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Tesnier, François: Les Cels, 1909

Si le plus souvent le progrès ne s’accomplit que par les efforts réunis d’un certain nombre d’individus, il se peut quelquefois qu’un seul homme y suffise, aidé de son savoir, de ses capacités et quand les circonstances le pressent ou le favorisent. Tel fut le cas de Cels qui, à la suite de malheurs immérités, de simple amateur devint cultivateur et pour réussir dans ses affaires dut non seulement collectionner des plantes, mais les produire en grand nombre, en imaginant et en appliquant des moyens d’élevage et de propagation, dont on avait peu d’idées avant lui.

Jacques-Philippe-Martin Cels naquit à Versailles en 1743 ; son père, employé au château, lui fit faire ses études, et quand elles furent terminées, le fit entrer, en 1759, dans les bureaux de la Ferme Générale, à Paris, où sa probité et son esprit d’ordre lui firent confier, au bout de deux ans, la recette du port Saint-Bernard et quelques années après, la place de receveur de la barrière Saint-Jacques qui lui valut de 15 à 20.000 livres de revenu.

Ces débuts ne faisaient point présager le genre de célébrité que Cels devait acquérir : c’est fort jeune, qu’il eut l’amour des plantes et de leur culture, car, il racontait que tout enfant, il se livrait déjà à cette occupation dans le jardin de son père. Ce goût ne fit que s’accroître avec l’âge et tout en accomplissant consciencieusement les devoirs inhérents à son emploi, il consacrait tous ses loisirs à étendre ses connaissances par la lecture ; il s’appliquait surtout à l’étude des

furent pillées, et pour s’acquitter il dut vendre sa bibliothèque qui était considérable ; ce déni de justice l'affecta grandement, car il s’en est plaint : « Une loi qui ne m’était pas applicable (si des juges avaient eu le courage que leurs fonctions devaient .supposer, ou si les hommes qui dominaient alors avaient voulu être justes) m’a causé des pertes que je ne puis calculer. » A la mauvaise fortune, Cels opposa une force morale qui croissait avec les difficutés ; la ténacité qui faisait le fond de son caractère ainsi qu’un travail manuel de tous les instants, lui permirent d’abord de sauvegarder son jardin, puis de l’augmenter, et quoiqu’il dût plusieurs fois changer son emplacement, il arriva à en faire le plus bel établissement horticole de France, ainsi qu’en témoignent ses contemporains ; l’un d’eux, Dumont de Courset, qui a marqué dans les fastes du jardinage, s’exprime ainsi : « Indépendamment des connaissances de Cels en botanique et en culture et qui éloignent toute erreur, son établissement pour le commerce des plantes étrangères est infiniment utile et précieux, non seulement par l'intérêt qu’offre sa collection considérable, niais en ce qu’il est le seul où se trouvent les plantes les plus nouvelles qu’il obtient des semences que lui procu. rent ses relations étendues et qu’il cultive avec succès. Ne jouissant que d’une fortune modique, il est naturel qu’il couvre ses frais de culture par des ventes honnêtes ; il rend en cela, un vrai service aux amateurs qui ne pourraient se procurer sans lui les plantes récemment connues. » Et le peintre de fleurs, Redouté, dans son ouvrage- sur les Liliacées, rend aussi hommage à Cels : « Cultivateur botaniste dont le jardin, toujours ouvert aux amis de l’histaire naturelle, sert à étendre le domaine de cette science, et qui en recule luimême les bornes par ses observations variées sur la physiologie des plantes ». Ces deux citations montrent exactement le rôle que remplirent les cultures du citoyen Cels qui, au commencement du XIX' siècle, demeurait près le Moulin Janséniste, dans la plaine de Montrouge, à près d’un kilométré de Paris (fig. 2). Ces cultures finirent par acquérir une étendue de 10 à 12 arpents environ, surtout occupées par une très riche pépinière d’arbres et arbrisseaux d’ornement et fruitiers, ainsi que par un jardin garni de serres, de couches, de plates-bandes.

La première intention de Cels fut de borner ses cultures aux végétaux ligneux susceptibles de vivre en plein air en France ; pour connaître ceux-ci, il fallait qu’il en expérimen.

