‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 100 sur 234 · Poétique, vi, vu ; Politique, lib. VIII, c. iv · texte numérisé non relu

Poétique, vi, vu ; Politique, lib. VIII, c. iv

3. « Quis(|«i> iu sceuaiu protUerit, ait prsetor, iufamis est. >> Digeste^ lib. II ; De his qui notantiir infamid.

182 \.i: TlIK.VTlti; l'Allî.N.

un casuiste bien sévère ; mais il trouve dans ses ^Tristes des accents aussi éftergiques que ceux de Juvénal pour marquer r influence désastreuse des spectacles païens sur les mœurs.

«Qu'y voit-on, dit-il en 'parlant de la comédie, sinon le crime paré des plus Ijelles couleurs ? C'est une femme qui trompe son mari et se livre à un amour adultère. Le père et les enfants, la mère et la fille, de graves sénateurs, se plaisent à ce spectacle, repaissent leurs yeux d'une scène impudique, ont les oreilles frappées de vers obscènes. Lorsque la pièce est conduite avec art, le théâtre retentit d'acclamations ; plus elle est capable de corrompre les mœurs, mieux le poète est récompensé: les magistrats payent au poids de l'or le crime de l'auteur ^ »

C'est le reproche que TertuUien va reproduire presque dans les mêmes termes. Déjà, Messieurs, nous pouvons conclure que l'honnêteté païenne n'était point favorable aux spectacles. Condamné comme mauvais en soi par Platon, réputé dangereux pour la jeunesse par Aristote, le théâtre ne devait qu'aux passions de la multitude de survivre à la flétrissure dont le frappaient les lois et l'opinion publique. Il ne faut donc pas s'étonner de voir les Pères de l'Église s'élever avec force contre un divertissement que les moralistes païens jugeaient avec tant de sévérité. On ne concevrait même pas qu'un doute quelconque eiît pu s'élever sur ce point parmi les chrétiens d'Afrique, si l'on ne se rappelait qu'ils sortaient du milieu d'un peuple pour lequel le goût des spectacles était devenu une véritable frénésie. Il s'agissait donc de rompre

Page 1