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C-avé par A Soldân c

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SOUDAN. (Questionnaire, p. il.!.— Carie el résumé, pages uni et loi.)

4«î. Caractère du Soudan. — Le

Soudan prolonge au sud la région saharienne, donl il ne diffère pas sensiblement comme relief du sol; c'est toujours un plateau, «l'une hauteur moyenne de 500 mètres environ, coupé de vallées el surmonté «le, montagnes. Mais ilesl caractérisé par ses conditions climatériques particulières.

Ce sont, en effet, les pluies tropicales qui fonl le Soudan et lui donnent sa végétation Injuriant* . ses forêts gigantesques (1) habitées par de grands quadrupèdes, éléphants, rkino- , ses grands fleuves, aux plantes aquatiques monstrueuses, où pullulent les hippopotames, les crocodiles, etc.

Enfin le Soudan diffère encore du Sahara par la race de sesjaabitants qui sont des nègres.

49$. — Étendue du Soudan. Ses montagnes. — De l'ouest à l'est, la région soudanienne s'étend de V Atlantique au massif Abyssin. Klle est limitée, au sud-ouest, par les hauteurs du Fouta-Djalon (1,300 à 1 ,500 mètres) et les monts de Kong (1 ,200 mètres) , par les montagnes appartenant au même système, qui sont coupées par le Niger non loin de son delta et se prolongent au sud-est (mont Cameroun 4,200 mètres).

Ces montagnes sont plutôt les talus deplat< aux élevés dominant les côtes de l'Atlantique; elles se doublent encore de terrasses de plus en plus basses jusqu'au littoral maréca- <i< ii.r et couvert de lagunes de la Guinée.

Vers le sud, la limite du Soudan n'est pas déterminée; on peut le considérer comme se terminant au oe degré de latitude nord.

A l'intérieur, les massifs montagneux sont encore peu connus : le bassin du Niger et celui du lac Tchad semblent être séparés par des hauteurs de 1,800 mètres environ.

499. — Ecoulement des eaux. — Dans le Soudan occidental, les eaux s'écoulent par le Sénégal etleNiger, qui naissent à peu de distance, séparés par un simple dos de pays.

Au centre, les eaux n'ont pas d'issue vers la mer el forment une immense lagune aux bords marécageux, profonde de 4 à 5 mètres au plus, el qui porte le nom de lac Tchad. Le principal tributaire en est le Chari.

L'altitude de ce lac est de 244 mètres; lors des grandes pluies, il déborde au loin dans la plaine et son trop-plein se déverse par le lit, habituellement à sec, du Bar-el-Ghazal, jusqu'à la dépression du Bodélé (50 mètres environ de différence de niveau avec le lac).

Dans le Soudan oriental, les eaux sont récoltées par le Nil.

430. — lie Sénégal. — Le Sénégal est îormé de deux rivières principales : le Bukhoy et le Bafing ; il ne prend son nom qu'en aval de Bafoulabcoù il a déjà 800 mètres de largeur.

Jusqu'à Médine, il est encombré de cataractes; mais, à partir de ce point (à 900k.il. de l'embouchure), il est accessible, pendant l'hiver, aux bateaux calant au plus 3 mètres.

En aval de Bakel, le Sénégal coule au milieu

! Le géant du règne végétal est le baobab dont douze hommes peuvent à peine embrasser le tronc.

d'une vaste plaine qu'il inonde, entre Podor et Saldé, et se transforme, de juilletà septembre, en un lac immense. C'est le moment de la grande activité sur le fleuve: les avisos, calant 4 mètres, vont jusqu'aux Kayes renouvelerles a pprovisionnements des poslesdu haut fleuve. Pendant la saison sèche, ces mêmes navires ne peuvent dépasser le barrage de Mafou.

Le fleuve, en rentrant dans son lit, laisse sur la plaine un fertile limon sur lequel les indigènes se hâtent de semer du riz, du mil, et du sorgho; en dehors de ces étendues favorisées, il ne pousse que de l'herbe.

Le Sénégal serait une belle voie de communication sans la dangereuse barre de sable qui obstrue son embouchure.

Saint-Louis est à celte embouchure, dans une île qui divise le fleuve en deux bras, l'un de 1,800 m., l'autre de 3,000 m. de largeur.

431. — JLe Niger. — Le Niger décrit un immense arc de cercle, dont Tombouctou occupe lesommet, el forme à son embouchure un delta immense el des plus malsains.

