‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 60 sur 211 · DD · texte numérisé non relu

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Grès de Khoroschovo. (*)

Syn. Grès marneux glauconien ; N° 14 de la Coupe; Grès à Buchia, Buchiasandstein nob; l'aoxonurosnñ necuyuauuux®, Jazikow Mockeuranuus 1845 N° 4 p.48 « Whitish. sandwith green striæ (b)» de la coupe N° 37 de Khoroschovo inserée à la

page 237 du Vol. I. de « Russia.»

Khoroschovo est celle des localités de notre

(*) Cette localité classique fut visitée par Pallas en 1768 ( Voyages I. p. 21.). On la trouve encore mentionnée chez Falk (Beitr. topog. Kentn. d. R. R. I. p. 54), chez Güeldenstaedt (Reisen I. p. 28), chez Séverginn ( Muuep. 3emu. Pocc. Toc. Vol. IL. p. 14. etc.). Mais les fossiles de cette localité furent décrits et figurés pour la première fois, comme nous l'avons déja remarqué, par Macquart. Du reste il paraitra un

article détaillé sur Khoroschovo.

gouvernement qui a attiré la première l’attention du géologue. Elle acquiert de jour en jour plus d'importance par l'abondance et la variété des fossiles qu'elle présente : ce qui lui a valu, entre toutes, le titre de localité classique pour l'étude du jura.

La roche la plus puissante de cette localité , (deux sagènes à peu près)et qui, du reste, n’acquiert nulle part un développement comparable à celui qu'elle a ici, est un grès marneux glauconien. Elle afileure presque l'eau, et se montre sur une étendue d’un quart de verste. Tout-à-fait désagrègée dans les couches supérieures, il acquiert plus de densité dans les inférieures, sans jamais cependant arriver à la solidité du grès de Tatarovo, ni même à celle du grès de Vorabiovo. En haut il offre une couleur grisâtre; plus bas, il devient brun rougeâtre. On y trouve mélangées quatre substances : a ) la glauconie, sous forme de grains qu’an ne distingue qu'à la loupe, et qui donne à la roche une teinte d'autant plus verte qu'elle y est plus abondante ; b.) une chaux pulvérulente qui provient évidemment de la décomposition de tests de mollusques; c.) des paillettes de mica argenté, qui s'y trouvent souvent en forte proportion; d.) une chaux, qui remplit quelquefois l’intérieur des coquilles bivalves sous forme eristalline. Jamais on n’y rencontre de trace de pyrite de fer, minerais s1 abondant dans les second et troisième éta-

ge. Ce grès se présente en couches horizontales et

irrégulières qui n’ont aucune division perpendiculaire constante. Exposé à l’air sec il devient solide ; sous l'influence de l'humidité il se désagrège.

Outre Khoroschovo, nous nommerons encore quelques localités où l’on peut étudier ce grès :

a Kountsavo, aux bords de la Moskva. b. Kolomenskoë, sur la même rivière. c. Chélépikha, près de Khorochovo. d. Kousminki, sur la route de Kolomenskoë. e. Senkino, à cinquante verstes de Moscou sur la rive droite de la Pakhra, où elle a été indiquée par M. Kiréew, comme présentant quelques modifications. Sa couleur y est gris-verdâtre, l'agrégation très faible, et la proportion de mica notable; ce qui rend très difhicile l'extraction des fossiles qu’on y rencontre encore avec leur test brillant comme de l'or. (*) f. Enfin Varvarino, à deux ou trois cents pas en avant du moulin du village de ce nom, sur la rive droite de la Pakhra, Elle y est représentée par une roche presque sableuse , très micacée, d’abord rouge et passant ensuite au vert-clair, avec des débris très reconnaissables d'Ammonites catenulatus. g. Sur la rive gauche de l’Istra, sur la pente escarpée du plateau occupé par Voskresensk, à une dizaine d’archines audessus du niveau de l’eau. Cette roche est sableuse, colorée en vert, et recouverte par un sable d’une couleur rouge intense. C’est à M. Catala qu'on doit l'indication de ces deux dernières localités.

(*) Lettre de M. Kiréew.

