‹ Teresa; drameChapitre 85 sur 113 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DELAUNAY seul, puis AMÉLIE.

DELAUNAY

Oh! si cela était, ce serait bien affreux! Une

enfant que je confie à son honneur, pure et naïve, la tromper !... Oh ! cette petite fille ne sait ce qu'elle dit : c'est impossible !

amélie, entrant pâle et tremblante.

Tiens, Laure... les voilà... — (Apercevant Delaunay.) Mon père!...

(Elle cache le portefeuille derrière son dos. ) delaunay, froidement.

Amélie, donne-moi ce portefeuille.

AMÉLIE

Comment . . . comment ! . . . vous voulez . . .

Je sais tout.

amélie, se jetant dans ses bras.

Ah!...

DELAUNAY

Tu souffres... et tu te plains à d'autres, mon enfant!... Ne suis-je plus ton père, ton bon père?...

AMÉLIE

Oh! si, si, toujours... toujours mon père chéri!...

DELAUNAY

Pourquoi avouer à Laure ce que tu n'aurais dû dire qu'à moi?

AMÉLIE

Oh! mon père, elle m'a surprise pleurant...

DELAI! WAT

Tues donc bien malheureuse, pauvre Amélie?...

AMÉLIE

Oui, bien malheureuse!

delaunay, sans voir le portefeuille qiï 'Amélie tient toujours caché.

Et ces lettres, tu soupçonnes qu'elles sont d'une rivale ?

J'en suis sûre !

DELAriVAY.

Et tu allais confier à Laure, à une enfant, un secret de cette importance!... Ces lettres, Amélie,

c'est le déshonneur d'une femme d'un mari

peut-être.... et tu allais jeter au vent leur réputation !

AMÉLIE

Oh! j'ai eu tort, c'est vrai; mais j'étais folle, j'avais la tête perdue... je ne savais plus ce que je faisais.

DELACNAY.

Donne-moi ces lettres.

AMÉLIE

Les voilà, mon père... Si elles ne sont pas d'une femme, avouez tout à Arthur, et demandez -lui pardon pour moi ; si je ne me trompais pas , rendez-moi le portefeuille : je le remettrai où je l'ai pris... Biais cachez-moi le nom de cette femme...

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