‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 58 sur 211 · BB · texte numérisé non relu

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Grès de Tatarovo.

Syn. Grès de Litkarino, de Vitkarino (Fischer), grès quarzeux blanc, pierre meulière. flukoëÿ Kramenb, aukapb, msapunu- HHË HMAH KePHOBHHH Kamens , Tarapuackiñ man /Aurkapunckoû uecuauuxz. Moskauer Sandstein, de Keyserling. Bull. M. 1841.

p. 897. Ferriginous sandsnone of Tatarovo, Russia. I. p. 240. N° 12 de la Coupe.

Cette roche quarzeuse a été mentionnée et dé-

RS n 2 a 7 G} a à Ê A] crite par l’auteur de lOryctographie et par M. Olivieri. Elle est blanche ou plutôt bleu - grisätre, très finement grenue, laissant voir à peine à l’œil armé de la loupe des grains de quarz et des paillettes de mica argenté. Sa solidité et sa

(*) Les auteurs antécédents n’ayant pas admis de division en étages dans notre jurassique, il est souvent très difficile de rapporter leurs dénominations techniques à une des couches connues actuellement, ce qui a surtout trait aux couches noirâtres du second et du troisième étage. Il faut le plus souvent

avoir égard aux fossiles inentionnés.

dureté varient de l’état de complète désagrégration (sable) jusqu’à n'être plus grenu mais bien compact. À l’état de désagrégration, elle est extrêmement abondante à la montagne des moineaux (de là son nom de Bopo6rescroï necok®r }. On la trouve, à son plus haut degré de compacité dans les carrières de Tatarovo. Elle offre là, dans quelques couches , une solidité et une dureté toutes particulières, une cassure subconchoïdale, un son presque métallique , et un grain tellement fin et tellement rapproché qu’au premier abord on dirait une roche tout-à-fait compacte, ce qui la rend éminemment propre à servir de pierre meulière. La roche n’est jamais uniformement solide: le plus souvent elle passe insensiblement, par degrés, de l’état de grande compacité à l'état de roche désagrégée d’autres fois, cependant les passages sont brusques, tellement qu’on rencontre dans la roche la plus compacte, des creux remplis de sable. (es creux se présentent le plus souvent sous forme de nids; quelquefois aussi ils forment des canaux cylindriques serpentant dans la roche, et remplis de sable comme si celle-ci était rongée par des vers ou des mollusques. Dans ce dernier cas, elle perd beaucoup de son utilité pratique ; car, lors même qu'au sortir de la carrière ces creux sont remplis d’une matière un peu tenace, celle-ci se désagrège bien vite sous l’influence de l'air humide, et surtout, lorsque l’eau, comme sur les trottoirs, peut y séjourner. En revanche, lorsque cette

roche est à l'abri de l’humidité, exposée à l’influence de l'air, elle acquiert de plus en plus de solidité: aussi la laisse-t-on toujours pendant quelques mois d'été exposée à l'air, avant de l'employer. Quant aux matières que cette roche contient, nous nommerons des paillettes de mica, un minerai de fer, des animaux et des plantes fossiles, et du charbon végétal.

Les proportions variables de mica qu’elle contient sont intéressantes pour l’emploi dans les verreries et les fabriques de fayence. Le fer, qui s’y présente soit à l’état de phosphate, soit à l'état de carbonate argileux, la colore en jaune, rouge,et brun. Ce fer se présente de deux façons, tantôt à l’intérieur, tantôt à l'extérieur. Dans le premier cas, il imprègne la roche en couches concentriques, dont le centre est souvent la mine pure; dans le second cas, il forme des dalles entre les couches de grès, et entre les blocs , et ne colore que les parvis extérieurs de ceux-ci. Du reste, nous en reparlerons encore avec plus de détails quand nous arriverons aux fossiles et au charbon végétal sus-mentionné.

Ce grès se présente sous deux formes de gisement, tantôt en couches assez étendues, tantôt en blocs séparés, isolés au milieu des marais. C’est le premier mode de gisement, dont Tatarovo est le type, qu'on trouve le plus généralement. Il a été bien saisi par M. Tischer et par M. Olivieri.

