‹ TertullienChapitre 411 sur 561 · Strom., I, i3, 57 ; I · texte numérisé non relu

Strom., I, i3, 57 ; I

6. C'est là une idée à laquelle Clément tient beaucoup ; il s'efforce de prouver {Strom., I, i5, 66 et s.) que la plupart des premiers philosophes ne sont pas grecs : Pythagore, Antisthène, Orphée, Homère, Thaïes, entre autres, et qu'ils ont subi des influences barbares : ce qu'il y a de plus beau dans la doctrine de Platon, lui vient de l'Egypte et de l'Orient. La philosophie a donc commencé chez les barbares et n'a pénétré chez les Grecs que plus tard : oaxÉpov 5è xai elî "E>>7vT|Vaî xx':fi)>6cv(I, i5, 71). Les arguments avancés pour appuyer tout cela ne sont naturellement pas autre chose que des affirmations; plusieurs sont curieuses. (Voy. par exemple, ce qui est dit au g 72 sur les Hyperborccns, habitant au delà des monts Riphées et qui pratiquent la justice, en même temps que le végétarisme.) — Ailleurs encore, Disc, aux Gent., V, 65, Clément revient sur cette idée que ce sont les barbares qui ont fourni aux Grecs les éléments de leur philosophie. Il ne faudrait pas se prendre aux mots et voir en tout cela une préoccupation de la recherche des origines et de l'évolution des idées philosophiques; ce n'est point ce qui est en question; l'auteur s'arrête uniquement à des légendes et à des ressemblances extérieures : par exemple, il sait que les anciens Ioniens ont recherché le principe des choses, que les uns l'ont vu dans le feu, d'autres dans l'eau, etc.; il sait aussi que chez les Perses, on rencontre le culte des éléments naturels, notamment celui du feu; il en conclut que les philosophes Ioniens ont été les disciples des .Perses. C'est toujours

Saints ', mais, insuffisante en elle-même ', elle conserve, pour les païens, sa valeur d'initiation ■'. Il ne faut point s'en tenir à elle ^; mais elle est comme un olivier sauvage qui, bien greffé, devient un arbre excellent^; elle est aussi comme une noix dont toutes les parties ne sont pas bonnes à manger ^. Elle peut aider à comprendre l'Écriture \ Au reste, n'est-il pas utile de pouvoir réfuter cette philosophie des Grecs et, pour ce faire, ne convient-il pas de la connaître '' ? En conclusion, le chrétien peut l'étudier comme introduction (TipoTcaiôsîa) à la méditation de la vérité '■• ; il peut aussi s'y adonner par manière de délassement, à la condition de ne pas s'y arrêter '". Clément n'entend pas parler, d'ailleurs, de la philosophie d'une secte, mais de la philosophie en soi, c'est-à-dire de la part de vérité qui est répandue dans toutes les sectes ". Il est vrai, ainsi que le remarque Origène, que, pour séparer de la sorte le bon grain du mauvais, il faudrait étudier toutes les doctrines " ; lui-même avait prêché d'exemple '^ et Clément aussi avant lui '^ Le chrétien, dit Saint Augustin, peut prendre son bien où il le trouve, à la condition de le rapporter toujours à Dieu, son créateur '\

Sous tous ces raisonnements, il y a simplement une habitude tenace d'éducation courante "^ et un goût particulièrement fort à

ainsi qu'il procède ; son étude n'est donc qu'un travail de patience sans valeur critique.

1. Par philosophie barbare, Clément entend tout ce qui n'est pas grec et notamment les Livres Saints ; voy. Strom., II, i, i, où il essaie de préciser ce que les Grecs ont emprunté à cette philosophie.

Page 1