A Bamakou, poste français, le Niger est déjà un fleuve de près de 800 mètres de large; il en a plus de 2,000 au confluent du Binoué et près de 5,000mètres, dans son bras principal, à l'embouchure. Mais le fleuve est encombré d'îles, etsoncoursinférieurestcomplètement barré par les rapides de Boussa.

Les Anglais, qui ont des comptoirs près du delta du Niger et espéraient étendre au Soudan leur influence par la voie du fleuve, ont dû rétrograder devant cette barrière. Ils cherchent maintenant à pénétrer dans l'Afrique centrale par le Binoué.

439. — «Climat et produits «lu Soudan. — Il n'existe, au Soudan, que deux saisons : l'été, saison sèche, et l'hiver, saison des pluies(dejuillel à septembre en moyenne), La température esltorride et plus difficile encore à supportera l'époque des pluies.

Mais la région est d'une fertilité extraordinaire : le riz, le coton, Vindigo et Varbre à beurre y poussent à l'état sauvage, les plantes oléagineuses, les gommiers, les bois de luxe, le cacao, le café, la canne à sucre, etc., y viennent, admirablement. Vivoire des éléphants, les peaux de gazelles, les p/wmes d'autruches et la coudre d'or sont encore d'importants articles d'échange.

433. — Populations soudaniennes. — Le Soudan occidental est habité par les Peuhls, au teint rouge et aux cheveux lisses, qui tiennent le milieu entre les Maures et les Nègres. C'est la race la plus intelligente de l'Afrique. Ils sont sédentaires et agriculteurs, travaillent le fer, fabriquent des tissus et possèdent des écoles. Ils professent Vislamisme et étendent leur influence sur les États indigènes du Niger. Mais toute trace de civilisation disparaît vers l'est où les populations nègres sont encore à l'état barbare.

434. — Colonies françaises du Sénégal et du Soudan. — Depuis longtemps, les Français et les Anglais, établis en divers points sur la côte entre le Sénégal

et le Niger, cherchent à gagner les marches de l'intérieur, pour outrer à eux les produits du Soudan. Nous avons dit les efforts impuissants des Anglais sur le Niger et leurs tentatives vers le centre de l'Afrique par \cBinouc. Ils ont trouvé déjà, sur cette direction, de redoutables concurrents dans les Allemands, établis dans leur colonie de Cameroun.

Mais la France a fait d'immenses progrès dans ces dernières années et pris définitivement pied sur le Niger et à Tombouctou. Bamakou est relié à Kita et Bufoulabé par une ligne de postes fortifiés et une route carossable. Le chemin de fer de Bafoulabé aux Kayes est destiné à faciliter les transports jusqu'au point où les bateaux peuvent enlever les marchandises, de sorte que Saint- Louis est destiné à devenir le débouché le plus important des produits du Soudan.

Pour progresser sur le Niger, la tâche consistait à s'avancer lentement tout en inspirant confiance aux petits États indigènes. Un important résultat avait déjà été atteint en 1887 : une canonnière, transportée par la voie de terre, avait été lancée à Bamakou et avait fait flotter, pour la première fois, le drapeau français sur le fleuve; elle avait pu descendre sans encombre jusqu'à Koriumé, port de Tombouclou (1). Là se trouve l'entrée du petit canal artificiel menant à Kabara el à Tombouctou. L'eau n'arrive guère à Kabara que vers la fin de septembre; mais, dans les grandes crues, les pirogues peuvent atteindre Tombouctou.

Bien qu'il n'en soit pas résulté des relations suivies avec la capitale du Soudan occidental, la présence d'une canonnière française à quelques kilomètres de Tombouclou élait un fait considérable. Elle avait pu braver les obstacles semés sur sa route et porter partout des paroles de paix et d'amitié; les Peuhls, les Bambaras, nos alliés des bords du fleuve, savaient bien qu'ils nous reverraienl. La principale résistance à vaincre était celle des Maures commerçants qui se voyaient déjà dépouillés de leurs privilèges, caries Touaregs ne sont pas, en général, hostiles à l'expansion française: ils comprennent que le développement du commerce avec Tombouctou ne fera qu'accroître les bénéfices qu'ils tirent du passage des caravanes.

Depuis 1887, notre expansion vers Tombouctou, souvent entravée par l'hostilité des rois indigènes, n'a cessé d'être le but des efforts des gouverneurs et, en 1894, une petite colonne, appuyée d'une flottille sous les ordres du colonel Bonnier, s'emparait définitivement de la capitale du Soudan. Le colonel était massacré quelque temps après avoir planté le drapeau de la France sur la ville mystérieuse.