Les carrières de Tatarovo intéressent vivement les naturalistes qui parcourent les environs de

Moscou, en leur présentant un grès blanc, très dur, de cassure subconchoïdale, dont l’âge respectif n’a pu pendant longtemps être déterminé avec quelque vraisemblance, vu que ses rapports Stratographiques restèrent inconnus, et qu’on n’y trouva pas des restes organiques. Nous avons aussi fait plusieurs excursions sans avoir pu éclaircir la question, lorsque l’un de nous, Mr. Auerbach, recut des environs de Kline plusieurs blocs d’un grès, qui, presque avec les mêmes caractères minéralogiques de Tatarowo, présenta, à notre grand contentement, les empreintes de trois espèces de plantes antédiluviennes de l’ordre des polypodiacées. Alors redoublant de zèle dans nos recherches, nous les dirigeâmes dans deux directions différentes , Mr. Auerbach partit pour étudier les grès de Kline, et moi je me réservai ceux de Tatarowo. Visitant plusieurs fois les élévations de ce village et celles des montagnes des Moineaux, nous avons été frappés de leur analogie stratographique et minéralogique. Dans ces deux endroits un alluvion de sables jaunes superposé à une terre à brique, dominent les points élevés ; puis viennent des couches alternatives de sable blanc et d’un grès très ferrugineux , qui présente constamment des rognons et des géodes remplis de fer oxydé, et dont les couches dessinent souvent les formes les plus variées, et assez régulières. La seule différence qu'on remarque au premier abord entre les deux lieux indiqués, c'est la cohésion du

. sable blanc et la position d’une couche noire oolitique. Le sable blanc des montagnes des Moineaux est friable, même terreux , et son grès ferrugineux repose immédiatement sur loolite, ce qui n’a pas été observé à Tatarovo. Mais nous n'avons pas tardé à remarquer, 1) que le sable blanc et le grès blanc avaient plusieurs caractères minéralogiques communs: le même grain, la même présence de paillettes de mica, de géodes et de rognons ferrugineux qui les divisent en couches assez régulières et ces dernières en nids et en blocs détachés. 2 ) Le sable blanc offre des rognons de masse plus dure, aussi bien que le grès blanc des nids de sable terreux, qui minéralogiquement ne diffère en rien de celui qui est si reputé aux montagnes des Moineaux. Le sable blanc et le grès blanc passent immédiatement à l'argile et au grès ferrugineux et alternent avec lui. 3) Dans le grès ferrugineux des montagnes des Moineaux on voit des couches foncées concentriques d’une mine de fer, tout aussi bien que dans le grès blanc de Tatarovo. 4 ) Aux pieds des collines de Tatarovo, à la rive droite de la rivière, immédiatement près du pont, on voit la couche noire oolitique avec le Belemnites canaliculatus, Ammonnites virgatus , et vis-à-vis, de l’autre coté de la rivière, en s’approchant de léglise de Khorochovo, nous avons rencontré audessus de la couche noire oolitique si bien connue par son caractère typique, le même

grès ferrugineux, dont nous avons fait mention à Tatarovo et aux montagnes des Moineaux. Le grès ferrugineux gisant sous le sable blanc est encore à découvert, sur la même rive que les carrières de Tatarovo, à une demi-verste de distance d'elles, et à un quart de verste plus haut que Troitzkoë. Sur ces données-là, nous étions portés à croire que les roches de ces deux points intéressants étaient isochromes, et nous ne désespérà- / mes pas de trouver enfin dans les carrières de Tatarovo des restes organiques , qui se seraient dérobés jusqu'ici à la vue des visiteurs habiles. De plus, ayant trouvé dans le grès ferrugineux de Vorobievo des restes indubitables d'animaux fossiles, c’est encore sur lui, qui entoure, comme nous venons de le dire, de tous les côtés le grès blanc, que nous avons porté de préférence notre attention à Tatarovo, et nous fümes assez heureux pour mettre à découvert des empreintes de polypodium , qui nous parurent ressem- . bler à un Pecopteris. Dans le grès de Lidkarmo, Mr. Olivieri annonce avoir trouvé , quoique très rarement, des restes semblables à la Séégmaria jicoides (*). Voilà donc trois localités où le grès blanc présente des restes de plantes et on s’explique facilement pourquoi on n’en avait pas trouvé dans le sable blanc désagrégé de Vorobievo, qui

(*) l'opauñ 2Rypuaar 1844. N° 3. pag. 376, 26*

Jui est parfaitement isochrome. Il est plus dificile de se donner une explication de l’absence des mollusques dans le grès blanc, les quels ne sont pas très rares cependant dans le grès ferrugineux de Vorobievo.

