Scorpiaque, ii, m
lorsqu'il veut lutter contre un principe malfaisant, venir à notre aide en opposant outrage à outrage, détruire la mort par la mort, repousser l'immolation par l'immolation, éloigner les tortures par les tortures, dissiper les supplices par les supplices, communiquer la vie en l'ôtant, soulager la chair en la blessant, sauver l'âme en l'arrachant. Ce que vous appelez désordre est la raison même; cette rigueur que vous accusez est une véritable grâce : le divin médecin sait tirer l'éternité des épreuves d'un moment *. »
n y a, sans nul doute, profusion d'antithèses dans le passage que je viens de lire. Tertullien se plaît dans les formes paradoxales, et abuse des jeux de mots. Mais au fond de cette période, dont les membres s'équilibrent si bien l'un par l'autre, il y a une grande idée que le prêtre de Carthage continue à développer avec autant de finesse que d'énergie. En donnant sa vie pour Dieu, l'homme se sauve de la mort éternelle qu'il avait méritée par le péché ; et les souffrances du temps, acceptées en esprit d'expiation, le préservent des peines de l'éternité. La mort du corps, quand elle est subie pour accomplir la volonté divine, est un antidote contre la mort de l'âme et un gage assuré de la vie future. En face de la récompense qui attend le témoin de la foi, le panégyriste du martyre se laisse aller à l'enthousiasme qu'excite en lui cette brillante perspective. Ici, nous retrouvons les accents généreux qui nous avaient émus dans l'Exhortation aux confesseurs de Carthage. Ce n'est plus le logicien qui discute froidement la raison du devoir; c'est le prêtre qui célèbre d'un ton inspiré les combats de la foi :