‹ Terre à terre [microforme]Chapitre 7 sur 50 · PIF! PAF · texte numérisé non relu

PIF! PAF

LE

Couplets imités de la ‘‘ Fille du tambour major.

Nous courons tous après la gloire,

Et nous sommes L.urrus, agacés,

Car nous ne trouvons que déboires,

Tantôt battus, tantôt m'nacés.

Le législateur irascible

Viole la loi tout le premier,

Il est mal commode au possible,

Quand d'la boxe il est coutumier, (bis) Pif! paf! plein d'ardeur guerrière Pif! paf! d'un bras vigoureux,

Pif! paf! à coups d'pied au derrière,

« Pif! paf! ça d’vient dangereux !

l'n’fait pas bon dans notre ville Offenser un boxeur éprouvé,

Qui, d’la façon la moins civile,

Dit qu'vot récit est controuvé.

Archambault, qu'la fureur enflamme, S'acharne, à taper sur Monier,

Les journaux lui font d'la réclame,

Et l’font passer pour chicanier (bis)

Pif! paf! plein d'ardeur guerrière Pif! paf! on le dit hargneux, Pif! paf! à coup d'pied au derrière,

Pif! paf! il devient fougueux.

Ces deux lutteurs font des merveilles,

Ils se sont étrillés l’an dernier,

Lorqu'Archambault par les oreilles

Saisit le paisible Monier.

On s'était fait d'amers reproches,

On s'était traité de gueusard ;

On échangea auelques taloches

Archambault brisa son riflard. (bis) Pif ! paf! à coup d’pied au derrière Pif! paf! en avant mort-gueux, Pif! paf! plein d'ardeur guerrière

Pif! paf! on s’poch’ les deux yeux.

On prétend que la s'main’ dernière, Le combat, ayant recommencé,

Se termina d’une aut’ manière

Et qu'Archambault fut terrassé.

Il fit d'abord le diable à quatre, Deux fois à la charge il revint, Mais l’autre achevait de le battre Lorsque la police intervint (bis.)

Pif ! paf ! plein d'ardeur guerrière,

Pif! paf! on s'amuse un peu ;

pir! par! 179

Pif! paf! à coup d'pied au derrière,

Pif! paf! quel joli p'tit jeu !

Chacun réclame la victoire, Et les amis des deux combattants Racontent chacun leur histoire, Les l'aux partis semblent contents.

Archambault survit au carnage, Monier se porte on ne peut mieux ; Cet exercice à l'avantage De les rendre plus vigoureux (bis.) Pif! paf! plein d'ardeur guerrière, Pif! paf! en avant morbleu ; Pif! paf! à coup d'pied au derrière,

Pif! Pal! qu'on se brosse un peu !

Montréal, 23 octobre 1883,

D re

AIR: Cogne, p'lil garcon, cogne / u ‘ ; , i

Voyant que l’on accueille Des journaux avortons, Plus d'une grande feuille Chante sur tous les tons :

Lisez not’ feuille, feuille,

Lisez nos feuilletons.

De grandes circulaires, Ecrites à tätons,

Disent aux jeunes mères Berçant leurs rejetons :

Lisez nos feuilles, feuilles,

Lisez nos feuilletons.

C'est l’œuvre magnifique D'un auteur de renom ; Sur sa prose on trafique, Mais on cache son nom.

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton !

re

C'est un écrit sublime, Palpitant d'émotion, L'auteur y peint le crime Et la vertu, dit-on.

Vive la feuille, feuille,

Vive le feuilleton!

Admirez la morale

De cette liaison Toute sentimentale, Sans rime ni raison.

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton !

On mutile le titre,

Le lecteur voyant qu'on

Le prend pour un bélitre, Se dit: Tonnerr’ d’un nom!

“ Peste du feuille, feuille,

Peste du feuilleton !

O Monde, tu nous glisses Tes Berceaux, sans façon !

Ils ont fait les délices

Du pâtre et du colon.

Vive ton feuille, feuille,

Vive ton feuilleton !

PR TRE L AEE

PE om PE PE MAGA

Lisez donc l’Héritière, Ce récit, triste et long Parut l’année dernière Avec un autre nom.

Dans une feuille, feuille

Qu'on nomme Feuilleton.

Vos primeurs, chers confrères, Ne sont plus de saison ;

Ce sont de vieill's affaires Usé’s jusqu’au cordon :

De tristes feuilles, feuilles,

Un triste feuilleton.

En charlatans habiles, Parcourez les cantons,

Les campagnes, les villes, Criant à pleins poumons:

Vivent nos feuilles, feuilles,

Vivent nos feuilletons!

Vos écrits, vieux grimoires, Où l'esprit se confond, Valent:ils les histoires

Que chacun sait à fond ?

Vive la feuille, feuille,

Vive le feuilleton !

+ Er ARS

Comptez sur le scandale, Distillez vos poisons, Introduisez la gale

Parmi de bons moutons, Avec vos feuilles, feuilles,

Avec vos feuilletons !

Avec les cuisinières, L'élégant marmiton Singera les manières Des héros de haut ton.

Vive la feuille, feuille,

Vive le feuilleton !

L'ivrogne a ses chopines La rose a son bouton ; Sans craindre ses épines, Pourquoi l'effeuille-t.on ?

Vive la feuille, feuille,

Vive le feuilleton !

Montréal, 30 octob1: 1883

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