De Baptismo, vi, vu, vm
2. « In aqua pmiindHti. .Spiritiii sauclo prœparamur — siipcrvcntiiro
TFtAITi; m BAPTKMi;.
conslitut' si bien à lui seul un nouveau sacrement, que Tertullien ne craint pas d'en comparer refficacité à celle du baptême : « De même que l'acte du baptême est tout extérieur, quoique l'effet en soit tout spirituel, ainsi l'onction se pratique sur la chair, mais elle nous profite spirituellement '. w Certes, s'il n'avait pas attribué à l'onction du saint chrême et à l'imposition des mains le caractère d'un véritable sacrement, il n'aurait pas osé comparer la vertu d'une simple cérémonie accessoire aux effets du baptême, qu'il célèbre avec tant de pompe et d'enthousiasme. Ce qui pourrait tromper un lecteur superficiel, c'est que l'auteur passe sans transition du baptême à la confirmation : mais la raison en est toute simple, puisqu'au deuxième siècle l'un et l'autre se conféraient en même temps.
Après avoir décrit la matière, la forme et les effets du baptême, Tertullien résout diverses questions qu'on agitait dans l'Église d'Afrique. Il détermine fort bien le caractère du baptême de saint Jean, en montrant que ce rit transitoire disposait à recevoir la grâce, mais ne la communiquait point. Sans doute il se trompe lorsqu'il prétçnd que l'esprit de prophétie avait abandonné le Précurseur députant ses disciples vers Jésus-Christ pour lui demander s'il était le Messie. Cette démarche doit s'expliquer par un motif tout différent. En fournissant au Sauveur une occasion d'affirmer publiquement sa mission, saint Jean voulait (jue les envoyés pussent
Spiritui sancto vias dirigit ablutione delictorum. » vi. II y a doue préparatiou à im deuxième acte, qui aura pour résultat nue nouvelle effusion de rE>prit-Saint.
1. " Sic et in uobis carnaliter currit nuctio, sed spiritalitor proficit. »
recueillir cette déclaration de la bouche même de celui qu'il leur avait annoncé ^ Les adversaires de la nécessité du baptême avaient coutume de soulever une autre difficulté : Le Seigneur est venu, et il n'a point baptisé; nous ne voyons pas non plus que les apôtres aient reçu le baptême, à l'exception de saint Paul ; donc le sacrement de la régénération n'est pas absolument nécessaire au salut. Pour répondre à l'objection, Tertullien part de ce principe, que l'obligation du baptême remonte seulement à la descente du Saint-Esprit sur les apôtres ou à'I'établissement de l'Église, c'est-à-dire à la promulgation solennelle de l'Évangile. Il n'est donc pas étonnant que le Sauveur n'ait point fait usage d'un rit auquel les mérites de sa passion n'avaient pas encore attaché la vertu sanctifiante. Quant aux apôtres, ils avaient certainement reçu le baptême de saint Jean, et eux-mêmes n'en conféraient pas d'autre pendant la vie mortelle de Jésus-Christ. Cela posé, les apôtres ont-ils été baptisés dans la suite, ou non? Tertullien laisse la question indécise. Quoi qu'il en soit, (lit-il, nous serions bien téméraires de vouloir nous ériger en juges du salut des apôtres, auxquels l'élection divine et le privilège d'une union inséparable avec Jésus-Christ auraient pu tenir lieu du baptême ^. En disant que les apôtres n'ont pas administré le sacrement de baptême avant la résurrection du Seigneur, Tertullien exprime un sentiment qui a été suivi par saint Jean Chrysostôme, par le pape saint Léon, et plus tard par un certain nombre de théologiens; mais saint Augustin, et après lui saint Thomas d'Aquin se sont prononcés