‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 30 sur 234 · Tusci(lanei<,\. i · texte numérisé non relu

Tusci(lanei<,\. i

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ramour de Dieu comme source de la justice serait complète* ment absent n'aurait aucune valeur pour le salut. Voilà pourquoi Tertullien commence par rappeler aux martyrs (juc lenr caractère de chrétien les oblige à confesser leur toi même au péril de la vie. Mais le sentiment du devoir n'exclut pas l'espoir de la récompense attachée à son accomi)lissement. Exij<er de l'homme qu'il se dépouille tout à fait de sa personnalité, qu'il pratique le bien sans aucune espèce de retour sur lui-même, sur son intérêt propre, ce serait méconnaître les besoins et les conditions de la nature humaine. Nul doute que, dans un moment donné, il ne soit possible de sacrifier la vie en ne s'inspirant que du pur amour de Dieu, en dehors de toute espérance d'un bonheur futur ; mais ce désintéressement absolu ne saurait être le fait ordinaire, l'état habituel de Tàme. L'honnne aspire invinciblement au bonheur, et la théorie morale la plus puissante pour déterminer la volonté à la pratique du bien est celle qui répond le mieux à cet instinct général, en même temps qu'elle cherche dans l'idée delà justice et dans l'amour de Dieu son motif le plus élevé. De là cette fécondité merveilleuse que déployait l'Évangile. Si les martyrs affrontaient la mort a ver tant de (courage, c'est que l'attente d'une récompense éternelle les soutenait dans un sacrifice dont l'amour divin était le principe.

Après avoir fait briller aux yeux des confesseurs de la foi la couronne qui leur est réservée dans le ciel, Tertullien leur rappelle les maux inséparables de la nature humaine, et les soulfrances que l'homme n'hésite pas à endurer pour servir une cause politique. Il en conclut (pie la douleur n'a rien qui doive nous effrayer : la cause de Dieu mérite au moins autant de sacrifices que les intérêts de la terre.

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