‹ TertullienChapitre 489 sur 561 · De idoL · texte numérisé non relu

De idoL

5l6 CHAPITRE XVIII

« C'est au temple d'Esculape » ou « au village d'Isis » ; il ne faut voir dans ces locutions que propos de conversation banale '. La limite pourtant n'était pas toujours facile à marquer, si nous en croyons S. Augustin qui, dans ses Rétractions, s'accuse d'une manière parfois assez puérile d'ailleurs, de l'avoir souvent franchie \ S.Jérôme poursuit les expressions païennes jusque dans la lecture et n'admet pas que la bouche d'un chrétien dise « Jupiter tout puissant » ou « par Hercule », même si ces mots se trouvent en quelque écrit païen; il ne faut pas le lire, voilà tout \ En général, les prescriptions de Tertullien semblent observées, à part la singulière persistance du diis manibiis [Y).M.)s\xr censàxxQS inscriptions chrétiennes, et la mention incongrue des Parques, que nous relevons sur l'une d'elles ^; on ne voit les fidèles employer les désignations païennes que dans le sens qu'autorise notre auteur ^

Un des traits caractéristiques de la conversation du chrétien est qu'elle n'était point émaillée de serments comme celle des païens et comme la nôtre. Serments inconscients, ou plutôt expressions toutes faites, manières de parler et ponctuations du discours; mais serments tout de même, à ne s'en tenir qu'au sens littéral des mots. Le Maître avait interdit tous les serments, et dit que tout ce qui dépassait l'affirmation pure et simple par oui ou par non était du démon et non de Dieu ^ et telle était la doctrine chrétienne en ce qui concernait le véritable serment, destiné à prouver ou à affirmer quelque chose '. Un mot de Tertullien pourrait pourtant faire croire qu'elle avait quelque peu fléchi de son temps : il dit que les chrétiens, eux aussi, /z/renf fidélité à l'empereur; mais, ajoute-t-il, c'est par un serment à leur manière, par les vœux qu'ils adressent à Dieu pour le souverain ^ Je crois donc probable qu'à

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