ABLATION TOTALE DU KYSTE
La plupart des auteurs pensent que le sac fœtal peut rester sans inconvénient dans la cavité abdominale, il disparaît pou à peu, en partie par suppuration, en partie par résorption; cette disparition peut même être parfois très rapide.
Cependant, Litzmann ' a vu dans un cas, deux mois après la guérison d'une femme chez laquelle il avait fait la laparotomie pour extraire un fœtus extra-utérin, une hernie du sac se produire, augmenter, au point de devenir très volumineuse et de nécessiter une nouvelle intervention. Ce fut son assistant Werth qui ouvrit la cavité abdominale et enleva complètement le sac. Cette observation intéressante montre
i, Litzmana. Arch. fûr Gyn., 1882, B<i XIX, II. I, p. 96.
bien les inconvénients de l'évenlralion que laisse souvent après elle la laparotomie.
Du reste, Litzmann a proposé d'enlever complètement le sac avec son contenu (fœtus et placenta), c'est-à-dire de faire, après la mort du fœtus, l'opération que Yeit pratique au début de la grossesse dans le but de prévenir la rupture du kyste.
Les conditions nécessaires pour que cette opération soit possible sont les suivantes : il faut que le kyste soit libre dans la cavité péritonéale, présente peu d'adhérence et attienne seulement par un pédicule au ligament large; ces conditions sont surtout réalisées dans les cas de grossesse tubaire et dans certains cas de grossesse ovarique. Le manuel opératoire est très simple puisqu'il consiste à lier le kyste au niveau de son pédicule et à l'enlever en entier, après avoir décollé les adhérences s'il en existe.
Litzmann pense que cette opération pourrait même se faire du vivant de l'enfant.
Il l'a pratiquée avec succès sur une femme dont le fœtus était mort depuis neuf mois: l'extirpation du sac fut, dans ce cas, très facile.
Dœnitz a pratiqué cette même opération dans un cas de grossesse extra-utérine après quatre mois de rétention; il fit l'extraction d'un kyste tubaire et enleva, en même temps, l'ovaire attenant et une partie du ligament large.
Welponer et Zillner ont rapporté un cas dans lequel Billroth parvint à enlever, malgré de nombreuses adhérences, un kyste fœtal tout entier après deux ans et demi de rétention. La guérison fut rapide.
Cette même opération fut renouvelée deux fois avec succès parKusnezky, puis par Sutugin et récemment par MouratolT.
11 existe donc, actuellement, à notre connaissance, sept cas dans lesquels on a pratiqué l'opération de Litzmann pour des grossesses extra-utérines de sept, huit et neuf mois, tous se
sont terminés par la guérison. On les trouvera réunis dans le tableau suivant '.
L'heureuse issue de ces sept cas, dont nous donnons ici le résumé, est trop remarquable pour ne pas attirer l'attention malgré leur petit nombre. Dans les cas spéciaux où elle est indiquée, l'opération de Lilzmann parait appelée à donner les meilleurs résultats.
1. Ces cas se rapprochent singulièreiuent de ceux dans Jesquels on a enlevé par la laparotomie la corne rudimeutaire gravide d'un utérus double et qui sont jusqu'à présent au nombre de cinq. Ce sont les cas de Kœberlé (1866), de Salin (1880), de Werth et Litzmann (1881), de Saenger (1882) et de Wiener (1885). L'issue ne fat fatale que dans un cas : celui de Wcrlli et Litzmann. Dans une seule de ces observations, celle de Sceuger, le <liaguostic de la malformation utérine fut bien établi; mais dans tous les autres ce diagnostic resta douteux, ou la tumeur fut attribuée à une grossesse extra-utériuc probable. C'est à ce titre que ces faits nous ont semblé intéressants à rappeler ici. (Voy. Sœnger, Centr. fur Gyn., 1883, n» 20, p. 324; et Wiener, Arch. fur Gyu., XXVI, H. 2, p. 234).
— ISO —