‹ Testament de sa vie première, recueilli et expurgéChapitre 2 sur 33 · PRIÈRE FERVENTE AVANT D'ENTRER · texte numérisé non relu

PRIÈRE FERVENTE AVANT D'ENTRER

Grand Dieu 1 Mon Dieu 1 sublime Maître I Si tu daignes la grâce d'être

Tel que t'ont fait — ou le paraître — Le Fou, le Poète, le Prêtre,

Si tu t'occupe" un peu de nous, Millions de milliards de poux Fourmillant, les glorieux fous, Sur les milliards de grains de boue,

Si tu suis chacune vermine A la fois — et je m'imagine Cette omniprésence divine Si simple, quand on examine ! —

Dieu un sous l'intini des Dieux !

Dieu toujours futur, et plus vieux Que l'Eternité ! en tous lieux Manifeste, invisible aux yeux !

Mon imperceptible existence Égale pour Ta Providence Tout l'Univers en importance Ni moins ni plus — et le balance :

Grand Dieu, sois favorable et bon Envers ton enfant vagabond ; Aie pitié de son abandon Et dispense-lui ce seul don :

Non les richesses de la Terre : Pour mon grand cœur c'est la misère, Bonheur ni science : j'en sais faire, Mais, Je pouvoir d'être sincère!

— Mais mon destin est arrêté Depuis toute TÉternité ; Toi ni moi n'en pouvons ôter Rien, comme lui rien ajouter :

Si même, hypothèse impossible.

Absurde, un angle imperceptible M'allait écarter de la cible Où m'implante Notre inflexible

Fatalité, l'unique Loi, Moi, tout l'Univers avec moi S'effondreraient, et même Toi ; Grand Dieu, finirions à la fois!

DEVOIRS D ECOLIER

Le Printemps m'a percé le cœur Et je me meurs avec bonheur De la frissonnante blessure :

Le Printemps m'a percé le cœur Et j'en expire de bonheur I

Je deviens femme, je sens bien, Je rentre au grand Tout féminin.

Nature, l'infinie femelle...

Je deviens femme, je sens bien, J'ai faim de viols gonfler mon sein...

C'est trop de fleurs, c'est trop de fleurs! Trop d'exténuantes odeurs...

Ah fadeurs!... je m'y sens dissoudre...

C'est trop de fleurs ! c'est trop de fleurs ! Je sens s'y dissoudre mon cœuri

Mon cœur s'est envolé de moi,

Dispersé dans lair et les bois...

Mon sang coule avec l'eau des sources...

Mon cœur s'est envolé de moi,

Je ne suis plus rien qu'une voix,

Je ne suis plus rien qu'un parfum, L'un des mille parfums si fins Haleine immense de la terre...

Je ne suis plus rien qu'un parfum, Qui vibre, insaisissable... et rien !...

Je suis bulle d'air voguant dans l'eau de la source, Bulle de buée d'eau qui balance en la brume Violette autour du soleil sanglant des soirs Sous le ciel vert et bleu, lavé de vapeur d'or ; Je suis encor bondissante odeur en délire. Dont les brises du crépuscule se parfument ; Ou l'aérien arc-en-ciel versicolore.

Voltigeante auréole aux fins jets d'eau sonores, Friable diamant d'eau dans la neige, ou l'écume Sur la vague dansante et qu'allume la Lune...

DEVOIRS d'écolier

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