LA SYMPHONIE EN SI
de Robert Schumann
Oh Robert, je te vois !
Bel étudiant d'Heidelberg ou de Bonn,
Tes longs cheveux blond fade,
Ta barbe fade et molle Et ta petite toque querelleuse.
Et ton grand sabre plat, qui brimbale et cliquetaille :
C'est dimanche matin, '< C'est aujourd'hui dimanche, dimanche, dimanche.
'< C'est le jour du repos I // Comme aux opéras comiques et matrimoniaux,
Toi, tu vas, allongeant tes longues jambes maigres
(Et le grand sabre plat
Qui tressaute et cliquetaille Si tapageusement sur les pavés pointus!; Vers ce chemin où ta petite Gretchen à toi
Si lentement, s'en vient La rouée 1 Afin que tu la rencontres sûrement...
Et puis, et puis, et puis, nous savons la chanson,
C'est toujours, n'est-ce pas, la même ?...
l8 TESTAMENT DE SA VIE PREMIÈRE
F,t puis, et puis, et puis, on s'en revient tout seul Le long du fleuve Gris bleu qui roule et fuit Avec des colères emportées...
On soliloque philosophiquement Et très doctoralement, Analyse selon Hegel et Fichteet Kant, La substance de son amour.
On a des éblouissements De sa propre profondeur...
Et puis on redescend du nuage bleu clair
Substantiel pas assez, Et l'on donne des forces à sa philosophie :
La brasserie, La mangeaille et la bière et les pipes (Et toujours ce pendard de grand sabre!). Et les lieds qu'on soupire, Et les lieds qu'on vocifère (Et toujours le grand sabre Qui fait un train d'enfer)...
Et les dissertations politiques et philosophiques Qui font trembler les vitres, Et les chopes qu'on entrechoque.
Et puis, etpuis,et puis, broum ! on roulesous lestables, Et la philosophie avec, Et l'amour bleu clair, Et le sabre aussi, Tout ça roule, Tout ça coule, Et s'écroule Dans la nuit !
DEVOIRS d'écolier I9