‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 48 sur 234 · De Nat. deorutn, m · texte numérisé non relu

De Nat. deorutn, m

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voyons saint Augustin préoccupé de red'ct (|uo produisait sur les esprits cette opini(»n répandue dans le public: le saint docteur s'attache à montrer (pic Rome n'élaK nnllcmenl rede* vable à l'idolâtrie de sa grandeur passée. Terlulliciî précède dans cette voie l'auteur de la Cité de Dieu: il distingue avec soin la religion primitive des Romains (pii, en raison de sa simplicité, était moins éloignée de la vraie doctrine, et les superstitions postérieures qui sont venues étoutfcr le sentiment relij^ieux, plutôt qu'elles ne l'ont nourri ou développé. Ce morceau, qui forme la péroraison du deuxième Discours aux nations, était une réponse victorieuse au préjugé que les Romains avaient conçu touchant les causes de leurs succès politiques.

« Si ce sont les dieux qui ont donné la prééminence à Rome, pourquoi Minerve n'a-t-elle pas défendu Athènescontre l'invasion de Xerxès? D'où vient qu'Apollon n'a pas arraché Delphes des mains de Pyrrhus? Quoi! ils auraient conservé l'empire romain sans pouvoir protéger le leur ! Non, la grandeur de Rome n'est pas le prix de son respect pour ces dieux, puisque ce respect est postérieur à son élévation. Car, quoique Numa soit le premier auteur de vos superstitions, néanmoins vous n'aviez de son temps ni statues ni temples pour égarer votre zèle pieux. La religion était sobre, les cérémonies simples : on voyait seulement quelques autels en gazon, des vases grossiers, un peu de fumée qui s'en échappait, mais le dieu ne paraissait nulle part. En un mot, les Romains n'étaient pas superstitieux avant d'être grands; ils ne sont donc pas grands parce qu'ils étaient superstitieux. Et d'ailleurs, je le demande, comment le respect des Romains pour les dieux et leurs scrupuleux hommages leur auraient-ils valu l'empire,

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