Can. L, ap. .Mansi, I, p
8. Il est curieux de voir, au iv^ siècle, quelles concessions sont faites aux exigences des sexes. August., Ep.,lV, 262, 2 et 3, développe la recommandation apostolique : le mari et la femme ne doivent pas se refuser l'un à l'autre ; la condescendance que le plus fort montrera ainsi au plus faible lui sera
niant le Créateur. Qu'il se corrige ou qu'il soit déposé et rejeté hors de l'Eglise. Qu'il en soit de même pour le laïque. » Le concile d'Elvire exprime des idées analogues ' et le concile de Gangrcs (vers 325) prononce l'anathème contre quiconque blâme le mariage et méprise les gens mariés, contre quiconque garde la virginité par horreur du mariage, et contre la femme qui abandonne son mari pour une cause semblable \ L'existence de l'Église n'était conciliable avec la vie que moyennant cette tolérance, énergiquement affirmée et ouvertement sanctifiée.
III, — La question du mariage posait avec elle-même la question des enfants, puisque les chrétiens ne sauraient admettre la procréation des enfants en dehors du mariage régulier \ Les uns répétaient la parole divine : « Croissez et multipliez » et le mot du Maître : « Laissez venir à moi les petits enfants » ; ils s'en autorisaient pour donner satisfaction à l'instinct de la propagation de l'espèce et à leur désir d'une postérité ; ils affirmaient que la procréation des enfants était le but du mariage et qu'elle était nécessaire. Les autres répliquaient qu'elle n'était qu'une grossièreté ajoutée à celle du mariage et une invention du démon '*; que les soins très absorbants qu'exigent les enfants détournaient le chrétien de son salut, traînaient son esprit parmi les préoccupations matérielles et l'éloignaient du ciel \ Ces rigoristes cherchaient, et naturellement trouvaient, un sens symbolique aux prescriptions de l'Écriture qui semblaient leur donner tort °. C'est à leur thèse que se rallie Tertullien. Le chrétien, selon lui, ne doit point désirer d'enfants; il doit se contenter d'aimer ses frères en Christ et
comptée comme continence; De bono conjttg., VI, 6, tout en proclamant la supériorité de la continence, même dans le mariage, se montre d'une indulgence extrême à l'égard des époux qui ne l'observent pas et cela, même en dehors de la procréation des enfants. Toutefois, les inscriptions nous montrent quelques exemples de couples demeurés chastes dans le mariage, d'un commun accord, ainsi que le souhaitait Tertullien {De piidic, 16); voy. Le Blant, Inscr. chr., I, n"' 391, 597; Noiiv. rec, n<" 298 et 299.