‹ TertullienChapitre 418 sur 561 · Strom., II · texte numérisé non relu

Strom., II

le flanc aux railleries faciles des Pères '. Le Pasteur a dit, sous Tinspiration divine : « Tout ce qu'il est nécessaire de vous révéler vous sera révélé» "^ ; il est donc inutile d'en vouloir savoir plus que Dieu n'en veut dire. C'est pourquoi nous retrouvons tous les reproches de Celse résumés dans cette boutade de Julien, que j'ai déjà citée, et qui prouve que la vraie position du christianisme vis-à-vis de la science est la même au iv^ siècle qu'au ii= : « Toute votre science tient en un mot : Croyez ! ^ » Au moins la science qu'enfermait ce mot suffisait-elle à dispenser de l'autre et un chrétien très humble, mais très croyant, en savait plus long sur les choses essentielles que le plus grand savant de son temps. La science humaine est donc en elle-même, et, en quelque sorte théoriquement, inutile aux yeux du chrétien ; elle demeure, à tout le moins, très accessoire et c'est tout au plus si les Pères en viennent à penser qu'elle puisse être de quelque utilité en préparant l'intelligence à recevoir la vérité ^ à en mieux pénétrer les mystères \ Ils condescendent également à en admettre l'utilité dans la vie ordinaire '^, ne serait-ce qu'à titre de distraction '. C'est pour cela qu'ils inclinent vers une considération de plus en plus marquée pour la rhétorique ^^ qui peut servir à défendre la vérité et pour la médecine ^, qui, à l'occasion, aide la grâce divine dans les infirmités du corps.

1. Strom.,U, I, 3; voy. particulièrement Lact., List, div., III, 23, sur diverses hypothèses de physique ; III, 24, sur l'hypothèse des Antipodes; pour Lactance, il n'y a qu'une manière de savoir en dehors de la révélation, c'est de voir, par les organes que Dieu nous a donnés à cette intention : or, que de choses ne peuvent être vues ! Nous ne les saurons jamais (7n5f. div., 3). Alors : Opinari... te scire quod nescias non est sapientis, sed temerarii potius ac stulti {Inst. div., III, 4). Il ne faudrait pas croire que Lactance soit partisan de l'expérience : il veut simplement l'humilier devant la révélation et limiter à la foi la conjecture scientifique et la science.

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