‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 76 sur 211 · Apolog,, XXXI · texte numérisé non relu

Apolog,, XXXI

A cette preuve péremptoire TertuUien en ajoute une autre qui Test moins, mais qui ne laissait pas d'avoir une certaine force pour persuader aux païens que les disciples de l'Évangile étaient sincères dans leurs sentiments à l'égard du pouvoir. Nous avons tout intérêt, dit le prêtre de^ Carthage, à prier pour les empereurs, car nous n'ignorons pas que la dernière catastrophe qui menace l'univers, la clôture suprême du temps avec toutes les calamités qu'elle amènera, n'est suspendue que par le cours de l'empire romain. Donc demander à Dieu de retarder ce lamentable événement, c'est le supplier de prolonger la domination de Rome*, Comme vous le voyez, Messieurs, dans la pensée de TertuUien, la durée du monde est attachée à celle de Tempire romain, en sorte que la chute de l'un doit coïncider avec la fin de l'autre. Singulière idée sans doute, mais qui s'explique par différentes causes. Déjà du temps de saint Paul, la question de la fin du monde préoccupait bon nombre de fidèles. Gomme le Sauveur avait parlé conjointement de la ruine de Jérusalem et de la fin du monde, et qu'il s'était servi du tableau de la première catastrophe comme d'une image pour dépeindre la seconde, il s'en trouva plusieurs qui confondaient dans leur esprit ces deux événements : à la vue des signes qui annonçaient l'un, ils s'imaginaient que l'autre ne tarderait pas d'arriver. Pour dissiper ces alarmes, saint Paul avait écrit sa deuxième Épltre aux Thessaloniciens, où il indique la venue de l'Antéchrist comme devant précéder la fin du monde. « Or, dit-il, le mystère d'iniquité qui se forme dès à présent attend seulement, pour se manifester, que ce qui le retient maintenant

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