‹ TertullienChapitre 447 sur 561 · Athen. Leg · texte numérisé non relu

Athen. Leg

savoir quelque chose, tandis que le gnostique prétend tout savoir sans rien apprendre '.

On croirait que TertuUien va se ranger du côté de S. Théophile et proscrire cette culture, dont il connaît mieux que personne les inconvénients ^ ; or c'est la solution d'Irénée qu'il adopte. Il ne songe pas à proscrire les études élémentaires, cela va de soi, et bien que l'alphabet ait été inventé par Mercure, ce qui n'est pas une bonne note, il convient qu'on ne saurait se passer de lui dans la vie courante, et qu'il est nécessaire à l'étude de la loi de Dieu \ C'est l'évidence même; mais voyons en quels termes il aborde l'autre question, celle de l'éducation proprement dite \ « S'il n'est point permis aux serviteurs de Dieu d'enseigner les lettres profanes, et si, du même coup, il ne leur est point permis de les étudier, de quelle manière seront-ils introduits au présent savoir humain? Où apprendront-ils à penser et à agir, alors que l'enseignement de l'école donne le viatique nécessaire à toute la vie? Comment répudier les études du siècle, sans lesquelles il ne saurait être d'études divines? Sachons donc voir la nécessité d'apprendre ce qu'enseignent les grammairiens ; considérons qu'il n'est pas possible d'en admettre une partie et d'éviter le reste. » Le tidèle doit donc apprendre les lettres profanes, il ne doit pas les enseigner ; apprendre et enseigner font, en effet, deux : si un chrétien enseigne les lettres profanes, il rend témoignage aux faux dieux, contrairement à la loi qui défend de prononcer le nom de ces dieux et de l'employer inutilement. Si, au contraire, il se contente d'apprendre ce qu'on enseigne à l'école et qu'il repousse, sans les accepter, les fables qu'il entend débiter, il demeure aussi en sûreté dans la foi qu'il pourrait l'être dans sa vie mortelle si, un ignorant lui versant du poison, il ne le buvait pas. Voilà qui est clair : TertuUien juge indispensable à l'homme éclairé l'instruction que nous appellerons secondaire, celle que l'on recevait chez le grammairien. C'est celle qu'il a reçu lui-même et, comme ses contemporains il n'en conçoit pas d'autres; c'est surtout pour cela qu'il l'accepte, comme préparation indispensable au plein accès des vérités chrétiennes ■'. Elle n'est donc pas un but, mais un

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