Fig. 2. — Le Moulin Janséniste (à l’angle du Chemin de Vanves et de l’avenue du Maine).

tât un grand nombre, ce qui le conduisit à cultiver tous ceux qu’il put se procurer, et parmi ceux qui n’étaient pas rustiques, il continua de cultiver les espèces les plus intéressantes sous le rapport de la science, de l’utilité, de l’agrément eu de leur histoire, ainsi que les Liliacées et une nombreuse série de plantes vivaces de plein air ; il parvint à réunir une collection qui montait à près de 3.000 espèces réparties dans 260 genres environ. Il fut ainsi amené à former un établissement commercial fondé sur de très larges bases où il aurait voulu donner des leçons sur la culture et surtout sur l’utilité des plantes et il aurait terminé cet enseignement par la publication de quelques ouvrages. Pour l’exécution de ce plan, il comptait beaucoup sur la collaboration de ses enfants qu’il élevait dans ce but ; maiis la mort de ses fils vint encore entraver ses projets.

Malheureusement, Gels n’a pas publié de catalogue, ce qui eût permis de se rendre un compte exact de ses collections ; ce fut toujours son intention de le faire, mais il voulait qu’il fût raisonné et pût être un guide utile, aussi pensait-il n’être jamais assez renseigné pour l’exécuter convenablement ; de môme, les changements continuels qui se présentaient dans une collection aussi importante où des espèces venaient à disparaître, tandis que des nouvelles s’y ajoutaient, rendaient-ils ce travail fort difficile. Dans son jardin, il employait la nomenclature linnéenne, et, pour les très nombreuses .plantes qu'il importait d’Angleterre, les noms de l'Hortus kewensis ; néanmoins, on pouvait lui demander une plante qui avait plusieurs noms, sous n’importe lequel et toujours il répondait correctement à la demande.

Ses collections s’accrurent par une correspondance qui s’étendait de plus en plus et que les situations officielles qu’il occupa rendirent plus faciles et plus fructueuses. A l’étranger, cette correspondance s’étendait à l’Allemagne, à la Hollande, à l’Espagne d’où l’abbé Cavanilles et le professeur Ortega lui envoyaient du jardin royal de Madrid les plantes qui y arrivaient de l’Amérique espagnole : d’Angleterre, il reçut des graines de Sibthorp, le botaniste d’Oxford qui, entre 1786 et 1795, avait visité deux fois une partie de la Grèce et de l’Asie-Mineure, puis un peu plus tard par l’entremise de Banks et des jardiniers royaux, Aiton père et

fils, tous les beaux et curieux végétaux que l’on introduisait continuellement de cette source inépuisable qu’était la Nouvelle-Hollande ; il avait spécialement appris la langue anglaise pour faciliter ses relations avec les cultivateurs de ce pays. Ses correspondants français étaient répartis sur tout le territoire et il montrait une grande reconnaissance à Thouin, du Muséum, pour les végétaux qu’il lui avait communiqués.

Chez Cels, le savant, le curieux, ne s’effacèrent jamais devant le marchand et il faut bien dire que dès qu’une plante devenait commune, qu’elle courait les quais, comme il disait, il ne la cultivait plus quelque avantageux que cela pût être. De plus, il n’aimait pas à vendre aux autres cultivateurs, ce qui n’empêchait pas ceux-ci de se procurer indirectement ce qui leur plaisait chez lui ; de môme, il monD-au peu de sympathie aux amateurs ignorants, aussi ne s’est-Ü pas enrichi, et ses dépenses qui ôtaient considérables, ub sorbaient tous ses bénéfices. Il s’attachait de préférence aux espèces rares dont la culture, était difficile et peu connue ; il aimait à surmonter les difficultés et savait découvrir les procédés qui pouvaient les rendre plus nombreuses, et ce fut là son mérite d’avo’r mis à la portée d un grand nombre d’amateurs non seulement les plantes, mais les moyens de les faire prospérer ; il prépara ainsi la voie à de nouveaux progrès et. aux nouvelles niantes que l'on allait introduire en nombre de plus en plus grand.

Cels dut scs succès dans la culture à sa connaisse n principes des diverses sciences qui sont en rapport avec les végétaux ; il demandait à la botanique de connaître les plantes et surtout leurs affinités : à la physiologie, les lois qui devaient l’éclairer dans les diverses phases de la végétation ; à la chimie, l'étude du sol, des engrais ; à la géographie, ce que l’on peut savoir de leur station originaire ; à l’entomologie, la connaissance des insectes nuisibles et comme conséquence les moyens de les combattre ; il y joignait la comparaison des faits connus et arrivait par le raisonnement à trouver le traitement le plus propre à faire prospérer des végétaux dont on ne connaissait pas d’analogues. Cette pratique, il l’enseignait à ses élèves, et de son jardin sortirent de

jeunes jardiniers qui, à leur tour, la portèrent au loin et complétèrent son œuvre.