En résumé, tous ces faits nous semblaient indiquer une déposition contemporaine du grès ferrugineux, du grès blanc et du sable blanc. Enfin nous en acquimes la conviction à une excursion que nous avons faite avec Mr. Frears, en 1843. Sur la route de Bronitzi, à 30 verstes de Moscou et à 3 verstes après la première station de poste Ostrowtsi ( Ocmposuut ), on traverse la rivière de Moscou sur un pont (*). Immédiatement après sur la rive droite de la rivière et à droite du pont s'élève une colline assez haute. Or, c’est un lieu très intéressant qui met à découvert les rapports stratographiques des quatre roches qu’on est souvent obligé d’étudier séparément dans notre gouvernement. La couche noire oolitique de Khorochovo (3”° étage ) occupe le niveau de la rivière, recouvre le calcaire de Miatschkovo qui, se continuant du village voisin, de même nom, descend sous le lit de la rivière. Passez sur le flanc opposé de la colline le plus éloigné de l’eau, et vous verrez trois nouvelles roches découpées dans un ravin qui longe la rive. Le grès ferru-

(+) Boporckoï nepesoss.

gineux de Vorobievo occupe le pied du monticule, dessus git une assise assez forte de sable blanc de Vorobievo; on remarque ss ’l entoure de toute part des blocs isolés de grès de Tatarovo , qui se trouvent ainsi parfaitement enclavés. Le sommet de la colline est dominé par des alternatives de couches de sables blancs et de grès ferrugineux , disposés souvent en dalles. Que l'on se rappelle que le grès ferrugineux repose sur l’oolite de Khoroschovo, ce dont on peut se convaincre aux pieds des montagnes de Vorobievo, à Khoroschovo plus bas que l’église, vis-à-vis de Tschoukino entre Tatarowo et Troitskoë etc., et l'on obtiendra un nombre de couches, qui se suivent ainsi du bas en haut :

Calcaire de Miatschkovo.

Oolite de Koroschovo.

Grès ferrugineux de Vorobievo.

Grès de Tatarovo.

Couches alternantes de sable blanc de Vorobievo et de grès ferrugineux du même endroit. Nous n’avons pas, il est vrai, trouvé de fossiles cénéral on ne

S sait que trop bien qu'ils y sont extrêmement rares,

dans les grès et les sables, mais en

et puis nous ÿ avons pu résiter trop peu de temps. Du reste les caractères de ces couches approchent à un iel point de ceux des localités de dével- Jopement typique, que [ae croit se trouver devant ces dernières.

En résumé, que l’on ajoute à ceite superposi-

tion de grès et de sables, tout ceque nous venons

de dire sur leurs structure, et on se laissera néces-

sairement aller à l’idée que les roches en question passent l’une dans l’autre, qu’elles sont évidemment d’une déposition contemporaine, et qu’elles n’affectent quelquefois de caractères différents qu'à la suite de l'influence des agens physiques fortuits, topiques ou momentanés. Le sable blanc de Vorobievo semble avoir été le moins changé, et être le plus près de l’état normal de déposition. 1l ne contenait en fait de corps organisés que des plantes herbacées, qui n’ont pu être conservées dans une masse désagregée , et n’ont laissé leurs iraces que dans le grès de Tatarowo qui a subi l'effet d’un feu pénétrant, ce qui est prouvé à l'évidence par les nids de charbon mentionnés par Mr. Auerbach dans le grès provenant de Kline (*). Le grès ferrugineux récèle assez de mollusques qui cependant attaqués par l'effet corrosif des mines de fer, ne se sont. le plus souvent que trop mal conservées pour admettre une détermination facile.

Un second caractère différentiel de ces roches est encore offert par le degré de leur développement respectif. À l'ordinaire c’est le grès de Tatarovo qui domine sur les autres, mais c’est aussi presque le seul qui manque tout-à-fait aux montagnes des Moineaux qui se caractérisent surtout par

(*) Bull. 1844 N° 1 pag. 146.

une presque égale puissance de grès ferrugineux et de sable blanc, qui en constituent presque à eux seuls toute la hauteur et ne laissent plus apparaître le grès de Tatarovo; enfin la localité indiquée, derrière le pont d’Ostrowtsi offre un nouvel intérêt; de subordonné, comme il l’est ordinairement, le grès ferrugineux devient prédominant et enclot les deux autres.

