‹ TertullienChapitre 487 sur 561 · Hermas, Pastor, Mand., X · texte numérisé non relu

Hermas, Pastor, Mand., X

12. Clém. Alex., Pedag., Il, v, 47: 'AXX' o05' è[nia>>tv ïlvai Iz'. îxuôpwTÔv, iXKi

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LA VIE COURANTE 5l5

de mettre en toutes choses '. 11 va de soi qu'au fur et à mesure que le christianisme s'éloigna de ses origines, les chrétiens tendirent de plus en plus à ressembler à tout le monde dans leur conversation et leur allure. Toutefois, il resta dans l'Église une réelle défiance contre la gaîté humaine, dont les manifestations ne sont pas toujours décentes, et qui est, en tous cas, source notable de distractions. D'ailleurs, cette conception du christianisme sans cesse replié sur lui-môme, qui est exprimée par S. Jacques, a toujours eu des représentants dans la chrétienté. S. Augustin, S. Ambroise, S. Jérôme opposent encore la gaîté humaine, qu'ils condamnent, à la joie selon Dieu, c'est-à-dire à l'allégresse chrétienne et à la gravité qui sied au fidèle '. C'est, en somme, sur cette impression que nous restons. Sans doute, les représentations des catacombes et les textes que nous venons d'examiner prouvent que le chrétien n'est pas toujours et foncièrement triste \ comme ils suffisent à établir qu'il est parfois très gai ; mais il ne peut rester bon chrétien en cessant d'être digne et sérieux.

En parlant, un païen se trahissait par une foule de détails : son

discours était émaillé d'exclamations, d'expressions diverses, dans

lesquelles les noms des dieux intervenaient, et telle était la force de

l'usage qu'il était presque impossible de s'en abstenir * et qu'on ne

pouvait, en tous cas, le faire qu'en se singularisant immédiatement.

On peut même dire que l'abstention complète de ces expressionscon-

venues rendait la conversation courante presque impossible. Les

lieux divers, les places, les rues étaient souvent désignés par des

noms de divinités païennes : leurs temples étaient des points de

repère tout indiqués : comment faire si on ne pouvait nommer les

dieux à aucun titre? Tertullien comprend la difficulté et la règle

qu'il pose est aussi pratique que claire : il ne faut, dans aucun cas,

appeler û?/ez^ une divinité païenne, et lui reconnaître, même par une

formule d'usage courant, comme Mehercule, une exclamation, une

malédiction, une bénédiction ou un serment, la qualité divine

qu'elle n'a pas ; ceci bien entendu, il n'est pas interdit de nommer

un dieu quand il est besoin de le faire; de dire, par exemple :

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