Nota. Dans l'Oryctographie et les travaux de M." Fischer antérieurs à ce grand ouvrage , on trouve souvent Tatarovo ( Tatarobo ) cité comme offrant les fossiles de cet étage; mais depuis, le sol a tellement changé dans nos contrées, que nous ne voyons à cet endroit qu'un fort petit lambeau du second étage. La même remarque s'applique encore à la Mogjinka (Moschinka ) près de Zvénigorod, dont les rives sont tellement recouvertes par le diluvium qu'on n'y voit que le tuf calcaire, et qu’on n’y rencontre plus les fossiles du calcaire

de montagne souvent mentionnés par de Fischer.

Fossiles. Cette roche est extrêmement riche en fossiles, et plus riche que touteautre du même étage. Ils y sont engagés en si grande quantité qu'il n’y a pas un pouce cube qui n’en présente un ou plusieurs. 11 n’y a que le grès sableux du second étage qui puisse lui être comparé sous ce rapport, quoique la diversité des fossiles de ce dernier soit plus grande. Les fossiles s’y trouvent souvent avec leur test blanc un peu désagrégé à l'extérieur, mais plus souvent encore ils ne sont représentés que par leurs moules. Les plus abondants sont: L'Amm. catenulatus, deux espèces de Bélemnites, le Pecten nummularis et la Buchia HLOSQUENSis.

Pour arriver à retirer ces fossiles intacts, il faut user de précautions. L'expérience nous a appris qu’il ne faut jamais procéder à cette opération sur des blocs humides. Il vaut mieux laisser à un air sec le temps de dessécher la roche: alors elle cède mieux les fossiles, et le test ne se brise pas aussi facilement qu'avec des blocs humides. Pour faire encore mieux, il faut en poser des blocs encore

imbibés d’eau à l'action du froid. La congélation de l’eau qui occupe les interstices du grès, agrandit ceux-ci, détache les fossiles de leurs points d’adhérence tellement, qu'une fois le bloc desséché après cette opération, les fossiles tombent comme une amande d’un noyau ouvert.

Il est difficile de saisir quelques caractères qui aient trait à l'aspect général des fossiles du premier étage. Cependant nous croyons ne pas déroger à la vérité, si nous remarquons que:

a. Le caractère assez général de ces fossiles est de présenter un assez grand nombre d'espèces, une variété de formes du même genre, qu’on ne remarque pas en pénétrant plus avant dans le terrain jurassique, notamment dans les Térébratules. La sociabilité des individus est encore un caractère piquant.

b. Cette remarque cependant ne doit pas embrasser les Ammonites, qui ne sont représentés ici que par deux es pèces , tandis que leur forme est bien plus variée dans les autres étages.

c. Mais en revanche le petit nombre d'espèces du geñre Ammonite est contrebalancé par l’abondance des individus, et ce dernier caractère appartient encore à presque tous les genres de co- quilles bivalves, quelques unes exceptées, comme les Lyriodon, les Modiola.

d. La grande abondance des individus est surtout frappante dans les Térébratules , dont il est presque impossible de trouver un individu isolé, la T. perovalis exceptée.

e. Les Térébratules présentent en général à peine quelques ondulations sur leur test, on n'y voit tout au plus un seul pli; la ‘T. /oxiæ commence déja à se strier:; ce caractère acquiert plus de développement dans le second étage, et parvient à son maximum dans le quatrième, dans la "T. varians , qui respectivement à sa grandeur, offre plus de stries que toutes nos Térébratules jurassiques.

f. Cet étage en comparaison des inférieurs est assez riche en univalves, dont le nombre, comme l’a déja irès bien remarqué l’auteur de l’Oryctographie, est généralement bien inférieur à celui des bivalves. Mais les univalves de cet étage sont extrêmement petits et difficiles à recueillir; les plus grandes (de la hauteur d'un pouce) appartiennent de préférence au second cet au troisième étages.

g. On n’a pu decouvrir ici que des invertébrés et encore se rapportent-ils de préférence aux mol- Jusques. [1 n’y a qu’un seul échinoderme.

h. Des empreintes de feuilles de plantes, des restes de végétaux carbonisés sont encore l’appanage exclusif de cet étage. Dans les deux suivants on découvre, il est vrai, facilement des végétaux, mais toujours en forme de troncs bien épais, ou pétrifiés ou passant à l'état de lignite.

Passons à la revue spéciale des fossiles.

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