Il mit aussi libéralement ses richesses végétales a la disposition de ses correspondants ; il aida quelques-uns à former des collections considérables ; il fut d’un grand secours à plusieurs Ecoles Centrales pour établir leurs jardins d’études, et 1 ’llortus lcewensis atteste que de 1787 à 1802, le jardin de Kew lui dut un certain nombre de plantes nouvelles.

Ce jardin était largement ouvert à tous ceux, botanistes et peintres, qui décrivaient les plantes nouvelles dans de beaux livres qui étaient alors fort à la mode, et Cels ne leur ménageait ni les conseils, ni les remarques. Un de ces ouvrages qui fit beaucoup pour la réputation de ses cultures fut le livre in-folio paru en 1800 sous le titre de Description des plantes nouvelles et peu connues cultivées dans le jardin de J. M. Cels, mais plus connu sous le nom de Jardin Cels , qui était dû à la collaboration de Ventenat pour la partie descriptive et de Redouté, qui l’orna de cent planches, où brillait tout son talent ; en 1803, les mêmes auteurs en firent paraître une suite sous le titre de Choix de plantes d\mt la plupart sont cultivées dans le jardin de CelsS C’est encore ce jardin qui fournit d’importants matériaux, entre autres à L’Héritier pour ses descriptions de plantes nouvelles ; à A. P. de Candolle, pour son ouvrage sur les Plantes grasses ; à Redouté, pour ses Liliacées.

Quoique Cels eût appartenu à l’ancienne administration et qu’il se tint à 1 écart, l’intégrité de son caractère et ses grandes connaissances en économie rurale le lirent désigner pour entrer dans la Commission et ensuite dans le Conseil institué près le Ministre de l’Intérieur, pour éclairer l’administration sur les besoins de l’agriculture, rechercher les moyens de les satisfaire, ainsi que pour étudier les nombreux projets plus ou moins fantaisistes que l’on soumettait au ministre.

Dans ces moments difficiles, où sous prétexte de réformes, on bouleversait tout, cette Commission rendit de signalés services ; Cels déploya une grande activité pour empêcher, dans la mesure du possible, la destruction des établissements de l’Etat- où de propriétés particulières dignes d’être conservées.

Il contribua également à la fondation et au fonctionnement de divers établissements agricoles, comme celui établi dans le parc de Sceaux, où, de 1794 à 1798, eurent lieu de nombreux essais sur les labours, les semis, les instruments aratoires, la culture encore peu connue de beaucoup de plantes, les engrais, les prairies, les assolements, les maladies des plantes, etc. ; quand en 1798, le parc de Sceaux lut vendu, il prit une part importante au transfert de cet établissement à la ménagerie de Versailles, mais le manque de ressources empêcha de continuer les expériences commencées.

Gels s’était livré, pour le compte du gouvernement, à des recherches sur le meilleur mode d’amenagement des arbres et sur la conservation, des bois. La plantation d’arbres utiles l’a intéressé plus particulièrement ; il recommandait vivement de s’y appliquer et combattait l’opinion qui rien voyait que les résultats lointains, en faisant ressortir tous les avantages que l’on obtiendrait dans l’avenir. Il possédait dans ses pépinières, une grande quantité de jeunes plants de Chênes, de Noyers, d’Erables, etc., provenant des graines rapportées en 1803, de l’Amérique du Nord par Michaux fils. Au début de la Kévolution, quand on détruisit les grandes propriétés d’agrément, il conseillait de les replanter en Pins, en Epicéas, ce qui aurait été plus avantageux que la culture de la Pomme de terre ou du Seigle, vu la mauvaise qualité du sol. En 180Ü, dans un travail sur l’Enseignement de l’économie rurale, il s’exprimait ainsi au sujet de la dendrotechnic ou art des forêts : « Si l’on avait fait en France pour cet objet, ce qu’on a fait pour d’autres branches d’instruction, comme les ponts et chaussées, par exemple, nous aurions de belles forêts aiinsi que de belles routes, sans remonter aux causes de cette différence, n’oublions pas qu’il est d'autant plus pressant, dans cette partie d’appeler l’art au secours de la nature, de faire concourir l’instruction aux autres moyens de gouvernement, que la destruction progrlssive des forêts étant une suite nécessaire de l’augmentation de la population l’anéantissement des nôtres- devra promptement arriver. Les connaissances pratiques s’acquièrent dans les forêts, mais elles ont besoin d’être aidées de celles de la théorie ; deux ecoles spèciales devront leur être destinées auprès des grandes forêts l’une au Nord, l’autre au Midi. »

Ce tut surtout pendant ses fonctions oflicielies que l'énergie et la termeté de Cels eurent occasion de se montrer tantôt pour résister à la violence, tantôt pour combattre les malhonnêtes gens qui cherchaient à circonvenir l’administration ; s’il ne réussit pas toujours, son courage et son indépendance ne taihlirent jamais et cela lui valut la réputation d’ëtre un nomme dur et entier.

