RÉGION DU CAP
(Questionnaire, page 112. — Carte et résumé, pages 108 et 109).
reprise par la Compagnie hollandaise des Indes Orientales; aux premiers colons de la Compagnie vinrent bientôt s'ajouter des calvinistes français réfugiés d'abord en Hollande, après la révocation de Yédit de Nantes (1), et, plus tard, des colons danois, allemands et anglais.
De tous ces mélanges se forma la petite nation vigoureuse des Boërs (2), dans la colonie hollandaise du Cap.
En 1793, celte colonie proclama son indépendance. Mais Y Angleterre, sous, le fallacieux prétexte de rendre service au prince d'Orange, s'empara du pays en 179G et... le garda.
Après l'abolition de l'esclavage, mesure qui rendait difficiles les grandes entreprises agricoles, 5,000 familles de Boërs quittèrent le Cap (1836) et prirent aux Cafres tout le pays compris entre le fleuve Orange et le Waal; ils y fondèrent l'État libre de l'Orange.
En 1848 les Anglais (3) s'étant emparés de cet État, plusieurs miliers de Boërs passèrent le Waal, au delà duquel ils établirent la république actuelle, après avoir de nouveau chassé les Cafres du pays.
Les Boërs du Transwaal ont donné une preuve de leur force par leur victoire sur les Anglais (1881); ils ont secoué le joug de leurs voisins et se sont placés sous la protection officieuse de l'Allemagne, établie sur la côte de l'Atlantique. Mais déjà les Anglais, non contents de les isoler de leurs protecteurs par la main-misesur lepaysdesBetchouanas, les enveloppent par le nord, depuis qu'ils ont étendu leurautorilésurlarégionduMatabelé etsur la Zambézie, pays situés sur les deux rives du Zambèse et qu'ils ont enlevés aux Portugais, au mépris de tous les droits acquis.
(I) Révocation del'édit de Nanles, sous Louis XIV (20 octobre 1685).— (2j Ajoutons qu'il y eut, au début, croisement avec la race indigène. — (3) Us l'ont conservé jusqu'en 1854.
458. — Etendue et relief. — La région du Cap est limitée au nord par le fleuve Orange; elle se termine, au sud-ouest, par le cap de Bonne-Espérance et celui, plus méridional, des Aiguilles.
C'esl la partie la plus élevée du plateau austral; elle est bordée circulairement , près de la rôle, par trois bourrelets successifs.
459. — Première bordure montagneuse et plateau du fleuve Orange. — Le premier de ces bourrelets et le plus considérable comprend les monts Nieuweveldt (2,600 m. au Compass-Berg) qui vont se rattacher, vers le nord-est, au nœud des Drakenberge (3,157 m.).
Au nord de ces montagnes, le plateau, d'une altitude moyenne de 1,200 à 1,800 m., s'incline en pente douce vers le fleuve Orange, lui dehors des mois de septembre et d'octobre, pendant lesquels de rares pluies la couvrent d'herbes, cette vaste étendue offre un aspect désolé : la terre y est grise et bridée.
M»t>. — Deuxième bourrelet. — lie Harrou. — Des monts Nieuweveldt, on descend sur une terrasse inférieure (800 à 1,000 m.) appelée Karrou (petit et grand) et liiuiiée par une seconde rangée de montagnes,
le Zwarteberg (2,000 m.), qui se termine, à l'est, sur la côte, sans se recourber vers le nord.
Le Karrou n'est pas plus favorisé que le plateau austral lui-même. Hors le mois de novembre, ce n'est qu'un désert d'argile rouge fendillé par le soleil
461. — Troisième bourrelet. — lie Caiinaland. — lia côte. — Au pied du Zwarteberg s'étend une terrasse plus basse encore et relativement très étroite, limitée par un dernier rempart montagneux(Zwartecop, etc.) d'une altitude moyenne de 1,200 m.
Ce ruban de terres ou Cannaland forme un pays de pâturages moins aride et moins desséché que le Karrou.
On doit remarquer que cette distinction en trois terrasses n'est bien nettement accusée qu'au sud, car, à l'ouest, les deux bourrelets inférieurs se confondent le plus souvent, à partir du Winterhock.
La côte n'offre une certaine largeur que vers le sud-ouest; c'est, presque partout, une zone bien arrosée et fertile, avec un climat très salubre; on y trouve la vigne et les céréales, à côté des plantes du tropique, cotonnier, arbre à thé, etc.
469. — Ecoulement des eaux. — lie fleuve Orange. — En dehors de larégion côtière du sud-est, la plupart des rivières affectent le caractère torrentiel. Pendant la sécheresse, leur lit est vide ou seulement jalonné par des lagunes d'eau dormante, mais elles se gonflent rapidement sous les pluies et se transforment alors en torrents sinueux.
Dans le Karrou et le Cannaland, les rivières coulent d'abord parallèlement è. !a côte, puis franchissent perpendiculairement, le rempart montagneux par des kloof, ou gorges, qui les conduisent à l'étage inférieur.
La partie la mieux arrosée du Cap est celle des Drakenberge (pays des Bassoutos, Natal, etc.), dont la masse élevée attire les nuées de l'océan Indien. C'est à l'abondance dos pluies de cette région que le fleuve Orange doit de ne pas cesser de couler un seul jour, malgré la sécheresse des pays qu'il arrose. On remarquera, en effet, qu'après le confluent du Waal, ce fleuve ne reçoit plus d'affluent digne de nom.
Pendant la saison sèche, le fleuve Orange ou Gariep(i) coule lentement au milieu d'un lit
(I) f/nrip/i M'ut dire bruyant en hottentot.