Nous ne croyons donc pas déroger à l’état actuel de nos connaissances concernant les trois roches indiquées, en les appelant les représentantes d’un même terrain oolitique, superposé aux couches de Khorochowo, et dont le caractère principal paléontologique resterait encore à préciser.

Mr. le Prof. Blasius et le Comte Keyserling dans une note inserrée dans notre Bulletin {1841 p 897.) identifient les grès de

Moscou avec des grès qu'ils ont observés au sud de notre Gou-

vernement, et les rapportent à l’époque tertiaire. (#) «Dans le Gouv. d'Orel près de Dmitrovsk, à l’ouest des Gouv. de Kursk et Kharkow, dans le Gouv. de Poltava, au sud de Tchernigow nous n'avons vu que des couches de sable et de grès, dont le dernier - présente un aspect singulier. Il offre à la cassure des surfaces éclatantes, des grains quartzeux, réunis par un ciment siliceux, quelquefois par l’opale. Il est identique avec le grès de Moscou et fournit d'excellents matériaux pour les pierres meulières de cette contrée. Nous n'avons trouvé de fossiles dans le grès que des empreintes de feuilles d'arbres, qui approchent des formes

actuelles et des restes de bois creusés par des coquilles litho-

(*) C'était aussi l'opinion de Mr. Olivieri { Fopn. ZK. 1844. p. 349. sq. Erman’s Archiv 1845. p. 452. ).

phages. MM. Murchison et de Verneuil ont reconnu à Moscon sa superposition sur le Jura, et nous les vimes très clairement superposé à la craie de Bielgorod; aussi pensons nous qu'il est suffisamment prouvé que ces grès sont tertiaires. Les argiles , qu'on trouve aux pieds des couches de sable et de grès à Kiew avec les noyaux d’un très grand Cerithium, d'un grand /socardium et d’une Ostrea , voisine de Os. callifera, appartiennent vraisemblablement à la même formation, ou à une autre bien proche. , Dans une carte manuscrite Mr. Iazikow l’a indiqué sous ses rapports stratographiques dans le gouv. de Simbirsk, et le premier lui a assigné l’âge tertiaire. C'est, peut-être, la plus ancienne forme de terrain de cette pé-

riode, connue en Russie etc.»

Nous sommes trop convaincu du mérite réel des travaux des célèbres géologues, pour douter, qu'ils ne puissent donner à l'appui de leur opinion les arguments nécessaires; mais désirant répondre à l'appel des auteurs (Ibid. 899 de soumettre leurs observations à des révisions ultérieures, nous nous permettons de faire, avec tout le respect qui leur est dû , quelques remarques quant au grès de Tatarowo,

que nous avons pu étudier.

Sur quel fondement est basée l'identité des grès du gouvernement de Moscou et de ceux de la Russie méridionale? YŸ avait-il identité de superposition? Les premiers gisent sur le jura, les seconds sur la craie ; les couches qui reposent sur les grès ne nous donnent aucune lumière sur leur âge. Y aurait-il identité de caractères paléontologiques ? On ne connaissait pas encore de fossiles dans le grès de Moscou quant la note en question fut publique. Enfin y, aurait-il identité de caractères minéralogiques ? Maïs, en premier lieu, ils ne sont que d’une importance très secondaire lorsqu'il s’agit de préciser l’âge respectif d’une roche, et puis ils sont différents dans les deux grès. On ne voit ni opale, ni

ciments siliceux dans nos grès, du moins c’est le fait géné-

ral ; au contraire ils sont d'une cassure homogène plus ou moins finement granuleuse , ne contiennent que des paillettes de mica argentées, et sont assez souvent colorés par le fer. Les couches de grès blanc alternent constamment avec un grès ferrugineux, dont les traces se conservent sur les blocs séparés. Enfin, comme on l’a déja remarqué , le caractère minéralogique, ainsi que la physionomie générale, varie beaucoup dans les grès de Tatarovo, de Kline, de Lidkarino, de Dmitrovsk etc.

Nous pensons donc qu’on avait dévancé les faits connus en

rapportant avec certitude le grès de Tatarovo au terrain tertiaire.