Quoique son nom ne soit pas cité, il prit une grande part à la rédaction des Avis et instructions adressés par la Commission aux hahitants des campagnes pour les guider dans leurs travaux ; en 171)4, il collabora à l 'Annuaire du Cultiva teur qui, par décret de la Convention, fut imprimé et envoyé dans toutes les écoles de la République. Il coopéra aussi activement à la préparation du code rural et prenait comme base des règlements, le droit qu’a le cultivateur d’exploiter sa propriété par tous les moyens qui lui semblent utiles, du moment qu’il ne nuit pas à ses voisins.

A la création de l’Institut, Cels dut à ses capacités pratiques d’être appelé à en faire partie dans la section d'Economie rurale ; de même, il fut nommé membre de la Société d’Agriculture de la Seine quand on la rétablit en 1799. Dans ces deux corps savants, il montrait le même zèle que dans ses missions administratives, remplissant ponctuellement les devoirs qui lui incombaient dans les commissions dont il faisait partie et là encore il fut à même de rendre bien des services ; la brusquerie de ses manières et la vivacité avec laquelle il exprimait ses opinions, ne l’empêchaient pas de jouir de l’estime de ses collègues, qui faisaient grand cas de ses avis présentant toujours un grand fonds de vérité et inspirés par l’amour du bien public.

On voit parmi ses travaux soumis à l’Institut : un rapport sur les moyens d’économiser l’emploi et la consommation du bois f une note sur le Bobinia vitcosa qu’il présentait comme une acquisition utile ; un rapport sur le projet d’un plan pour l’établissement de fermes expérimentales ; il fit partie de la commission chargée d’examiner le procédé d’Achard, de Berlin, pour l’extraction du sucre de la Betterave et qui concluait « que la Betterave pourra jusqu’à un certain point suppléer la Canne à sucre ». Antérieurement,

dans un rapport sur une culture de Canne à sucre entreprise à Nice, par Bermond, il concluait que la culture de cette

Fig. 3. — Robinia viscosa (extrait du Jardin Cels).

plante dans le Midi de la France n’était pas possible.

A la Société d’Agriculture, il s’occupa surtout de l’instruc-

tion des cultivateurs et fit partie des commissions qui avaient cet objet en vue ; il présenta dans ce but, un ouvrage élémentaire par demandes eti par réponses « remarquable par le choix des questions et la précision des réponses » ; puis dans un mémoire sur l’enseignement de l’Economie rurale, il préconise trois degrés d’instruction et recommande surtout de joindre à la théorie de l’école, la pratique des champs.

Il fit partie de la commission que la Société d’Agriculture chargea de publier une nouvelle édition au Théâtre d'Agriculture d’OIMer de Serres ; il rédigea les deux premiers prospectus de cet ouvrage présentés à l’Institut en 1797, et en 1800, il donna des notes sur les Blés, sur la Vigne, où tout en montrant une grande érudition, il constate la difficulté de reconnaître les variétés des anciens et de les rapporter à celles citées par Olivier de Serres, ainsi qu’à nos variétés modernes. Il annota aussi les parties relatives aux arbres fruitiers et aux Mûriers et donna la synonymie botanique correspondant aux noms vulgaires des arbres cités dans cet ouvrage. Il collabora aux Annales de VAgriculture française et en 1800, quand on rétablit la Pépinière du Luxembourg, il fut nommé Inspecteur général des Pépinières nationales.