Les immenses territoires soumis à noire domination forment aujourd'hui deux colonies distinctes : Sénégal et Soudan français.

(1) C'est au lieutenant-colonel Galliéni, commandant supérieur du haut Sénégal, que l'on devait ce résultat. La canonnière était sous les ordres du commandant Caron.

REGION DU NIL. (Uuestionnaire, page 112.— Carte et résumé, pages 104 et 105.

435. — Différentes zones tle cette région. Unité géographique par

le A" il. — Si l'on faisait abstraction du Nil,

l'Afrique du Nord-Est, comprise entre l'équateur, l'Abyssinie et la mer Rouge, devrait être étudiée en deux parties distinctes : la moitié

septentrionale avec le Sahara, la moitié méridionale avec le Soudan, car elles offrent les caractères bien tranchés de ces deux régions.

KÉCiOiN DES LACS.

Mais le Nil, ce fleuve immense de plus de 5,000 kilomètres de longueur, est le lien géographique qui réunit ces zones si différentes et en crée une troisième, l'Egypte.

Né des pluies équatoriales, il récolte toutes les eaux du Soudan oriental et du massif Abyssin et possède alors un volume d'eau suffisant pour traverser, sans affluent, les déserts de Nubie, et se répandre, enfin, en un bienfaisant delta qui estl'.É02/»/e proprement dite. Sans le Nil, il n'y aurait pas d'Egypte, et le désert ne serait séparé de la mer Méditerranée, comme en Tripolitaine, que par un cordon cVoasis.

43G. — Relief «lu sol. — L'immensité des déserts n'offre que quelques lignes de collines ou de dunes de sable.

Ces vastes et arides plateaux sont bordés, le long de la côte de la mer Rouge, par une cliaîne de montagnes formant un talus très marqué sur la côte et qui va rejoindre au sudest le massif Abyssin.

Le Soudan oriental, ou égyptien, est plus accidenté. Les plateaux, qui forment le bassin supérieur du Nil, d'une altitude moyenne de 5 à 600 mètres, sont limités par une série de massifs ou de terrasses supérieures qui commencent avec le massif Abyssin, vont étrangler le cours du fleuve, près du lac Mvoutan, et se dirigent de là vers le nord-ouest.

Au sud-est du Nil supérieur, commence un vaste plateau élevé, peu connu encore, dont les pentes limitent la côte des Çomalis, du Zanzibar et de Mozambique et qui porte les grands lacs africains.

Le Nil naît sur ce plateau, dont il descend par une série de chutes (Murchison, etc.).

439. — lie Mil. — Les sources du Nil furent découvertes, en 18o8, par l'anglais Speke. Le fleuve sort du lac africain le plus considérable, le lac Oukéréoué, touche au Lac Mvoutan et reçoit de grands affluents dans le Soudan égyptien : le plus considérable est le Bahr-el-Ghazal qui arrose des terres alluvionnaires et forme, à l'époque des pluies, d'immenses marécages au milieu des forêts qu'il traverse. C'est une barrière véritable, au delà de laquelle les Egyptiens n'ont pas pu faire d'établissement durable.

Avant de pénétrer dans les déserts de Nubie, le fleuve reçoit les eaux de l'Abyssinie par le Nil bleu (l)'et l'Atbara.

Puis il serpente dans une étroite vallée, formant un S gigantesque au milieu du désert, soumis à une évuporalion intense sous un soleil de feu.

Les débris charriés par le fleuve dans sa longue course ont formé, en aval du Caire,

(\) Le fleuve porte le nom de Nil blanc cuire lo lac îlumkui et le coullueut du Bahr-el-Ghazal,

un vaste delta qui s'augmente encore de 30 mètres par année. Le Nil se jetait autrefois par 7 bouches dans la Méditerranée, mais il n'existe plus aujourd'hui que deux lits d'eau courante : les branches de Rosette et de Damiette, encore celle-ci s'ensable-t-elle de plus en plus.

Le Nil est la providence de l'Egypte qu'il fertilise par ses inondations périodiques.

Il commence à croître, dans la seconde quinzaine de juin, se gonfle jusqu'au 2o septembre, reste stationnaire jusqu'au 20 octobre, et décroît ensuite jusqu'en mai. L'abondance des récoltes dépend de la hauteur de l'inondation.

