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INDO-CHINE

(Questionnaire, page 91. — Carte et résumé, pages 88 et 89).

399. — lie relief et les eaux de l' Indo-Chine. — Comme la Chine, la presqu'île Indo-Chinoise est une dépendance orographique de la terrasse élevée du Tibet.

Les rameaux montagneux qui s'en éloignent semblent avoir été étranglés, pressés les uns contre les autres par deux forces venant en sens contraire (sud-ouest, nordest). Au-delà de cet étranglement, on les voit s'étendre en éventail et former, en général, d'immenses plateaux étages jusqu'à la mer.

On doit remarquer que ces montagnes resserrent les vallées supérieures de 5 grands lleuves : le Yang-tse-Kiang, le Mé-Kong, le Salouen, VIraouady et le Brahmapoutre, qui n'occupent alors en largeur que 400 kilomètres environ. Il existe au contraire plus de 3,000 kilomètres, à vol d'oiseau, entre les embouchures des deux fleuves extrêmes.

Les fleuves indo-chinois descendent de plateau en plateau jusqu'à la mer; ils sont encombrés de cataractes et de chutes et, par cela même, à peu près inutiles pour les relations commerciales avec la Chine. La longueur et l'irrégularité de leur cours les chargent de matériaux arrachés aux terrains mous qu'ils arrosent : de là la formation de deltas gigantesques.

3 9 9. — Recherche «les routes coin merciales entre T Indo-Chine et la Chine. — Rangoun, Bankok, Saïgon, Hanoï situés dans les deltas des fleuves indo-chinois (Iraouady, Mé-nam, Mé-Kong, Song-Koï) sont les quatre points où vient se concentrer le commerce de l'intérieur de la presqu'île; mais, depuis longtemps, les Européens ont cherché à en faire des débouchés pour le commerce de laChinemeridionale.il

fallait pour cela trouver des voies praticables, et les vallées des lleuves semblaient les routes indiquées.

Dès 1866, le gouvernement français fit reconnaître la vallée du Mé-Kong par le capitaine de frégate Doudart de Lagrée. La canonnière qui portait la mission n'ayant pu dépasser Cratieh, il fallut employer des pirogues du pays ; on arriva ainsi devant les cataractes de Kong (15 m. de hauteur) devant lesquelles on dut abandonner la voie du fleuve et continuer par terre. La mission put atteindre le Yunnan au milieu de dangers sans nombre, mais il était prouvé que le Mé-Kong ou sa vallée ne pouvait servir de voie commerciale. Le commandant Doudart de Lagrée avait succombé aux fatigues du voyage.

Cette tentative donna aux Anglais l'idée de faire le même essai par l'Iraouady. Le fleuve est navigable jusqu'à Bhâmo (9 jours à la montée, 4 à la descente); mais au-delà de ce point, il faut prendre la route de terre à travers un pays hostile, où l'on rencontre des difficultés de toute nature.

En 1868, le major Haden dut rétrograder devant l'insurrection du Yunnan.

Six ans après, la reconnaissance fut tentée en sens inverse par M. Margary qui, deChanghaï, put atteindre Bhdino (1871-75); mais, en ce point, des bandes armées s'opposèrent au passage de l'agent anglais qui fut assassiné.

Ces deux tentatives infructueuses prouvaient que l'Iraouady ne serait pas, de longtemps au moins, une route praticable vers le Yunnan.

38©. — l.c Song-Koï ou fleuve Kouge. — Un négociant français, M. Dupuis, avait été plus heureux du côté du Tonkin. Parti de Changhai, il avait pu descendre du Yunnan par le Song-Koï, atteindre Hanoï et

revenir en Chine par la même voie (1869).

Ce fleuve offre d'ailleurs des conditions beaucoup plus favorables que les deux autres : c'est le moins long des fleuves indochinois, il n'a guère que la moitié de son cours dans les montagnes, et les seuls obstacles y sont quelques rapides qui obligent à alléger les barques pour leur traversée.

Le Song-Koï est une voie commerciale très ancienne. C'est par là que le Yunnan reçoit le sel, les épices et le coton du Tonkin, les étoffes, le tabac et le papier de Canton (1); c'est par là qu'il exporte ses métaux (cuivre, étain, mercure).

Avant l'occupation française, le Gommerce par cette route était gêné par la restriction apportée à la vente du cuivre (qui forme les 3/5 de la production métallique du Yunnan), par les insurrections et guerres civiles, par les impôts que prélevaient les pavillons noirs (pirates), enfin pari' interdiction de l'empereur d'Annam à ses sujets de sortir du territoire pour trafiquer.

Le fleuve est navigable en toute saison jusqu'à Laokaï, pour des vapeurs àfond plat ne calant que 80 à 90 cent. Un transbordement a lieu, en ce point, sur des barques plus légères jusqu'à Man-Hao, puis les produits sont transportés dans le Yunnan par mulets et coolies.

Le commerce du Yunnan par le Song-Koï occupe annuellement, entre Hanoï et Laokaï, 120 jonques de 20 tonneaux faisant 2 voyages par an (2).

(1) De nombreuses colonies canlonaises sont établies à Laokaï et Man-Hao, points extrêmes de la navigation.

(2) Il faut, en temps ordinaire, 30 à 10 jours de Hauuï a Laokaï et 10 à 12 de Laokaï à Man-Hao. Pendant 8 mois de l'année, le fleuve est accessible aux barques ; pendant l'inondation (de juin aaoût et quelquefois septembre), les barques peuvent descendre, mais non remonter le courant.

381. — I/Inde, région isolée du reste de l'Asie. — La grande péninsule Indienne se compose principalement d'un

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