Depuis la publication de l’Oryctographie du Gouv. de Moscou on a cité plusieurs endroits ou les grès de Tatarovo sont à découvert; voici toutes les localités reconnues importantes pour ce grès : * |

1. N. E. du village de Tatarovo, dans son territoire , localité à 6—7 verstes de Moscou, reputée pour l’ancienneté des carrières, et qui a donné le nom à cette roche. Les carrières ont été décrites par l’auteur de l’'Oryctographie, et mentionnées bien antérieurement à cet ouvrage en 1787 par l’auteur anonyme d’une superbe description topographique de notre gouvernement (*) puis par Storch en 1796. ( *)

Le grès est très blanc, en général moins teint

(*) Hcrop. x ronor. onucanie ropozoss Mockosckoï lyGepuiu CB HXB ybs4amu M. 787. p. 100—101.

(”) Materialien z. Kennt. d. russ. Reich. Vol. I. p. 142. La

description de notre Gouvern. est la trad. d. l’ouv. précéd.

par le fer que celui de la localité suivante; aussi est-il maintenant exclusivement exploité pour la construction du grand palais Impérial à Moscou.

Les ouvriers appelent boutasse non seulement les couches sablonneuses sur lesquelles repose le grès ( Oryct. p. 92) mais encore le grès ferrugineux passant au sable rouge , intercalé dans les couches du premier.

Il a été reconnu depuis que la roche exposée en blocs détachés à l'air pendant le printemps et l'été devient plus dure et résiste d'avantage aux agens extérieurs; au contraire employée immédiatement après l’exploitation elle casse facilement. (*) On n’a trouvé que deux plantes dans les carrières de Tatarowo, ce sont:

a. Prcorreris Auersacuiana Bull. M. 1844. pl. V. f. 10. 11.

Pecopteris sp. Auerb. Bull. 1844. p. 148.

Pecopteris sp. Rouillier Discours 1845. p. 43.

Pterophyllum filicinum Gœppert. Russ. 11. p. 501. pl. G. f. 4. (inexacte }.

Pecopteris Murchiniana var. Auerb, et Frears Bull. 1846. p. 495. et 496. nota.

Notu. 1. Nous avons découvert cette plante, le premier exem-

plaire de fossiles à Tatarovo , en 1843, en présence de nos

deux élèves, M." Anninekow et Tschégléew , et présenté à la

Société le 16 Sept. 1843. (“* }. À la séance suivante nous lui

en avons communiqué le dessin et la description (** 1 Plus

(*) l'opu. x. 1843. N° 8. Kamexozoman Mockss p. 90, (**) Protocole de cette séance Bull. 1843. p. 808, (PO bid/ pe 817. j

tard nous avons fait part de cette découverte à M." Ehrenberg (*), en même temps nous avons passé un dessin de cette plante à M. Frears pour le communiquer à M Murchison. Or, c’est la copie de ce dessin qui a paru dans Russia Il. pl. G. f. 4 a,6. C’est donc une erreur, lorsque l’auteur de la remarque insérée à la page 500, et 501. Russia II. dit que l'original est entre les mains de M." Frears ; ce géologue zélé ne l’a pas trouvé et je possède l'échantillon mentionnée. Nota. 9. M Goeppert caractérisant le genre Pterophyllum : « Frondes pinnatæ, pinnis basi tota latitudine insertis, nervis parallelis, simplicibus, æqualibus {**)» il nous est impossible de partager l'opinion de ce botaniste distingué , qui rapporte notre exemplaire à ce groupe. La feuille présente très distinctement une nervure mediane , très forte, comme on peut le voir et sur l’original et sur la figure de notre Bulletin, plus exacte que celle de « Russia», qui du reste indique aussi une seule nervure au milieu. Le sillon distinctement limité, ou le sillon double sur le rochis n’existe pas en réalité. Sur l’empreinte Bull. 1844. T. v. f. 10. le sillon est beaucoup plus large, que sur la contre-empreinte f. 11. Enfin cette espèce appartenant aux Fougères ne peut être appellée filicina. Aussi lui avons-nous donné le nom de Pecopteris Auerbachiana, en l’honneur du géologue qui en avait déja donné les détails (*#) et qui avait rapporté notre exemplaire comme variété à sa Pecopteris Murchisoniana. 11 nous semble que, contrairement à l’auteur de la remarque Russia [. p. 503. ces plantes ne pouvaient pas à elles seules indiquer l’âge de notre couche

jurassique.

(*) Bull. M. 1844. p. 630. Voyez pour l’histoire de ce fait notre Discours p. 43.

