DE LA RÉTENTION DU FŒTUS MORT DANS LA GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE
A partir du moment où le fœtus a succombé, la grossesse extra-utérine entre dans une pliase nouvelle qui n'est pas moins périlleuse que celle qui correspond à la vie de l'enfant. Le dang-er d'une rupture est à peu près complètement disparu ; mais la femme est désormais exposée à toutes les conséquences qu'entraîne la présence d'un corps étranger au sein de l'organisme. C'est la période de rétention qui commence avec les nombreuses éventualités qu'elle comporte et que nous devrons passer successivement en revue.
Lorsque le fœtus meurt dans les premiers mois, sa rétention passera souvent inaperçue ou restera douteuse, puisqu'il n'y aura encore eu aucun des signes qui permettent d'affirmer le diagnostic de la grossesse.
Si Je fœtus ne succombe qu'après le quatrième ou le cinquième mois, alors que la grossesse aura pu être établie avec certitude, la rétention deviendra évidente, car on verra
se produire les signes habituels de la mort du fœtus sur lesquels nous n'avons pas ù insister.
Mais c'est surlout lorsque le fœtus sera arrivé vivant jusqu'au terme de la gestation que sa rétention sera précédée des phénomènes les plus caractérisliqucs. La grossesse aura évolué jusqu'à la fin, quelquefois normalement, le plus souvent au milieu d'une série de troubles et d'accidents particuliers à la gestation extra-utérine, et que nous n'avons point à décrire.
Puis, vers le moment oii l'accouchement est supposé devoir se produire, quelquefois avant, parfois un peu plus tard, les douleurs du travail se déclareront et l'on assistera aux phénomènes qui caractérisent la période de dilatation d'un accouchement naturel. Le col subira un commencement d'effacement et de dilalalion; du sang s'échappera au dehors, souvent accompagné de l'expulsion d'une caduque utérine à l'état de membrane entière ou de débris membraneux.
Au bout d'un temps qui peut durer depuis quelques heures jusqu'à deux ou trois jours et même davantage, les douleurs cessent et tout rentre dans l'ordre. . Il s'est passé là, du côté de l'utérus, sous la forme d'un faux travail, une série de phénomènes analogues à ceux du travail normal, et dont, il faut bien le dire, la pathogénie nous échappe à peu près complètement.
Au moment oh se produit ce faux travail, on pourrait craindre de voir s'effectuer la rupture du kyste ; mais, ainsi que le fait observer Parry (/oc. cit., p. 116), c'est là un fait extrêmement rare, ce qui s'explique d'ailleurs par la rareté même de la rupture à l'époque où la grossesse en est arrivée.
Immédiatement après la cessation du faux travail, on constate les signes de la mort du fœtus. Les mouvements perçus jusqu'alors par la mère cessent de se faire sentir et l'auscultation ne permet plus d'entendre les battements du cœur fœtal. Les seins se gonflent et la sécrétion lactée s'établit, etc.
La rétention du fœtus est constituée. Que va-t-il survenir ?
Deux modes de loi-minaison bien dislincl.s soiil possibles : Dtans le premier, la rùlenlion reste silencieuse : le fœlus subit une régression parliculièro cl séjourne au sein des tissus pendant le reste do la vie de la femme, sans jamais troubler sa santé.
Dans le second, les choses se passent tout autrement. Plus ou moins longtemps après la mort du fœtus, des accidents surviennent qui compromettent gravement la vie de la femme. Tantôt ces accidents ont lieu sans que le kyste s'ouvre au dehors ; tantôt, au contraire, il y a élimination du fœtus ou de ses débris à l'extérieur par des voies diverses.
Telles sont les deux catég-ories de faits que nous allons étudier successivement.