Pas une goutte de ce fleuve si utile ne devrait arriver à lumer. On tend vers ce résultat en multipliant à l'infini les canaux et les rigoles d'arrosement; mais le delta est loin encore d'être entièrement conquis à la culture, et le littoral, entre les lacs Menzaleh et Mariout, est couvert de lagunes et de marécages entrecoupés de dunes.

Le Nil serait une magnifique voie de communication sans les 20 cataractes et lesrapides qui obstruent son cours.

439. — Importance commerciale «lu NU. — Les affluents du haut Nil forment autant de voies de communication, qui font du fleuve le débouché principal des produits du Soudan oriental. Mais si le delta est bien partagé sous le rapport des voies navigables et des chemins de fer, la vallée du fleuve ne l'est guère : la voie ferrée ne dépasse pas Siout et le commerce se fait, au delà, au moyen de caravanes qui restent en route des mois entiers, un an quelquefois.

Khartoum, au confluent des deux Nils, à proximité du Soudan et de l'Abyssinie, a une importance commerciale très marquée.

C'est presque le lieu obligé des échanges entre l'Europe et les pays du haut Nil. De cette ville, les caravanes suivent la vallée jusqu'à Berber, point plus rapproché de la mer Rouge, et se dirigent, à travers le désert, sur le port de Souakim.

Kenneh, le point du Nil le plus voisin de la côte, estégalementreliéauportdeKosséir par une route de caravanes.

Depuis l'ouverture du canal de Suez, le Nil inférieur a pris une importance très grande. Les deux grandes villes du delta, le Caire et Alexandrie, se trouvent, pour ainsi dire, sur la grande route d'Europe en Extrême- Orient; or, le Caire est l'enlrepôt commercial de la vallée même et le port d'Alexandrie fait un transit considérable avec le Soudan, V Asie etïOcéanie. C'est ce qui explique le développement des voies de communica-

tion de la basse Egypte, entre Alexandrie, le Cuire, lsmaïlia et Suez.

439. — IVAbyssinie. — L'Abyssinie, qui devrait être, par sa situation, une région tropicale, doit à la hauteur de ses plateaux et de ses montagnes (plus de 4,600 mètres), de former une sorte de Suisse africaine, où l'on peut passer par tous les climats, depuis les chaleurs torrides des plaines inférieures jusqu'aux neiges perpétuelles des sommets.

Fermé par son rempart de montagnes du côté de l'est, le pays envoie toutes ses eaux au Nil par d^eux grands affluents.

44©. — État politique «le l'Egypte.

Inoccupation anglaise. — Les Coptes chrétiens que l'on rencontre surtout dans les villes et villages de la haute Egypte sont les descendants de la race indigène. Leur pays passa successivement sous la domination des Romains et des Arabes. Grenier d'abondance sous les premiers, il tomba, avec les Arabes (7e siècle) puis avec les Turcs, dans un degré de barbarie et d'anarchie dont il n'est sorti que dans le courant du siècle, grâce aux efforts de la France (expédition de Bonaparte, alliance avec Méhémet-Ali, missions françaises, ouverture du canal de Suez par M. de Lesseps).

C'est la France encore, aidée de l'Angleterre, qui fit entrer, pour ainsi dire, l'Egypte dans le concert européen, en rendant purement nominale la suzeraineté du sultan sur le khédive ou vice-roi.

Mais l'Angleterre, seule, sut profiter des troubles d'Alexandrie, en 1882, pour occuper militairement l'Egypte où elle est encore, sY'Iant donné, dit-elle, la mission de rétablir l'ordre. Le § 438 explique surabondamment le peu de hàle que mettent les Anglais à évacuer ce pays. Ils y voient, en outre, l'avantage d'être maîtres du canal de Suez qu'ils pourraient /ermer àleurgré,en cas de guerre.

La présence des étrangers a été le signal d'une guerre sainte au Soudan et les Anglais, impuissants à contenir le mahdi, ont, dû reculer devant les hordes musulmanes victorieuses. Mais, en 1896, ils ont dirigé une expédition de l'armée égyptienne sur Dongola, point de départ de la reconquête du Soudan égyptien et de la vallée du haut Nil.

Ils ont alors cherché à faire opérer une diversion parles Italiens, qui d'abord établis à Assab et Massaoua ont voulu s'étendre démesurément à l'intérieur et se sont fait donner une rude leçon parles Abyssiniens auxquels ils prétendaient imposer leur protectorat, après avoir fait accepter au Négus un traité que celui-ci n'a jamais voulu exécuter.

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