‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 139 sur 234 · I. De Corona mil., xi · texte numérisé non relu

I. De Corona mil., xi

r>" CAS DE CONSCIENCE Al" fil" SIÈCLE. 26o

Je ne sache pas qu'il y ait dans Démosthène une page qui surpasse celle-ci pour la vivacité et l'énergie du style. On conçoit, Messieurs, que ces interrogations redoublées tombant l'une sur l'autre comme une grêle de traits aient pu troubler la conscience des soldats chrétiens. Il faut bien avouer que la situation de ces derniers ne laissait pas d'être critique, car les devoirs de leur état ne se conciliaient pas toujours avec leur foi religieuse. Si donc le véhément écrivain se bornait à signaler les inconvénients graves qui pourraient résulter pour eux de la profession des armes, nous n'aurions aucune réserve à faire sur ce beau passage. Mais il est évident que son blâme porte plus loin et atteint le service militaire lui-même. Or, le charme de l'éloquence ne doit pas faire illusion sur le côté sophistique d'une argumentation.

Quoi qu'en dise TertuUien, il n'y a pas la moindre opposition entre les engagements contractés dans le baptême et le serment militaire. Ce serment se rapporte également à Dieu, dont le prince est le lieutenant sur la terre. Servir la patrie, c'est encore servir Dieu. L'auteur du traité sur la Couronne oublie complètement ce qu'il avait si bien dit dans l'Apologétique, lorsqu'il rappelait que les chrétiens portent les armes comme les païens, et ne se distinguent d'eux que par une plus grande fidélité à l'Empereur \ Il prétend qu'en désarmant saint Pierre, le Seigneur a désarmé tous les soldats : la conclusion est trop large. Tout ce qu'on peut tirer de ce passage, c'est que les armes matérielles ne sont pas celles de la religion; mais rien ne les exclut de l'ordre civil et politique. Saint Paul n'a-t-ij pas dit que le prince ne porte pas en vain

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