‹ Testament poétiqueChapitre 52 sur 112 · SERENADE · texte numérisé non relu

SERENADE

Dans le bleu de la nuit paisible Blanchit l'étoile du berger.

— Écoute l'amour invisible, Et qu'il te fasse un peu songer !

Pour un moment, si tu t'éveilles, Lise, en ce grand silence, entends Deux voix tristes à tes oreilles, Une au dehors, une au dedans.

L'une, c'est le grillon qui crie, Tout doucement, dans l'àtre noir ; L'autre, c'est l'amour qui te prie Dans la rosée et l'air du soir.

Je viens par les champs d'une lieue A ta porte où j'attends toujours.

Toute la paix de la nuit bleue N'a pas apaisé mes amours.

Le ciel est beau comme une église.

Tout repose, excepté mon cœur.

Ta mère sommeille, ô ma Lise !

Lève le loquet, chère sœur !

Une étoile blanche étincelle.

Si ta mère s'éveille au bruit, Le grillon avec sa crécelle La rendort petit à petit.

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