‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 208 sur 223 · Cammonitoraim, c. i\. — 2. De Daptisnio · texte numérisé non relu

Cammonitoraim, c. i\. — 2. De Daptisnio

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Si l'on s'en tenait à l'une des raisons alléguées par Tertullien, on serait tenté de croire qu'il combat la validité du baptême des hérétiques uniquement parce que ceux-ci ne se servaient pas de la matière ou de la forme déterminée par le Christ. 11 parait, en effet, assez naturel d'admettre que les gnostiques adversaires de la Trinité répugnaient à l'invocation des trois personnes divines. Mais en l'examinant de près, on n'a pas de peine à se convaincre que l'argumentation de Tertullien embrasse tous les hérétiques en général, sous prétexte qu'ayant rompu la communion avec l'Église ils ne peuvent avoir le véritable baptême ^ Ce sens devient manifeste par l'étude des écrits de saint Cyprien, qui n'a fait en cela que développer la thèse de son maître; aussi toute discussion plus approfondie de cette matière serait-elle prématurée avant que l'ordre des temps nous ait amenés devant le grand évêque de Carthage. 11 est regrettable, sans doute, que le traité de Tertullien sur le Baptême porte quelques traces de son rigorisme; mais cette catéchèse n'en reste pas moins l'œuvre d'un esprit puissant et original. L'auteur ne se contente pas d'exposer le dogme avec une précision théologique ; il sait animer par le mouvement de l'éloquence une matière qui n'en paraissait guère susceptible. Chez lui l'enseignement prend toujours une forme oratoire, et la poésie du style relève une dissertation aride par elle-

1. Un pa?^sage du livre de la Pudicité prouve évidemment que Tertullien rejetait sans distinction tout baptême conféré par un hérétique quelconque : « De là vient que chez nous l'hérétique, assimilé au païen, ou, pour mieux dire, pire que le païen, est admis dans l'Église, quand il a dépouillé par le baptême de vérité la malice de ces deux hommes. » De Pudic, XIX.

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même. Soit qu'il recherche la raison intime des institutions chrétiennes, ou qu'il décrive tout simplement les rites sacrés, son imagination lui fait trouver une riche enveloppe pour les idées qu'il veut rendre. Il n'est pas de rapport d'analogie que son œil pénétrant ne découvre, ni de détail, quelque insignifiant qu'il paraisse, qui ne lui fournisse l'occasion de faire des rapprochements aussi heureux qu'inattendus. Cette application de l'éloquence à la théologie, en ajoutant à l'autorité de la science le prestige de l'art, a le plus contribué à entourer ses ouvrages d'une juste célébrité. C'est le propre des grands écrivains de savoir tirer d'un sujet toutes les beautés qu'il renferme, en prêtant à la vérité un vêtement digne d'elle.

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