De civ. Dei, Vlll
y. Clém. Alex., Pedag., H, i, i ; Cypr., Ep., \l, 6; August., Solil., I, 10,
vénients graves à l'oublier. Clément d'Alexandrie, notamment, essaie de déterminer quels aliments conviennent au chrétien, à la fois dans l'intérêt de son salut et dans celui de sa santé ' : il donne, au sujet des vins, les conseils les plus précis '. Mais, sur ces points, l'Église a si peu réussi qu'elle a gardé les vices du ventre en ellemême ; durant tout le moyen âge, ses moines ont subi, de leur fait, un interminable assaut de plaisanteries qui n'est point sans assaillir parfois encore les curés de nos jours.
En fuyant le luxe de la table païenne, le chrétien doit fuir également ses accessoires dangereux, tels que musiciennes et danseuses \ car le festin ouvert par la prière ^ ne peut finir par
17; Confess., X, 3i, 43 et s.; Ambros., De Elia et jejitnio, IV, 7 : Gula de paradiso regnantem expulit (Adam); Id.,g : Gula nudos facit, ieiunia operiunt etiam exutos; De Caïn et Abel, I, 5, 17 : Plurimos... gula sua occidit, nuUum frugalitas; Hieron., Ep., LU, 6 et 11, rappelle le proverbe grec : Pinguis venter, non gignit sensum tenuem.
1. Pedag., II, I, 1 1 ; il pencherait, quant à lui, vers le végétarisme, comme les Pythagoriciens et comme Apoll. de Thyane, lequel ne veut même pas porter d'étoffes faites avec le poil des animaux (Philostr., Apoll., I, 8). Il déclare que les viandes sont d'une digestion lente qui alourdit l'intelligence ; mais il ajoute, selon son procédé usuel, que celui qui en mange ne pèche pas, à la condition de le faire avec indifl'érence, attendu qu'il faut manger pour vivre et rien de plus : Pedag., II, i, i : r.iitv ôè ô Iliiôaywyô; èif^Uv/ r.zoT.'fféXkzi, "va Çôjtxsv • obxe -^ào è'pyov t,]j.ïv t^ Tpoph ou-zs axonoi; -fiSovr;. D'ailleurs, l'art du cuisinier est une cause sérieuse de maladies: Pedag., Il, i, 2; Strom., VII, 6, 33. Dans Pedag., II, I, 14 et s., Clément reprend la question à fond et il énumère les mets qu'il croit recommandables ; ce sont particulièrement les oignons, les olives, les légumes divers, les laitages et les fruits; tout ce qu'on peut préparer
vite et sans feu.
2. En réalité, le vin devrait être considère comme un remède en cas de maladie; la boisson la plus naturelle et la meilleure, c'est l'eau : Pedag., Il, 2, 19; encore convient-il, si on prend du vin, d'y mêler beaucoup d'eau ; eau et vin sont un ouvrage de Dieu et leur mélange est utile à la santé (H, 2, 23). Les jeunes gens des deux sexes doivent s'abstenir du vin (II, 2, 20) et les femmes s'en méfier (II, 2, 33), car il incite à la débauche. C'est une boisson utile quand on a mal à l'estomac ou quand il fait froid l'hiver (H, 2, 20); utile aussi pour les vieillards, à cause de la glace que l'âge coule dans leurs veines (11, 2, 22). Il convient d'ailleurs, si on veut vivre vieux, de boire peu en mangeant (II, 2, 2 1-23); c'est au repas du soir que le vin est le plus favorable, parce qu'il aide à combattre la fraîcheur qui tombe (II, 2, 22). II ne faut pas rechercher les vins rares et variés et chacun se doit contenter de celui qui vient dans son pays (II, 2, 3o); il importe de conserver en buvant la môme bienséance qu'en mangeant; il ne faut pas se précipiter sur la coupe comme s'il était question de vous l'enlever (II, 2, 3i) : inutile d'user de coupes précieuses, à moins qu'on n'y attache aucune vanité (II, 2, 3i). Ce n'est pas une gloire que d'être grand buveur, comme les Scythes, les Celtes, les Ibères, les Thraces^ tous hommes batailleurs : les chrétiens doivent demeurer pacifiques (II, 2, 32). — Voy. de m. Hieron., Ep., LIV, 9; il pense que le vin mène les jeunes gens à tous les vices, mais qu'il est utile pour les vieillards : qui pituita laborant frigore.