RHYNCHONELLA CONCINNA S. sp
(Fig. 98.)
Dans les Térébratules, plutôt que dans beaucoup d’autres genres, on remplirait une vaste lacune par l'étude de nombreuses variétés, tant de celles qui sont apportées par le développement progressif, que de beaucoup d’autres, qui ne se laissent pas expliquer par l’âge. Mais il serait nécessaire que ces études fussent poursuivies sur des nombreux exemplaires provenant d’une même localité. Nous avons tâché de le faire concernant plusieurs Rhynchonelles de Moscou, les espèces de ce genre étant plus sujettes à varier que celle des vraies Térébratules.
Faute d'exemplaires suffisants provenant de localités étrangères classiques, qui nous serviraïent de terme de comparaison, nous restons indécis si nous devons rapporter nos individus à la T. concinna S:, où à la T. lacunosa Schl. Ilest vrai que d’après les figures du travail classique de Buch , la distinction
de ces espèces serait facile, la première appartenant aux /nflatæ et la seconde aux Alatæ. Dans la première le bord frontal du bourrelet fait une seule courbe continue avec les bords frontaux des parties latérales, la coquille ne presentant point de division en lobe median et ailes latérales , pas même par le changement de la grandeur des plis. L’angle cardinal est constamment plus petit qu’un droit. L’area a une oreillette très prononcée. Selon le même auteur la T. lacunosa se distingue par l’angle cardmal droit, l'absence de l'oreillette, la division fréquente de quelques plis inférieurs en deux plus petits, dirigés vers la charnière, par moins de plis, par le lobe médian détaché des ailes.
Cependant ces distinctions sont loin d’être admises par les auteurs classiques. Sowerby, qui a figuré le premier l'original de la T. concinna (Tab. 83. f. 6.) donne un exemplaire sur lequel le lobe médian est très neitement détaché des ailes. Le même caractère saute aux yeux dans les figures de la même espèce données par Bronn (Lethea pl. XVIII f. 3) et par Zeuschner (Paleontologia Polska 1845 pl IV f£ 11—15). De plus cet auteur admet et dessine deux variétés , de formes et de dimensions très variables ( forme normale, qui approche davantage, à l’exception du lobe médian, du type de Buch:, et forme globuleuse). De Buch cite des variétés qui n'ont que 15—920 plis au lieu 24—36 ordimaires. Bronn fait surtout ressortir pour caractères distinctifs de la T. lacunosa la hauteur de la valve ventrale , qui acquiert tout son maximum presque sur le tiers supé-
reur de la longueur, des plis aussi larges que leur intervalle, les plis du bourrelet ne devenant visibles que vers le bord ; l'absence de la côte aréale et de l’oreillette. De Buch cite la T. elata Cat. comme variété de la T. concinna, et la T. media S. comme variété de la T. tetraëdra; Pusch au contraire n’en fait qu'une T. concinna, elc.
Il nous est dès lors difficile de préciser l'espèce des exemplaires que nous avons sous les yeux. Par l'angle cardinal ouvert, la division de quelques plis ces fossiles rappellent à la 7. lacunosa, par d’autres caractères plus nombreux, par l'aspect général , ils tiennent d'avantage de la T. concinna , à laquelle nous nous décidons à rapporter nos exemplaires.
Nous distinguons deux variétés :
æ.) L'une a la plus grande ressemblance avec la fgure donnée de cette espèce et appellée par Zeuschner forme normale (Paleont. polska pl. IV f. 11—15 ), circonstance d’autant plus importante, que selon la remarque de Pusch (Paleont. p. 27 ), les exemplaires que Zeuschner a recueillis dans l’oolite inférieur de Sanka, Ostrowiec, Brodla et Baczyn près de Cracovie, ont été définis par de Buch lui-mème,
Longueur de la ventrale 19 mm., largeur 21 mm. Epaisseur de la coquille 12 mm. La valve ventrale, ayant acquis toute sa hauteur sur son tiers supérieur (selon Bronn-caractère de la T. lacunosa) se dirige sans monter sensiblement jusqu'à la limite du tiers inférieur, et tombe d'ici vers le bord frontal. Lobe médian détaché des ailes par un flanc de ph plus élargi ( contrairement à la figure de