‹ Tesnier, François: Le Chrysanthème, 1906Chapitre 10 sur 13 · XII. La vogue du Chrysanthème · texte numérisé non relu

XII. La vogue du Chrysanthème

En Angleterre, quand le type à fleurs incurvées eut été amené à son plus haut point de perfection, il y eut un moment d’arrêt. John Salter était mort, et son émule, George Rundle, de Devonport, avait cessé de semer ; on mit alors à profit la facilité avec laquelle certaines variétés produisaient des branches portant des fleurs différentes ; l’on fixa ces accidents, qui donnèrent un certain nombre de variétés méritantes.

Les variétés japonaises furent peu recherchées jusqu’à ce que Simon Délaux, le premier, bientôt suivi

par d’autres producteurs et surtout par Calvat, firent apprécier les obtentions françaises de l’autre côté du détroit et montrèrent le parti qu’on en pouvait tirer. Vers 1873, on ne comptait que trente-cinq de ces variétés, mais ce nombre augmenta rapidement, autant par le fait des plantes venant du continent que de celui des plantes obtenues en Angleterre par Cannell, Laing, Stevens, Cullingford, Teesdale, Piercy, etc.

Il se produisit aussi, par dimorphisme, des feuilles panachées, seulement les plantes étaient peu vigoureuses ; cependant, en 1865, William Bull (de Chelsea), répandit le C. Sensation, à feuillage régulièrement et largement bordé de blanc.

La vogue du Chrysanthème en France ne se montra que par intervalles, où l’on vit quelques cultivateurs et amateurs en réunir des collections quand une nouvelle race surgissait ; sa floraison tardive lui donnait une grande valeur pour l’ornementation des jardins à l’arrière-saison, quand le temps était propice ; mais elle n’était réellement populaire que comme fleur de cimetière, pour orner le champ de repos. Il a fallu des procédés culturaux empruntés aux Chinois et aux Japonais et qui, quoique connus depuis fort longtemps, ne furent appliqués que récemment et firent jouir le Chrysanthème de la faveur, on pourrait dire de l’engouement général.

Il n’en fut pas de même en Angleterre, où, de tout temps, le Chrysanthème eut ses fervents ; il eut ses expositions spéciales, qui furent toujours suivies et dont les premières se tinrent en 1836, à Swansea et à Birmingham. La première Société spéciale au Chrysanthème fut établie en 1846 ; depuis, le mouvement s’est étendu et c’est par centaines que l’on compte ces associations.

XIII le Chrysanthème à la grande fleur.

La dernière étape de l’amélioration du Chrysanthème est sa culture à la grande fleur. Elle prit naissance en Angleterre et s’y développa avec succès depuis 1863, quand Fortune eût recueilli dans l'Extrême-Orient et fait connaître la pratique détaillée, qui consistait surtout à ne laisser à chaque plante que quelques branches, à chaque branche un bouton unique et à soutenir la végétation des sujets par des engrais appropriés, tout en choisissant les variétés auxquelles ce traitement est applicable.

Ces procédés furent employés sur le continent, d’abord en Belgique et dans le nord de la France, et quand, en 1887, à Roubaix, les amateurs de la région tirent voir les résultats de cette culture, ce fut toute une révélation, et l’on vit tout l’avantage que l’on pouvait retirer de la fleur ainsi transformée pour l’ornementation. En 1889, à Paris, et depuis, partout où le Chrysanthème se cultive, sans dédaigner les plantes à fleurs moyennes et plus nombreuses, ce sont les grandes fleurs qui ont eu le privilège d’accaparer l’attention aux expositions.

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