(**) Russia IT. p, 501.

(*#*) Bull. M. 1846, pu 436.

b. Une empreinte mal conservée qui rappelle les roseaux où les Calamites, trouvés par M: Frears,

Nota. Les auteurs de «Russia» citent ( Vol. I. p. 240. ) une coquille bivalve , voisine de Lucina, trouvée dans le grès de Tatarovo. Nous ne la connaissons pas.

2. Le terrain du village Lidkarino (* ) appartenant au Comte Zotow , ainsi que le terrain voisin du Prince Galitsin. Ajoutez à la description de ces carrières inserrée à l’Oryctographie (p. 91.) ce qu'en a dit récemment le Lieutenant-Capitaine Olivieri, qui les a visitées en 1843. (**). «Le grès occupe la position suivante: Dans le ravin appellé Aléschina (Azermua ama) exploité à une profondeur de dix sajènes sur 200 de longueur et autant de largeur, affleurent des sables jaunes el rouges superposés à un grès de peu de dureté (craômÿ necuax- HuKkB ) à surface ondulante de deux archines d’épaisseur ; enfin, dessous, vient un grès plus dur que le premier, siliceux, bleuâtre, divisé perpendiculairement en blocs de trois archines carrées; les

(*) L'auteur de l’Oryctographie du gouvernement de Moscou appelle ce lieu Vydrino. Dans les papiers officiels il est mentionné sous Litkarino ( Aurrapuno, Gazette du Gouv. de Moscou 1843. N° 17. p. 149 en russe) et quelquefois sous Vidkorino ( Burkopuso , l’Invalide russe 1844 N° 17, en russe). M Olivieri écrit dans le Journal de Mines Pütkrinowo. Il est intéressant de noter ces changements sensibles que subit le nom propre d'une localité très bien connue.

(**) Journ d. Mines 1844, p. 375. sq. en russe. Erman’s Archiv. 1845 p. 449—459

Hgnes de division suivent quelquefois les diagonales des couches. Dans les quatre autres ravins le nombre des couches et la puissance des grès et des sables varient, tantôt les uns prédominent tantôt jes autres. L’inclinaison des couches est O, et on remarque que les grès y gagnent en dureté, lors même que sur le flanc opposé gisent des grès friables et des sables. La direction N° 10.»

Quant aux fossiles trouvés dans le grès, Litkarino est devenu un lieu éminemment intéressant. M." Olivieri y avait déja remarqué des plantes et M: Trears le reste d’un calamite (*) M: Frears et moi nous avions présenté à la Société en 1844 (*) les empreintes de l’Am. catenulatus et Am. Koenigié, qui ne laissèrent aucun doute sur l’âge respectif du grès. Enfin M. Auerbach et Frears viennent d'indiquer les fossiles suivants ( *** ).

a. AMMONITES CATENULATUS Fischer, Bull. M. 1846 p. 491. pl. L'ONTETS

Amm. catenulatus, Rouill, Disc. 1845, p. 44.

b. Auu. Kormcii Sow. Ibid. pl. VE f. 1—3. Am. mutabilis, Rouill. Disc. 1845. p. 44.

e. Ivocenamus Logarus n. sp. Ibid. p. 492. pl. VII. f. 1 — 3. Les fragments que nous avions devant les yeux en 1845,

étaient très mal conservés, et nous ne pouvions décider s’il ne

(*} «On n’y a trouvé que très rarement des restes semblables à Stigmaria ficoides » ?? (L. c. p. 376.)

(*) Voyez notre Discr. 1845. p. 44.

(***) Bull. M. 1846 p. 496 sq. avec 4 pl.

fallait pas les rapporter au Hippopodium angustatum Buch , ou à la Gervilia lata Phill. Voy. notre Disc. p. 44.

d. Cucuzzara sp. Ibid. pl, VII. f. 1.—3.

e. Narica sp. Ibid. p. 493. pl. VIIL f. 4. 5.

3. District de Kline, à six verstes du chef lieu, et à 3 du village paroissiale Klenovka. Le gres compose des blocs détachés , arrondis sur les angles, gisant sous la terre végétale au mulieu d’un sable argilleux ; c’est le seul lieu dans notre gouvernement, où le grès a un autre gisement que celui de Tatarovo. Cette localité intéressante a été étudiée par M Auerbech (*), qui y a décrit les plantes suivantes :

a. REUSSIA PECTINATA Gæpp.

