C'EST ASSEZ
A chaque pas faussant sa route, Le pochard veut prendre sa goutte, C'est assez.
Le dispensateur des p'tits verres Lai dit, roulant des yeux sévères, C'est assez; Va:t-en ailleurs, vilain ivrogne, Promener ta hideuse trogne, C'est assez; Tes pareils n’sont pas présentables, Nous n’soûlons qu’des gens respectables,
C’est assez.
Depuis longtemps, dans les gazettes, On nous débite des sornettes ; C'est assez.
En a:t-on fait des savonnages Pour blanchir d'obscurs personnages ?
C'est assez.
Dans les salons, on beugle, on crie :
J'attends. Rendez-moi ma patrie ; C'est assez.
On chante trop, faut que j'termine, Moi-moi, avant qu’on m’extermine ;
C'est assez.
Montréal, 27 novembre 1883.
2 2 om
LE PTIT MINTEAU.
AR: L'autre jour la beryere Annette
L'autre jour la tendre Lizette
Ayant perdu son p'tit minteau, Morvait et gueulait à l'écho Ce refrain que l’écho répète :
O p'tit minteau je me trompais Quand je me promettais de te mettre à la mode ; Hélas ! d’après mes goûts je n'aurais cru jamais
Que l’on put te croire incommode.
Je te portais sous la coudrette Quand j'attrappai le mal de dints ; | Tu connais mes intécédints Et tu fuis loin de ma chambrette.
| O p'tit minteau, je me trompais À Quand je me promettais de te mettre à la mode ; Hélas ! d’après mes goûts, je n'aurais cru jamais
Que l’on put te croire incommode.
LE P'TIT MINTEAU 193
| Avec toi j'étais si coquette, Qu'on a tout fait pour te flétrir, | Tu n'es plus là pour me couvrir Quand l'vint soufHle sur ma jaquette, O p'tit minteau, je me trompais Quand je me promettais de te mettre à la mode ; | Hélas ! d'après mes goûts, je n'aurais cru jamais | | j |
Que l'on put te croire incommode.
Jadis, dans un club de raquette,
ei
i l'u figuras sans t'émouvoir ; i Des méchints, venus pour t'y voir, Devint toi tiraient leur casquette.
O p'tit minteau, je me trompais Quand je me promettais de te mettre à la mode ; Hélas ! d'après mes goûts, je n'aurais cru jamais
Que l’on put te croire incommode,
Le minteau que ton cœur regrette i S'en vient rejoindre tes vieux os ; Peut-il connaître le repos Loin des charmes de sa Lizette ?
Oui, sur ton dos, l’minteau si court f Qu'des méchints ont ravi, que ta voix douce appelle. Hélas ! il s’'ennuyait ; il t’intind, il accourt. Pourrais-tu le croire infidèle ? 1
Montréal, décembre 1883.