‹ Testament de sa vie première, recueilli et expurgéChapitre 18 sur 33 · VIERGE NUBILE · texte numérisé non relu

VIERGE NUBILE

Ma gorge fourmille et brûle...-

Mes seins douloureux se distendent,

Tirent en afifamés sur mon cœur en tumulte.

Tirent à l'arracher... Je souffre !..

Me brûle et me pèse mon ventre, De lancinants frissons y entrent, Et me remontent jusqu'au cœur...

Mon sang coule de moi comme l'eau d'une source, D'affreux frémissements me secouent, et alors. Je brûle et je grelotte...

Des images qui me font honte (En même temps je sens bien que je les désirel) La nuit montent, montent m'assaillir...

Ah ! je souffre !...

Les filles, les hommes, me troublent

Aussi chaleureusement.

Et l'instant d'après me font peur...

Mes seins tumultueux et lourds tirent mon cœur...

Une aube. Au délicieusement harassé réveil de l'amoureuse nuit, et la caresse glacée de l'eau vive, inondé de voluptueuses langueurs nos corps, et que l'aérienne légèreté du peignoir aux nuances pâles environnera tes jeunes formes, alors tu développeras toutes les élégances de ce corps chéri dans la profondeur de quelque chaise longue ;

Ton buste cambrant, renversée en arrière, vers moi, ta tète mignonne écoulera ta chevelure, molle cascade de lumière, jusqu'au sol :

J'atteindrai un peigne, lentement te peignerai : fleur blonde et rose émergeant la caresse du tissu, ta gorge enflera, montante, descendante, déchargera en moi ses arômes captieux...

Les dents aiguës du peigne creusent, divisent ta chevelure, m'en expriment l'électricité lourde; elles grattent l'épiderme de la nuque, le tendre épiderme de la nuque, irritent cette chair — et se lieront, se fondront les chaleurs de nos sens :

Elle hésite, elle vacille, cette main qui plonge le peigne ; l'autre main se dérobe à ton épaule, la découvre, glisse aux moelleuses élasticités du col — là. sous la joue veloutée — 6 duvet de fruit point cueilli 1 —

Ravis de fièvres, ta poitrine, ton ventre meuvent comme les vagues, tes jambes s'étirent, se lient Tune à l'autre...

Voilà que tes deux bras crispés aux bras de la chaise jaillissent, agiles tentacules blancs, agrafent mon cou, attirent à ton visage mon visage obéissant.

Et nos lèvres se pétrissent, se détache ton vêtement, et sans paroles se soudent nos chairs...

Page 1