Scolopondrites pectinatus, Auerb. 1844. p. 147 .'IV. fl 82. Rouill, Disc. 1845. p. 43.

Reussia pectinata Geoppert , 1845. Russia [, p. 502. T. G. f. 6. b. (copie de l’antécédente).

b. Pecopteris Murchisontana Gæpp. (sp).

Pecopteris sp. Auerb. L. c. p. 148. T. IV. f. 1 à 4.

Pecopteris sp. Rouillier Disc. 1845. p. 43.

Pterophyllum Murchisonianum, Goeppert. 1. c: p. 501. T. f. 3, 5, 6. b. (Copie de la précédente).

Pecopteris Murchisoniana, Auerbach et Frears Bull. 1846. p- 495—497. T. IX. f. 1— 3. (Superbe exemplaire).

c. Restes de plantes indéterminées et entre autres

des traces de roseau ou de Calamites. Voyez Au-

(*) Bull. 1843. p. 816-817, Ibid. 145148.

erbach Bull. 1844. pl. IV. £ 3, 5. PL V. £. 8, 9. et surtout Auerbach et Fréars Bull. 1846. p. 494 où ils élèvent quelques doutes sur le Muscites squamatus Brng. que Goeppert croyait avoir distingué parmi ces restes. Russie I. p. 502,

On voit les mêmes couches de grès, selon M Olivieri (Ibid. p. 378), se prolonger sur la rive droite de la rivière jusqu'au village paroissiale Diakovo , où elles sont à découvert dans le ravin dit Papovo ( Ilonog? opar? ) et l’auteur assure que l’exploitation de cette roche présenterait aux villages Diakovo et Kolomenskoë, qui n’est éloigné de la capitale que de 7 verstes, un profit assez solide.

5. En longeant la rivière de Moscou, passé le village de Kolomenskoë entre Bessèdi ( Becbarr } et Litkarino, on rencontre dans les terres appartenant au village Gremeschevo (lpemeuero) à une yerste de distance du bord gauche de la rivière, et une profondeur de 4 archines et demie, un grès siliceux dur , finement granuleux , blanchâtre, cassant régulièrement en blocs d’une wa arch. d'épaisseur et de 6 à 7 arch. de longueur, et larges de */, arch. On l’exploite dans des ravins pour la fortification de la rivière (Olivieri L. c. p. 473). |

6. « Sur la Kliasma on trouve des lambeaux de grès, qui paraissent être des continuations des grès de Tatarovo» (Oryctog. p. 92). M” Olivieri

confirme cette observation ( Jour. d. Mines Ibid. ). Cette localité a été mentionnée par plusieurs (*).

7. Le grès du district de Dmitrowsk se distinguait par une couleur très blanche, une iransparence très marquée, et l’absence tolale de mica, ce qui le rendait éminemment propre pour la fabrication de la fayence: aussi a-t-1l été entièrement exploité pour la fabrique de Auerbach et de Gardner , de sorte que l’histoire de ces carrières est perdue pour la science. On sait cependant que les couches de grès formaient des monticules assez élevés au milieu d’un marais.

8. District de Moscou, sur la grande route de Bronitzi, trois verstes après la première station de poste Osirowtzi, immédiatement passé le pont, sur le bord droit de la rivière Moskva. Localité intéressante par les rapports stratographiques de grès de Tatarowo de celui de Worobiewo et des sables blancs du même endroit.

9. District de Bronnitzi, près du village paroissiale Gjelsk, le sable est blanc, et contient en général très peu de fer.

10. Près du chef-lieu du district de Kolomna il a été exploité un grès qui a fourni des matériaux pour la construction du pont de la ville de Kolomna. Voyez encore Severginn (*).

Ces deux dernières localités n’ont pasëncore

(*) Georgi 1798 (Geog. phys. Besch. d. R. R: I. 313: «an der Obern Kliasma»); Severginn :Muu: semacon.-Poccin. 1809p. 13 PL Go pH

PR LE °,.?, 4 , “ été étudiés, et nous ne les connaissons que d’après des échantillons que nous nous sommes procurés.

11. À 15—18 verstes de la capitale, dans les terres appartenantes aux villages Panki et Kotelnikt, t . . \ LA les deux rives de la Moskva mettent aussi à découvert le même grès. Falk visita cette localité en 1769 (*) et en donna la coupe suivante:

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