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villes, les autres n'en étaient pas non plus dépourvues; il y avait des étuves jusque dans les villages '. Les établissements de bains étaient mixtes, c'est-à-dire qu'ils étaient ouverts aux hommes et aux femmes. En théorie, les heures n'étaient point les mômes pour les uns et pour les autres \ et les honnêtes gens attachaient une grande déconsidération à la promiscuité des sexes au bain '. Quelques princes, soucieux de bonne tenue et de bonnes mœurs, avaient même pris des mesures pour l'interdire '*; ils avaient perdu leur temps, comme les honnêtes gens leur indignation. L'usage, qui trouvait des compensations à braver la morale, avait persisté à préférer les bains franchement mixtes, aux bains pudiquement séparés. Les chrétiens, qui pouvaient conserver quelque répugnance à se montrer nus devant des hommes, devaient, semble-t-il, être indignés par le spectacle des nudités mélangées, et ils devaient fuir les bains avec horreur. Telle était, en effet, la conduite de beaucoup d'entre eux ; les païens la remarquaient et la leur reprochaient \ TertuUien les en défend d'ailleurs ; il affirme qu'en cela les chrétiens font comme tout le monde et qu'ils se baignent *^ ; seulement, ajoute-t-il, ils ne se baignent pas durant la nuit des Saturnales, pour ne pas perdre à la fois le jour et la nuit; ils choisissent une heure convenable pour que le bain soit salutaire. Lisons entre les lignes et nous apercevrons la préoccupation constante d'éviter l'idolâtrie qu'implique le bain des Saturnales, et peut-être, par <( l'heure convenable » (lavor honesta hora et saliibrij, devons-nous entendre celle où il n'y a pas de femmes au bain '. Quoi qu'il en soit, cette restriction est certainement dans la pensée de TertuUien ; elle devait d'autant plus y être que, sur ce point encore, la force de l'habitude, ou l'attrait du péché, prévalaient pour beaucoup de chrétiens sur les préceptes de la morale et sur les lois. 11 en était qui fréquentaient les bains mixtes ; les preuves en abondent dans les écrits des Pères, en attendant les ordonnances des empereurs chrétiens et les canons des Conciles *. Il est même probable que c'est