‹ TertullienChapitre 376 sur 561 · Clém. Alex., Strom., IV, 21, i3o · texte numérisé non relu

Clém. Alex., Strom., IV, 21, i3o

1 1. Clém. Alex., Strom., II, 20, iio, montre que chaque esprit malfaisant

quait exactement la patience, s'il savait tirer de cette vertu, que Tertullien prisait si haut peut-être parce qu'il la pratiquait si peu, toutes les qualités de résistance au mal qu'elle comporte '. Mais il demeure de chair, c'est-à-dire fragile, car la chair n'est forte que pour porter sans faiblir un grand nombre de péchés \

Cependant, il lui est possible de s'exercer à lutter contre le mal et il ne lui est pas nécessaire d'aller chercher loin les auxiliaires : il les a sous la main et Dieu ne demande qu'à l'aider à s'en servir ^. D'abord, il tire un secours singulier de la contemplation des fautes d'autrui ^ ; puis il peut recourir à la prière ^, aux œuvres ® et surtout au jeûne \ qui brise la chair et conduit à la pénitence **, c'est-àdire au salut. Cet entraînement est pénible au début, comme il est difficile de boire une liqueur amère qui doit rendre la santé, mais on huit par s'y accoutumer et le chrétien passe à côté du plaisir qui le tente, sans plus de peine que n'en a le Jeune homme à briser les hochets de son enfance ^. En attendant la suprême \ récompense, il atteint à une haute moralité et c'est là un résultat Isur lequel Tertullien et les autres apologistes insistent beaucoup; jils y cherchent même un argument pour prouver la vérité du chris-

s'efForce de mettre dans Tàme de l'homme quelque chose de sa propre malice; c'est là l'origine des passions, contre lesquelles il nous faut lutter sans cesse; mais, ainsi que \c dit haclance, Inst. div., VI, 1 5, 3, s'il est impossible de retrancher ces passions de l'âme, comme veulent le faire les Stoïciens /«r/osi, il est au moins possible de les diriger (VI, 17, 12), comme un cocher dirige l'attelage d'un char.

1 . De patien., 7 et i3 ; de même d'ailleurs dans Cyprien, De bono patientiae, not. 5 et August., De patientia, passim.

Page 1