Amm. HomPHResrANUS S. A (Fig 92 et
Nous avons devant nous deux formes d’ammonites qui font le passage des Planulati aux Coronarü, comme l’Am. Quenstedti faisait celui des Planulati aux Falciferi. D'Orbigny et Quenstedt dans leur étude classique du genre qui nous occupe, ont déjà sig-
nalé le fait intéressant du premier passage. Ge dernier auteur dit même (Petref. ) que souvent l'éloignement de forme de l’Am. Humphresianus des vrais Coronaires est tel, que l’on croirait avoir affaire à un Planulé. En effet, forme générale, arrangement des côtes, et même dessin des cloisons, tout change à tel point et si insensiblement, que le paléontologue allemand, qui cependant pour les autres espèces s’est fait un objet spécial d'étudier leurs variations, pense même inulile de signaler toutes les variétés de l’espèce en question. On remarque dans les figures données par les auteurs les variétés suivantes :
æœ. Variations de forme.
1. Variété dont le recouvrement des tours est si petit, la bouche tellement obronde, qu’elle ressemble beaucoup aux Am. communis, Am. annulatus du lias.
D'Orb. pl 133.
2. Variété ayant la bouche plus comprimée de côté, les iours réciproquement plus recouverts ; forme d’un Planulé à bouche un peu tirée en large. Quenst. pl: 14:29.
3. Type normal des Coronaires. D’Orb. pl. 135; Am. linguiferus d’Orb., pl. 136.
B. Arrangement des côtes.
Quénstedt signale deux variétés : 4) à tige costales noueuses ou tuberculeuses, et 5) à côles non tuberculeuses. D’Orbigny figure trois variations : 6) à cô-
tes tuberculeuses, aux branches secondaires largement espacées, d'Orb. pl. 135; 7) ‘aux branches rapprochées et plus nombreuses, Ibid. pl. 136.
y. Variations du dessin des cloisons.
Ce caractère, quoique très important pour l’espèce, change sensiblement dans des individus d’un âge (ou développement respectif ) égal :
a. Dans la variété typique (var. 3) tous les lobes se trouvent en avant de la ligne du rayon central. D’après d'Orbigny (Fig. c. p. 135) le lobe * latéral la dépasse seul un peu; selon Buch, Bronn.
(Leth. I. 448) et Quenstedt (L. c. pl. 14. £. 10)
il ne la touche que tout justement , ou même il est
un peu moins long que le dorsal. Le dernier lobe
auxiliaire et le ventral ne touchent pas le rayon
central. )
b. Dans la var. 1 à forme de l’Am annulatus, 1° la selle dorsale est plus longue et plus large ; 2° les lobes en général beaucoup moins digités, moins composés , les digitations moins profondes ; 3° La selle latérale supérieure beaucoup moins pointue et plus large que la selle latérale inférieure, tandis que dans la forme typique ces deux selles sont égales en largeur tant d’après d’Orbigny , que d’après Quenstedt. 4 Enfin, et c’est un point différentiel important, effet de la différence du recouvrement respectif des tours , le lobe auxiliaire inférieur et le lobe ventral passent en arrière du rayon central.
c. S'il fallait, selon lautorité imposante de Quenstedt (L. c. p. 150), rapporter à l’espèce en quesüon l'Am. linguiferus d'Orh. pl. 136, les variaions des cloisons seraient encore beaucoup plus marquées. En effet, le lobe latéral est respectivement beaucoup plus large, le lobe latéral imférieur et l’auxilaire s’avancent d’un demi-pouce sur le rayon central, et ce qui est important, ils sont non seulement parallèles entre eux, mais encore au lobe latéral supérieur, tandis que dans la forme typique, ils sont obliques et le latéral inférieure presque perpendiculaire au supérieur.
Nous avons devant nous deux formes qui rentrent toutes deux par leur aspect général dans la var. 2, et, par rapport à larrangement des côtes, dans la var. D. Décrivons-les.
a. Var. «.
(Eig922)
Coquille arrondie , un peu comprimée. Spire composée de tours plus larges que hauts, recouverts un peu moins que sur la moitié de leur hauteur, apparents dans l’ombilic sur plus de la moitié: Le dernier tour a les 0,33 du diamètre entier. Tours marqués en travers de côles saïllantes, qui, un peu avant la! moitié de la hauteur: (donc avant le recouvrement par le tour suivant), se subdivisent en deux (rarement en trois) branches à peine plus faibles. Leur direction générale est assez constamment Un peu en arrière.
Bouche élargie , comprimée, plus large que haute:
Dos convexe, arrondi. Flancs à la limite de la selle latérale inférieure un peu déprimés. Ligne suturale peu marquée., Face suturale oblique. Cloisons à lobes peu digités, se trouvant tous en avant de la lione du rayon central, ayant en général l’aspect des Coronaires. Face supérieure de la cloison présentant une selle dorsale, quatre latérales ( dont deux au dessus de la ligne suturale ), une ventrale bien marquée et quatre auxiliaires appliquées sur le pourtour extérieur du tour antécédent,.
Dimensions. Diamètre 39 mm., hauteur de la bouche 11 mm., largeur 21 mm.
Gis. et Loc. À Kharachovo dans la même assise, qui nous a fourni l’Am. gigas Z. ( donc le quatrième ammonite de l’étage supérieur, où l’on n’en connaissait que deux espèces). Ce gisement est parfaitement en accord avec la forme ordinaire des Planulés, repartis en général dans le jura moyen. Getlte espèce a élé rencontrée par le Capitame Grant ( Quenst. p. 186) à l'ile Cutsch, associée à la Trikonia costata et au Belemnites canaliculatus. Chez nous c’est juste le même cas, ou plutôt elle se trouve immédiatement au dessus de ces deux fossiles. En Europe elle est l’appanage des couches jurassiques moyennes.
b.. Var. £.
(Fig. JD) Peu différente de l’antécédente.
Tours un peu moins embrassants ; bouche plus déprimée ; côtes moins saillantes sur le dos plus applati.
Deux étranglements indiquent l'âge peu avancé de la coquille.
Dimensions. Diamètre 26 mm., hauteur du dernier tour 8 mm., hauteur de la bouche 7 mm., largeur 129 mn.
Gis et loc. Comme l’on devait l’attendre à la forme moins embrassante des tours, rappelant plus celle des Planulés liassiques (4m. communis, A. annulatus), notre fossile git bien au-dessous de l'antécédent ; il en est même separé par un étage entier, et se rencontre , pyriisé , dans l’étage à Am. alternans. Tschoukino et Galiovo.