Ibid., xix
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l'évêque. La rivalité est la mère des schismes, a Tout est permis, a dit le très-saint apôtre, mais tout n'est pas expédient. » Qu'il suffise donc à un laïfjue d'user de cette faculté dans les cas de nécessité, quand le lieu, le temps, la personne le réclament. Alors le danger où se trouve l'un excuse suffisamment l'intervention de l'autre. Refuser à quelqu'un le secours qu'il est en notre pouvoir de lui
donner, ce serait nous rendre coupables de la perte de son âme ^ . »
Ainsi, c'est à l'évêque qu'appartient dans toute sa plénitude le droit de conférer le baptême; les prêtres et les diacres ne peuvent l'administrer sans sa permission, et le pouvoir des laïques se restreint aux seuls cas de nécessité. En désignant clairement le ministre du baptême, soit ordinaire, soit extraordinaire, ce passage nous montre encore quelle était la forme du gouvernement dans l'Église d'Afrique à l'époque de Tertullien. Un évêque occupant le sommet de la hiérarchie, des prêtres et des diacres soumis à smi autorité, voilà le ministère ecclésiastique avec les trois degrés qui le constituent. Cette organisation, nous l'avions déjà trouvée dans l'Asie Mineure et en Syrie, en Italie comme dans les Gaules : tous les monuments littéraires des deux premiers siècles en font foi, les épîtres de saint Ignace et celles du pape saint Clément, le pasteur d'Hermas non moins que les écrits de saint Irénée ou de Tertullien ; et par conséquent il faudrait une légèreté ou une audace peu commune pour prétendre qu'il ait régné la moindre divergence d'opinions
l. De Baptismo.wu:
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sur ce point capital K En tout cas, l'opuscule que nous étudions ne laisse pas subsister une ombre de doute en ce qui concerne l'Église d'Afrique. Pourquoi faut-il que le rigorisme de Tertullien vienne déparer cette belle catéchèse dans laquelle le dogme, la morale et la discipline trouvent une source de témoignages si précieux? Après avoir tant insisté sur la nécessité du baptême , il recommande de le diiïérer pour les adultes qui ne sont pas encore engagés dans le mariage, et surtout pour les enfants. L'austère moraliste craint que les uns ne profitent point assez d'un acte dont ils sont incapables de comprendre la portée, et que les autres ne soient trop exposés à perdre la grâce qu'ils ont reçue -. Il oublie que les sacrements ne sont pas destinés à rendre l'homme impeccable, que l'éducation chrétienne des enfants est d'autant plus facile qu'ils ont reçu parle baptême le principe des vertus surnaturelles, et qu'enfin la mort trompe trop souvent l'attente de ceux qui reculent dans l'avenir les obligations du présent. Aussi l'Église n'a-t-elle cessé de suivre une voie toute différente ; même en Afrique l'opinion de Tertullien sur le délai du baptême des enfants n'a guère trouvé d'écho, comme l'attestent les ouvrages de saint Gyprien et de saint x\ugustin ^ On ne peut en dire autant d'une autre erreur, au sujet de laquelle le prêtre de Carthage n'a été que l'interprète trop fidèle du sentiment reçu darfs l'Église d'Afrique. D'après Vincent de Lérins, Agrip-