Quoique Cels eût l’intention de publier les nombreuses observations qu’il avait faites, il n’a laissé que peu d’écrits sous son nom ; cela est fort regrettable, car dans ce cas, il aurait sans nul doute mis en pratique les principes qu’il recommandait : « Sans ordre, les ouvrages qui pourraient être les plus utiles, apprennent en général peu cle choses et font perdre beaucoup de temps. Il existe une grande quantité de volumes sur toutes les parties des connaissances humaines et cette quantité même dépose contre leurs progrès ; car si l’on avait trouvé la marche de la nature, quelques pages auraient suffi pour l’énoncer. En attendant, ceux qui ne sont point appelés à faire de nouvelles découvertes, n’ont d’autre tâche à remplir, qu’à présenter sous une meilleure forme celle des autres. Tout secondaire que soit ce métier, il n’est pas très commun et il n’appartient pas à tout le monde de préciser avec clarté, ce qui existe de mieux dans chaque branche de connaissance. Ce travail fait, on ne doit ouvrir la bouche que pour faire connaître de nouveaux faits. >> Aussi, on con-

çoit que les mauvais livres d’agriculture excitaient d’autant plus vivement son indignation qu’ils étaient destinés à un milieu peu instruit et peu capable de les juger.

A la fin d’avril 1806, au retour d’une séance du Conseil d’Agriculture, Cels gagna une fluxion de poitrine et malgré la force de sa constitution, expira le 15 mai suivant et fut inhumé à Montrouge. Il montra dans sa vie une grande indifférence pour la fortune, les honneurs, la gloire, ne s’attachant qu’aux progrès de la science, à son jardin, aux intérêts publics qui lui étaient confiés ; il ne concéda jamais rien sur ce qu’il croyait la justice et la vérité ; on le craignait pour sa sévérité et la raideur de son abord, et pourtant pendant la période révolutionnaire, il n’hésita pas à participer au salut de plusieurs proscrits, entre autres le botaniste L’Heritier.

1. Note sur les plantes introduites chez Cels par les voyageurs français.

Parmi ces voyageurs, on comptait André Michaux qui d’abord de 1782 à 1785, parcourut la Perse d’où il rapporta le Primula longifolia, le Lun aria suffruticosa , etc., puis à partir de 1786, explora pendant 11 ans l’Amérique du Nord, où il lit une ample moisson d’espèces nouvelles : Y Acacia hispida , l'Aster sericeus, le Cypripedium pubescens, le Dalea purpurea, 1 ’Eupalorium speciosurn, YUclonias bullata, les Hypericum dolabm forme pyramidatum et Iriplinerve , Ylllicium parviflorum, le Polygonum polyganum, le Podalyriaaustralis , le Robinia viscosa , auquel Cels s’intéressa vivement, le Rhododendron puncialum, le Rudbeckia pinnala, le Tagetes papposa, le Tradescantia rosea, le Trillium rhomboidcum , etc., etc. Puis ce fut Bosc qui résida de 1789 à 1800 aux Etats-Unis, dans les Caroüncs, d’où il rapporta VAchillea aspleniifolia, lAntirrhinum canadense, le Befaria racemosa, le Cha.plalia lam.ent.osa , le Cistus carolinianus , le Dracocephahim variegalum , le Ranuvculus echinalus, etc.

Olivier et Bruguière qui remplirent une mission en Perse, de 1794 à 1798, rapportèrent de nombreuses graines parmi lesquelles YAlyssum mutabile, le Celsia lanceolata , le Cheira.nl.iius longipelalus, le Dianthus procumbens , Vlnula gnaphalioidcs , le Lilhospermurn decumbens, le Michauxia laevigata , le Nepeta longiflora, le Silene longipelata, le Sparlïum parviflorum, etc. . ,

Broussonet, pendant le temps qu’il demeura hors de France, envoya des graines des pays où il résida successivement, entre autres du Portugal, le Stalice fasciculata, etc., ; du Maroc, le Vicia atropurpurea , le Plantago vaginata , le Ny-

lerinium cordiÇolium, le Lavalera, phœnicea, le Convolvulus scoparius, etc.

Joseph Dombey, qui avait, exploré le Pérou de 1776 à 1784 avait, rapporté le Colletia abeordata , le Gauiheria antipoda. Nectoux, en 1797, fit parvenir d’Egypte le Cenlaurea pron[era. Delahaye, du Jardin des Plantes de Paris, qui lit partie de 1791 à 1796 de l’expédition d’Entrecasteaux, envoyée à la recherche de La Pérouse, rapporta de ce voyage, le Crolalaria semperjlorcns, les Mimosa lophanta et dislachya, le Plcolylobium Celsianum, le Tourne(ortia mirabilis etc. Un autre jardinier du Muséum, Riedlé, qui fut attaché à l’expédition du capitaine Baudin en 1796, rapporta de Porto-Rico, le Citharexylum peniandrum , le Ceslrum macrophyllum , le Gueltarda scabra, le Riedlea serrata, le Tourne[ortia lauri[olia.

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