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(|iril venait de (h-ilicr. (l'est (in'il lui iiiaii()iiail celle grande chose (jne nous appelons le respect, cl «pie le christianisme allait enseigner auv |ieuples. Car le respect n'exclut pas moins radnlation (pie l'insulte : c'est un mélanfïe de déférence l't de di;4nit('' ipie proiluil dans Tàme la vraie notion du pouvoir. On ne l'especte hien |e> auti'es (pie l(M'S(pron sait se respecter soi-même: et une soumission sans dignité n'honore pas plus celui (pii la reçoit que celui qui la rend. En proclamant (pie tout pouvoir vient de Dieu, le christianisme relève l'obéissance par le principe ampiel il la lait remonter, taudis (pie. d'aiilic part, il di»iiiie :i l'autorité le caractère d'un service public, en la constituant à l'image de celui qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir. Il consacre la puissance des princes et ennoblit la soumission des peuples. Ni factieu.x, ni servîtes, telle était la devise des premiers chrétiens. En y restant fidèles, les martyrs sur leurs bûchers, et les apologistes dans leurs discours, aimonçaient cette grande école du respect à laipielle devaient se former les nations chrétiennes. Le sacrifice des uns et l'éloquenc:.' des autres coiitribiiaienl ('gaiement à restaurer dans les âmes la vraie notion du pouvoir, en apprenant aux. souverains à commander sans orgueil, et aux peuples à obéir sans bassesse.
HUITIKME LEÇON
Danger qui résultait pour les chrétiens de la confusion païenne entre l'ordre religieux et l'ordre civil. — Efforts de Tertullien pour écarter des fidèles toute suspicion de révolte contre l'État. — Doctrine de la résistance passive en cas d'oppression religieuse. — Controverse entre Bossuet et Jurieu sur le sentiment des apologistes à cet égard. — Les chrétiens ne se croyaient pas dégagés du devoir de l'obéissance civile envers les empereurs persécuteurs. — Tableau de la vie des premiers fidèles. — L'Apologétique, triomphe oratoire de Tertullien.
Messieurs,
La confusion do l'ordre reliiiieu\ avfc l'ordre civil dans l'État païen devenait pour les premiers chrétiens une source de périls et d'accusations. Le refus de sacrifier aux dieux de l'empire pouvait être regardé comme une violation des lois, et les magistrats romains n'avaient pas l)esoin d'user de subtilités pour imputer le crime de lèse-majesté à ceux qui s'obstinaient à ne pas vouloir jurer par le génie de l'empereur. Nous avons vu avec quelle énergie et quelle habileté Tertullien cherche à écarter ce grief, le plus redoutable de tous, puisqu'il entraînait de soi la peine capitale. Tout en démontrant que les Césars n'ont pas droit à un culte divin, parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu, il exprime son respect pour la majesté impériale en termes qui devaient exclure le moindre soupçon de mépris ou d'irrévérence. En tout ce qui n'est pas contraire à la loi divine, les chrétiens obéissent sans murmurer aux ordres du souverain et remplissent leurs
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devoirs envers lui avec une eiili<-reli(U'lité. Ce qui prouve leur attachement au prince, c'est qu'ils prient avec ardeur pour la conservation de sc5 jours et pour la prospi^rité de l'État. Vaincus par cette argumentation, les païens renouvelaient réternelle tactique de ceux qui veulent perdre à tout prix un homme ou une société : ne pouvant nier les actes, ils suspec' taient les intentions et accusaient de conspirer en silence ceux dont ils ne pouvaient condamner les paroles :
« Mais peut-être qu'adroits flatteurs, répond l'apologiste, nous nous retranchons derrière des vœux hypocrites pour échapper au supplice par Timposture. En vérité, c'est là un artifice qui nous réussit à merveille. Sans doute, vous croyez et vous nous laissez prouver tout ce que nous voulons ! Si cependant vous vous persuadiez que nous ne prenons aucun intérêt à la vie des Césars, ouvrez nos livres : ils sont la parole de Dieu; nous ne les cachons à personne ; différentes circonstances les ont fait passer dans des mains étrangères. Vous y apprendrez qu'il nous est ordonné de pousser la charité jusqu'à prier pour nos ennemis et à souhaiter du bien à ceux qui nous persécutent. Or, quels sont les plus grands ennemis, les plus acharnés persécuteurs des chrétiens, sinon ceux-là mêmes dont on nous accuse d'offenser la majesté? Il y a plus, vous y trouverez cette loi formelle, explicite : « Priez pour les rois, pour les princes, pour les puissances « de la terre, afin que vous jouissiez d'une tranquillité com- « plète. » En effet que l'empire s'ébranle, tous ses membres s'ébranlent aveclui; et nous-mêmes, bien que la multitude nous regarde comme des étrangers, nous nous trouvons nécessairement enveloppés dans ces désastres \ »