÉLIE

C'est votre faute : pourquoi m'avez -vous habituée à être chérie, entourée de soins, d'amour? Je m'y suis faite ; et maintenant , maintenant que vous êtes distrait, préoccupé toujours...

Moi?...

AMÉLIE

Tenez, dans ce moment même.... Eh bien! je vous impatiente, je vous fatigue... Ecoutez, écoutez une prière. . . une prière que je vous fais à genoux. . .

ARTHUR

Oh! Amélie...

Page 1