SIXIÈME ADDITION
Le Dimanche 27 Descaiies 68 (2 novembre 1856).
Plusieuis de mes exécuteurs testamentaires m'ont bientôt signalé, dans l'ensemble de mes dispositions posthumes, une grave ditïiculté, fondée sur la législation actuelle envers la propriété littéraire. L'indigne épouse obtenant ainsi la possession légale de tous mes ouvrages, imprimés ou manuscrits, dont le produit augmenterait par ma mort, leur vente lui permettrait de neutraliser mon testament en renonçant à sa pension. Afin de prévenir ce désastre, j'ai d'abord projeté de vendre immédiatement l'ensemble de mes écrits aux deux éminents disciples qui firent les nobles avances ci-dessus mentionnées. Ils auraient aussitôt accompli ce payement en renonçant à toute restitution de ces avances et des intérêts correspondants. En outre, ils se seraient religieusement engagés, devant trois positivistes choisis, à verser an fonds (ypayrapliique tous les produits d'une telle possession après leur entier remboursement. J'aurais ainsi surmonté
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la (lilficulté signalée, tout eu uiaiuteuaut ma lésoluliou saoïée de ne jamais retirer un gaiu personnel de mes travaux quelconques. Mais, au moment d'organiser cette solution, je l'ai finalement écartée en vue du fonds typographique, que je dois seulement transmettre sans pouvoir l'aliéner.
Ce fonds appartient au Pontificat de l'Humanité pour subvenir aux fiais des dignes publications. La loi m'autorisant à donner mes livres et leurs éditions quelcouipies, je puis, de mon vivant, tiansmettre cet ensembleàmon successeur, religieusement obligé de n'en user- qu'après ma moit et d'en faire un pareil don au pontife suivant. Si je meurs avant d'avoir- dignement institué nia succession pontificale, je donnerai ce fonds au disciple le mieux propre à l'employer- conformément à sa destination.
(Juelque grave que soit le danger signalé, je ne dois jamais l'écarter par des mesures purement temporelles, qui, directement contraires à mon caractère sacerdotal, seraient d'ailleurs insutJisantes. Le risque auquel m'expose une telle conduite est normalement préférable à l'altération volontaire de la précieuse institution que j'ai péniblement fondée. Obligé, suivant ma mission, de ne jamais recourir qu'aux garanties spirituelles, je destine cette addition à flétrir d'avance toute atteinte qu'on tenterait, après ma mort, d'apporter au fonds typographique en abusant d'une vicieuse législation. Si l'indigne héritière voulait légalement vendre ma propriété littéraire, mes exécuteurs testamentaires pourraient moralement annuler ce projet en invitant, en mon nom, tout vrai positiviste, à ne jamais acheter une telle édition. Convenablement accomplie, et reproduite avec opportunité, cette exhortation détournerait un éditeur d'avancer la somme qu'exigeraient, avant la réimpression projetée, les reniboursements dont le fonds ty])ographi(|ue est actuellement grevé.