Pensées de Pascal, 2« partie, art; v, § 3 et Ai
392 TRAITÉ DU BAPTEME.
tullien qui se permette de pareilles apostrophes. Lui aussi ne craindra pas de dire ce mot resté fameux : « Le Fils de Dieu est né; je n'en rougis point parce qu'il faut en rougir. Le Fils de Dieu est mort ; il faut le croire parce que cela révolte la raison. Il est ressuscité du tombeau où il avait été enseveli ; le fait est certain parce qu'il est impossible *. » Jamais, il faut bien l'avouer, on n'a gardé moins de ménagement envers les délicatesses du sens humain : c'est l'audace du langage poussé jusqu'à sa dernière limite. Toutefois, il serait peu juste d'abuser de ces fortes expressions, comme on l'a fait plus d'une fois, faute d'en bien saisir la portée. Elles signifient tout simplement que l'incompréhensibilité d'un mystère n'est pas un motif pour le rejeter, et que le propre des opérations divines, c'est de s'imposer à l'esprit avec d'autant plus de force qu'elles semblent le heurter davantage. Or rien n'est plus vrai, si l'on veut bien reconnaître que cette manière d'agir, si étrange qu'elle paraisse à première vue, est le plus sûr moyen d'empêcher que les hommes ne confondent l'action divine avec la leur ^. Mais du reste, ni