Hist, nat., III
2. S. Irénée et l'éloquence chrétienne dans la Gaule, leçon IX*, p. 180 et suiv.
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que cette langue y était fort usitée. Toutefois, Messieurs, il est vrai de dire que le latin prédominait dans ces colonies ou municipes romains dont Carthage était le centre. La littérature latine, avec son caractère oratoire et son culte de la rhétorique, devait plaire davantage aux Africains qu'une imagination plus ardente que réglée portait facilement à l'enllure et à la déclamation. Aussi Juvénal appelle- t-il l'Afrique « la pépinière des avocats ^ ; » et la physionomie générale de l'éloquence chrétienne ellemême, dans cette partie de l'Église, n'est pas de nature à infirmer ce jugement. Nous n'avons pas beaucoup de noms à citer dans les annales littéraires de l'Afrique avant cette pléiade d'orateurs chrétiens qui surgissent à partir du 11'' siècle. Térence ne se rattache à Carthage que par son origine : sa langue est celle des classes cultivées de Rome où il passa presque toute sa vie, et ne rappelle en rien la patrie qui l'a vu naître. De même , le grammairien Sulpicius Apollinaire, dont Aulu- Celle fait un si pompeux éloge dans les Nuits attiques , ne nous est plus connu que par les résumés en vers qu'il mit en tête des pièces de Térence son compatriote. Le rhéteur Fronton, né à Girta vers la fin du i" siècle, nous permet de mieux apprécier, par ce qui nous reste de ses discours et de ses lettres, le genre d'éloquence qui prévalait alors en Afrique. Bien qu'il affecte de s'élever contre les froides déclamations auxquelles se plaisaient les beaux esprits du temps, son langage est fort éloigné de la noble simplicité des écrivains classiques. Le précepteur de Marc-Aurèle ne par-